L’amour en 2018 :
les défis et causes d’échecs récurrents

En cette ère de consommation effrénée, avons-nous transposé à notre vie sentimentale cette envie constante d’opter pour le nouveau modèle disponible sur le marché? La question se pose si l’on en croit les statistiques qui révèlent que la moitié des mariages et 75 % des unions libres finissent par un divorce ou une rupture.  Pourquoi est-ce si difficile de trouver le grand amour et, surtout, de le garder? Réflexion sur les défis et les causes menant aux échecs amoureux à répétition.

L’amour au temps de l’individualisme

Qui ne veut pas vivre le grand amour? Tous les êtres humains ont ce désir intrinsèque de trouver la bonne personne avec qui partager leur vie. Au 21e siècle, ce désir est toujours aussi présent, mais les attentes sont très élevées et bon nombre de célibataires, et même de personne en couple, ne veulent rien céder de leur vie privée.

« Au diable les compromis. Dès que la routine s’installe ou que l’autre est trop demandant, on passe à un autre appel » affirme Alyssa C, 26 ans. « Ma génération en est une de consommation. Que ce soit pour les relations amoureuses ou l’achat du dernier téléphone intelligent. Dès que ça ne fait plus l’affaire, on jette et on passe au suivant. »

Passer d’une conquête à une autre. Butiner dans l’espoir de toujours trouver mieux. Est-ce réellement possible de bâtir un projet commun dans ces circonstances? Oui, mais il demeure toujours une possibilité que l’un des deux quitte le navire, explique Sébastien R., 35 ans.

« Après 10 ans de vie commune, une maison et deux enfants, ma conjointe s’est levée un matin en m’annonçant qu’elle me quittait, comme ça, sans prévenir. Sa décision était sans équivoque. La passion du début s’était estompée. C’est ce qu’elle m’a dit. La complicité et la tendresse n’ont pas suffi à la retenir. L’attrait de la nouveauté a été plus fort que tout. »

L’appel des sensations fortes

Est-ce que l’amour rime avec passion intense? Pour plusieurs jeunes adultes, bombardés de stimulations de toutes sortes, il faut que ça bouge. Le bonheur tranquille; non merci!

Le problème avec l’amour passionnel, c’est qu’il est très aveuglant. On ne voit jamais l’autre pour ce qu’il est vraiment.

« Une telle relation est vouée à l’échec, car lorsque la réalité entre en jeu, chaque partenaire tombe de son piédestal. La première grippe, le premier épisode de chômage, voire la première grossesse précipitera à coup sûr la chute de notre piédestal et pourra induire une véritable descente aux enfers » affirme John Wright, professeur de psychologie clinique à l’Université de Montréal. [1]

Des critères irréalistes

« Avec les sites de rencontres en ligne, il est presque plus facile de magasiner le partenaire parfait que d’aller s’acheter un nouveau frigo » affirme à la blague Manon S. qui a rencontré l’amour sur Réseau Contact lorsqu’elle arrêté de dresser « une liste d’épicerie ».

« Il faut savoir ce que l’on veut, mais de là à dire que l’on ne veut pas rencontrer un gars de la construction parce qu’on a fait de longues études universitaires, il y a une marge », nuance la jeune femme.

Si on cherche l’amour désespérément, il faut faire preuve d’ouverture et avoir le goût de s’engager et non pas vivre sans attaches tout en ayant un partenaire à ses côtés.

Oublier l’amour parfait

Filer le parfait bonheur, 24 h par jour, 365 jours par année, ça n’existe pas, sauf peut-être sur Facebook et dans les films romantiques.

Il peut être très tentant de se magasiner une autre vie en étant exposé à celles des autres. À force de se comparer, on se demande si on est dans la bonne relation ; s’il ne serait pas possible de trouver mieux sur le marché des célibataires. Bref, de trouver quelqu’un avec qui on s’entendrait toujours bien, sans baisse d’intensité dans la relation.

Le problème, c’est que ça n’existe pas.

« La solution facile est évidemment de se séparer. Nos parents eux, réglaient leurs problèmes et continuaient leur vie ensemble » affirme la blogueuse Évelyne Belval. [2]

Laisser de côté les stéréotypes

Pour rencontrer le véritable amour, il faut cesser de croire aux contes de fées ou de penser que l’amour se résume à une douzaine de roses et une boîte de chocolat, même si le mythe de l’amour parfait est inscrit dans notre culture affirme Alain Héril, psychothérapeute et sexothérapeute, auteur notamment d’Aimer, S’aimer soi pour mieux aimer l’autre (Marabout).[3]

« Dès l’Antiquité, dans Le Banquet, Platon l’évoquait sous la forme du fantasme de la fusion : il y aurait, quelque part sur terre, notre “moitié d’orange” qui viendrait nous compléter et combler tous nos manques.  Mais c’est précisément quand nous n’arrivons pas à nous différencier de l’autre que l’amour devient destructeur ».

Bref, il faut demeurer soi-même, en harmonie avec l’autre. Faire attention à soi et à l’autre, puisqu’il est prouvé que l’amour et le désir éternels naissent souvent de l’admiration que les partenaires se vouent mutuellement. Pour cultiver l’amour, il faut investir dans son couple en faisant de nouvelles choses ensemble, en communiquant franchement et en acceptant que l’amour se transforme au fil du temps. Heureusement, ses nombreux visages ont quelque chose de beau à nous apporter!

[1] https://www.ledevoir.com/non-classe/102020/les-mythes-de-l-amour-deboulonnes

[2] http://mamancafeine.com/lamour-jetable/

[3] http://www.psychologies.com/Couple/Crises-Divorce/Separation/Articles-et-Dossiers/Sortir-de-l-echec-amoureux/5

Par Marie-Claude Veillette

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