Le mariage, passé de mode?

Si on se fie aux statistiques, on peut dire sans se tromper que le mariage est moins populaire que jamais au Québec. Est-il passé de mode pour autant? Non, pas réellement. De nos jours, les gens ne se marient plus par nécessité ou par obligation religieuse ou sociale, mais bien par choix. Ceux qui choisissent l’institution du mariage, plutôt qu’un autre schéma de vie, le font souvent plus tardivement, parfois même après avoir eu des enfants!

Les raisons de se marier ont évolué

Avant, le mariage était une forme d’obligation ; un passage obligé pour quitter le giron familial, avoir des relations sexuelles, satisfaire son désir d’avoir des enfants ou encore pour avoir un statut dans la société en tant que femme.

Aujourd’hui, ce n’est plus du tout le cas. Les femmes ont accès aux mêmes études et professions que les hommes et elles sont tout à fait libres d’avoir des enfants hors mariage.

Bien qu’il demeure toujours d’actualité, le mariage ne fait plus partie des traditions comme c’était le cas au début du XXe siècle. De nos jours, c’est l’amour qui pousse les couples à convoler en justes noces!

Marianne W. et John M. ont décidé d’officialiser leur union après 12 ans de vie commune.

« Lorsqu’on a annoncé la nouvelle à nos trois adolescents, ils nous ont dit : enfin! » raconte en riant Marianne.

« Ça faisait longtemps qu’on en parlait. On était même fiancés depuis 10 ans, mais avec les enfants, le travail et le reste, nous n’avions jamais eu le temps ni l’argent pour organiser un mariage. À l’aube de mes 40 ans (45 pour mon mari!), nous avons franchi le pas et on ne regrette rien. »

Pour Carole B., qui s’est aussi mariée après avoir eu des enfants avec son conjoint, le mariage représentait la plus belle preuve d’amour qui soit, mais aussi un nouveau départ.

« Lorsque tu te maries à 40 ans, tu y réfléchis plus longuement. Nous avons vécu beaucoup de choses comme couple — de l’infidélité, des épreuves liées aux enfants, des coups durs d’ordre professionnel — et pourtant, nous avons résisté à toutes les tempêtes. Le fait de se dire “oui” était une façon de repartir en neuf et de s’engager réellement l’un envers l’autre » raconte-t-elle.

Le mariage ; une façon pour les plus jeunes de sécuriser leur couple?

Avec la disparition du mariage forcé sont aussi disparus plusieurs rites de passage comme l’enterrement de vie de garçon ou la mise en scène publique du père qui donne la main de sa fille à un autre homme.
En mal de repères, des jeunes choisissent de se réapproprier les traditions pour nager à contre-courant des unions qui se font et se défont pour un oui ou un non.

Le psychanalyste Jacques-Antoine Malarewicz explique que « paradoxalement, c’est parce qu’ils se savent plus que jamais menacés par ce phénomène qu’ils veulent sécuriser leur propre couple au sein du mariage ».[1]

Malgré l’éventualité que le mariage se termine par un divorce, les gens continuent de s’engager pour le meilleur… mais peut-être pas pour le pire!

« Ce n’est plus comme avant. Ma femme a conservé son nom de famille — c’est la règle au Québec. Pour Ariane et moi, le mariage est un choix personnel qui nous donne une certaine sécurité, sans nous enlever notre liberté. On a un compte conjoint, mais chacun possède un compte bancaire séparé. On espère s’aimer pour la vie, mais si l’amour s’éteint un jour, on ne restera pas mariés dans ces conditions » affirme Loïc L., 28 ans.

Le sociologue François de Singly est d’avis que c’est de cette liberté que le mariage tire son succès actuel. On s’unit parce qu’on le choisit, hors de toute contrainte sociale, familiale ou culturelle.

« On se dit “oui” pour la vie, mais en sachant bien que le mariage n’est plus une “condamnation à perpétuité” et que, dans le pire des cas, on pourra en sortir. » [2]

Quelques chiffres intéressants

En 2016, près de 22 000 mariages ont été célébrés au Québec. De ce nombre, 21 300 concernaient des conjoints de sexe opposé et 700 des conjoints de même sexe.

Selon l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), les gens se marient environ huit ans plus tard aujourd’hui qu’au début des années 1970. L’âge moyen pour les hommes est de 33,4 ans et 31,9 ans pour les femmes.[3]

Par ailleurs, depuis que Québec l’a autorisé en 2002, de plus en plus de futurs mariés décident de s’unir lors de cérémonies présidées par un proche ou un ami.

Peu importe de quelle façon vous décidez d’officialiser votre union, assurez-vous de vous protéger si vous optez pour une façon de faire moins traditionnelle. Une visite chez un notaire pour définir votre contrat de vie commune pourrait vous éviter bien des soucis en cas de séparation!

[1] http://www.psychologies.com/Couple/Vie-de-couple/Mariage/Articles-et-Dossiers/Mariage-d-amour-ou-amour-du-mariage

[2] http://www.psychologies.com/Couple/Vie-de-couple/Mariage/Articles-et-Dossiers/Mariage-d-amour-ou-amour-du-mariage

[3] http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/population-demographie/mariages-divorces/501a.htm

Par: Marie-Claude Veillette

Inscrivez-vous gratuitement

Réseau Contact
Réseau Contact et ses experts en rencontre répondent à vos questionnements en matière de relations interpersonnelles et amoureuses.

Entrez votre commentaire

Entrez un commentaire