Hommes-VS-femmes-c’est-exactement-ça!-J’pense…?

Hommes VS femmes : c’est exactement ça! J’pense…?

Traduction libre : Anne-Marie Dupras

Un homme, Fred, est attiré par une femme, Martha. Il l’invite à aller au cinéma et elle accepte ; ils passent une belle soirée. Quelques jours plus tard, Fred l’invite à aller souper et ils passent encore une bonne soirée. Ils continuent à se voir régulièrement et, après un certain temps, ils sont exclusifs : ni l’un ni l’autre ne fréquente qui que ce soit d’autre.

Et puis, un soir où ils reviennent d’une sortie, Martha se met à réfléchir et, sans trop s’en rendre compte, dit à Fred : « Tu te rends compte que ce soir, ça fait exactement 6 mois qu’on se fréquente? » Et là, il y a un long silence dans la voiture.

Pour Martha, ce silence est lourd. Elle se dit : « Je me demande si ça le dérange que j’aie dit ça. Peut-être que ça le fait se sentir confiné dans notre relation. Peut-être qu’il pense que je suis en train de le pousser dans une forme d’engagement qu’il ne désire pas ou qu’il n’est pas certain de vouloir. »

Fred, de son côté, pense : « Mon Dieu. Six mois. »

Martha, de son côté, pense : « Mais bon, je ne suis pas si certaine que je veux ce genre de relation non plus.  Des fois, je voudrais avoir un peu plus d’espace, je voudrais prendre le temps de réfléchir, histoire de savoir si je veux vraiment que nous continuions comme ça parce que dans le fond, on s’en va progressivement vers… quoi? Est-ce que notre relation va rester toujours la même? Est-ce qu’on s’enligne vers le mariage?  Des enfants? Vers une vie ensemble? Est-ce que je suis prête pour ce niveau d’engagement? Et dans le fond, est-ce que je le connais vraiment?… »

Fred, de son côté, pense : « … donc ça veut dire qu’on était… voyons… en février quand on a commencé à sortir ensemble, parce que c’était  juste après que j’ai eu la voiture de chez le concessionnaire et ça, ça veut dire que… vérifions le compteur kilométrique… Whoa! Je suis vraiment dû pour faire faire une vidange d’huile! »

Martha, de son côté, pense : « Il est en colère. Je peux le voir sur son visage. Peut-être que je me trompe, aussi. Peut-être qu’il veut plus de notre relation. Plus d’intimité, plus d’engagement.  Peut-être qu’il y a pensé avant même que j’y songe moi-même, mais qu’il sentait que j’avais quelques réserves. Oui, je parie que c’est ça. C’est pour ça qu’il est si réticent à dire quoi que ce soit à propos de ses propres sentiments. Il a peur d’être rejeté… »

Fred, de son côté, pense : « Je vais en profiter pour leur demander de vérifier la transmission de nouveau. Ils diront ce qu’ils voudront, elle est clairement défectueuse! Et ils ont intérêt à ne pas essayer de mettre ça sur la faute du temps froid. Voyons donc le temps froid! Il ne fait pas si froid que ça et j’ai autant de misère à changer de vitesse que si j’avais un camion de vidange et ça, même si j’ai payé ces incompétents-là 600 $ la dernière fois! »

Martha, de son côté, pense : « Il est vraiment en colère. Et je ne le blâme pas! Je serais en colère moi aussi. Je me sens tellement coupable de lui faire vivre ça, mais je ne peux m’empêcher de ressentir de ce que je ressens. Je ne suis plus sûre de rien… »

Fred, de son côté, pense : « Ils diront probablement que j’avais seulement une garantie de 90 jours… bande de voleurs! »

Martha, de son côté, pense : « Peut-être que je suis trop idéaliste, à attendre qu’un chevalier vienne me chercher sur son cheval blanc, quand je suis assise à côté d’une très bonne personne, une personne dont j’aime la compagnie, une personne pour qui j’éprouve des sentiments profonds et qui semble éprouver la même chose pour moi. Une personne que je fais maintenant souffrir à cause de mon égocentrisme et de mes fantasmes de petite fille aux illusions romantiques… »

Fred, de son côté, pense : « Garantie? Ils veulent une garantie? Je vais leur en donner une garantie! Je vais prendre leur garantie et leur dire qu’ils peuvent se la mettre… »

« Fred! », dit Martha à voix haute.

« Oui? » dit Fred, surpris.

« Je t’en prie, ne te torture pas comme ça », dit-elle, sur le bord des larmes.  « Peut-être que je n’aurais jamais  dû… oh, je me sens si… » (Elle se met à pleurer.)

« Quoi? » dit Fred.

« Je suis idiote, » sanglote Martha. « Je veux dire, je sais qu’il n’y a pas de chevalier. Je sais que c’est stupide. Il n’y a pas de chevalier et il n’y a pas de cheval. »

« Il n’y a pas de cheval? » dit Fred.

« Tu penses que je suis stupide, n’est-ce pas? » demande Martha.

« Non! » dit Fred, heureux d’avoir enfin la bonne réponse.

« C’est juste que… c’est que je… J’ai besoin de temps. » dit Martha.

Il y a une pause de 15 secondes tandis que Fred, en pensant aussi vite qu’il le peut, essaie de trouver une réponse sûre. Enfin, il trouve ce qu’il pense qui pourrait fonctionner.

« Oui, » dit-il.

Martha, profondément émue, touche sa main. « Oh, Fred, c’est vraiment ce que tu penses? » dit-elle.

« Par rapport à? » dit Fred.

« À prendre du temps. » dit Martha.

« Oh, » dit Fred. « Oui. »

Martha se tourne pour lui faire face et le regarder profondément dans les yeux, ce qui le rend très nerveux et encore plus inquiet de ce qu’elle s’apprête à dire, surtout si elle parle encore du cheval.

Enfin, elle parle.

« Merci, Fred. » dit-elle.

« Merci » dit Fred.

Puis Fred l’emmène chez elle et Martha se retrouve sur son lit, triste, torturée, à pleurer jusqu’à l’aube, alors que Fred revient chez lui, ouvre un sac de Doritos, allume la télé et se passionne rapidement pour une partie de hockey mineur opposant deux équipes dont il n’a jamais entendu parler. Une petite voix dans les recoins éloignés de son esprit lui dit que quelque chose d’important s’est passé dans la voiture, mais il est certain que ce n’est pas si grave et que, de toute façon, il n’y comprendra probablement jamais quoi que ce soit donc aussi bien arrêter de se casser la tête avec ça.

Le lendemain, Martha appelle sa meilleure amie, peut-être même qu’elle en appelle deux, ou trois, et toutes ensemble elles vont analyser la situation en long et en large pendant de longues heures. Elles vont repasser en détail tout ce qui s’est dit, analysant chaque mot, chaque expression, chaque geste et tenter de trouver les mille et une interprétations possibles.

Elles vont continuer de discuter de ça pendant des semaines, voire des mois, sans jamais trouver de conclusion définitive et pourtant sans jamais se lasser de le faire.

De son côté, Fred, par un bon après-midi, est en train de jouer au Racquetball avec un ami commun à Martha et à lui. À un moment donné il prend une pause juste avant de servir, il fronce les sourcils et demande :

« Norm? Est-ce que Martha a déjà eu un cheval? »

Et c’est ÇA, la différence entre les hommes et les femmes.

**********

Bien entendu, c’est une histoire, ça se veut humoristique. C’est stéréotypé et ça généralise des comportements mais…
tout de même, je sais que moi, par exemple, j’ai le don de partir dans ma tête et de me faire des scénarios, même toute seule dans un restaurant je pourrais partir dans ce genre de fabulation après deux ou trois mots que m’aurait adressé le serveur!

Je sais aussi bien que ce n’est pas tous les hommes qui sont comme ça mais oui, il y en a.

Quand on demande à une femme à quoi elle pense et qu’elle répond rien, y’a environ 1 chance sur 1000 que ce soit vrai. C’est comme ça, on n’est juste pas capable.

Alors que si un gars dit qu’il ne pense à rien, ben y’a des bonnes chances que ce soit vrai.
Alors sérieux les gars, arrêtez de crier que c’est faux et comptez-vous chanceux.

Et la morale de cette histoire : quand vous êtes en couple, parlez-vous!

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Anne-Marie Dupras
Anne-Marie Dupras est humoriste, auteure (Ma vie amoureuse de marde, Une fois c't'une fille, Moments de maman, Le compagnon du cœur brisé), scénariste et conceptrice du Projet Stérone. Désormais spécialiste du « drôle de célibat » elle donne aussi des conférences et organise des soirées pour célibataires à travers le Québec. Elle vient de publier un nouvel ouvrage 'Orgasmes à la carte', disponible partout.

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