Un brin d’espoir, c’est tout ce qu’il faut

S’il y a une chose dont on a absolument besoin ces temps-ci, à part se laver les mains 452 fois par jour, c’est d’espoir. Heureusement, mis à part quelques chats, hamsters et chiens, ce que j’ai appris à apprivoiser, au cours de ma vie, c’est l’espoir!

À l’époque pas si lointaine où j’étais complètement découragée par ma recherche de l’amour mais aussi par mes rencontres (et mes pas-de-rencontre), je me répétais presque en boucle des phrases comme  “Je peux pas croire que y’a pas, un gars, quelque part, qui va m’aimer comme je suis et avec qui je vais pouvoir avoir une super connexion, rire à en avoir mal au ventre mais aussi faire des projets pour dans plus que 48 heures! » ou encore « Coudonc’, ça se peut -tu, être en amour pendant plus que 3 mois et voir l’amour fleurir plutôt que de le voir se faner et perdre ses couleurs comme un poinsetia en plein mois de mars? ». Et cette question-là,  j’avais beau me la poser, au fond de moi, j’y croyais. Je voulais y croire.

Comme en plus de me la poser à moi-même en marmonnant,  il m’arrivait aussi de le demander haut et fort , il y avait souvent (ok, trop souvent) quelqu’un pour venir m’éclater ma balloune d’espoir en pleine face et me dire « Franchement, Anne-Marie! La vie, ce n’est pas un film, arrête de croire aux contes de fées”, ou encore ” De nos jours, plus personne ne veut s’engager, tu rêves en couleurs!”. Le pire dans tout ça, c’est qu’ils m’ont presque eu à l’usure ces rabats-joie puisque je me suis moi-même prise à dire des choses comme “Les bons gars fins pis attentifs, ou bedon ils sont mariés /casés, ou bedon ils sont gais!”

Mais je dois vous avouer un secret. J’avais beau le dire….

JE NE LE CROYAIS PAS!

Je ne le disais presque à personne, c’était devenu mon petit secret quasiment honteux à moi : oui, malgré tout et malgré tous, je gardais espoir.

J’ai réalisé que j’avais le droit d’y croire, quitte à mourir avec “Je l’sais qu’il existe quelque part!” comme épitaphe écrite sur ma tombe. Parce que je savais que l’espoir, quand on le perd, il y a de fortes chances qu’il ne revienne pas.

J’avais vu assez d’exemples dans la vraie vie pour m’obliger à continuer d’y croire. J’avais aussi la conviction qu’il y avait un homme qui, lui aussi, nourrissait un espoir amoureux malgré ce que pouvait en dire son entourage. Parce que ça marche des deux bords c’t’affaire là! Les hommes aussi ont droit à des phrases éteignoirs, on n’en doute pas. Je les lis les commentaires de ceux qui pensent que les filles ne veulent que des gars avec de l’argent, des gros biceps ou les deux. Le dating, c’est une jungle parmi laquelle se trouvent  plein de gens désabusés, peu importe leur sexe ou encore leur orientation.

Et soyons réalistes, des gens qui semblent avoir pour mandat de nous désabuser de l’amour réel, il y en a.  Y’en a même beaucoup. Mais il n’y a pas que ça, et ça, je n’ai pas peur de l’affirmer parce que si on y pense deux minutes, c’est impossible.

Quand je conduis en ville*, je dis au moins toutes les quinze minutes “Est-ce qu’il y a juste moi qui sait conduire dans cette ville? (et là, insérez deux ou trois sacres de votre choix)”. Oui, parfois, je rage au volant toute seule. Et pourtant, je n’ai pas brûlé mon permis de conduire ni fait exploser ma voiture pour autant. Parce que même si je remarque surtout les gens qui me coupent, qui n’ont apparemment pas de clignotant ou encore qui textent au volant, il y en a aussi sur la route qui, comme moi, conduisent de façon pas pire intelligente, sécuritaire et légale.

On n’arrête pas de prendre notre auto malgré les morons qui conduisent comme des enfants de 5 ans en Big Wheel tout simplement parce que l’on a besoin de se déplacer. Et ça serait leur donner beaucoup trop de pouvoir et, par le fait même, éteindre tout espoir que de leur donner raison et remiser notre volant.

Vous avez compris l’analogie : n’arrêtez pas de croire en l’amour sous prétexte qu’il y en a qui se promènent sur l’autoroute de la rencontre sans signaler tandis que d’autres klaxonnent pour rien ou vous coupent par la droite. De toute façon, ils finiront bien par avoir des contraventions ou frapper un mur et dégager de votre route. Rappelez-vous plutôt que :

Pour ceux qui n’ont plus de patience ni d’espoir,

y’a la petite baise. Pour les autres, y’a la p’tite braise.

Ne laissez personne éteindre la flamme d’espoir en vous, quitte à ne garder qu’un soupçon de braise! Gardez cette petite braise d’espoir enfouie en vous et gardez en juste assez pour repartir le feu quand ce sera le temps.

Et à ceux qui veulent éteindre votre espoir, n’ayez pas peur de dire “Ce n’est pas parce que toi tu n’y crois pas que ça ne peut pas m’arriver à moi. Éteins tes rêves si tu veux, mais ne vient verser l’eau de ton désespoir sur ma braise à moi!”.

Car, plus que jamais, nous avons besoin d’espoir mais nous avons  aussi besoin de croire que parfois, il faut endurer la pluie pour pouvoir admirer l’arc-en-ciel.

* Je parle ici de conduire dans un contexte autre que confiné.e chez soi, bien évidemment.

PS C’est aussi le moment idéal pour écouter des épisodes de « ma vie amoureuse de marde – Le podcast » mais j’dis ça, j’dis rien… 😉

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Anne-Marie Dupras
Anne-Marie Dupras est humoriste, auteure (Ma vie amoureuse de marde, Une fois c't'une fille, Moments de maman, Le compagnon du cœur brisé), scénariste et conceptrice du Projet Stérone. Désormais spécialiste du « drôle de célibat », elle donne des conférences et organise des soirées pour célibataires à travers le Québec. Elle anime également depuis cette année le nouveau podcast Ma vie amoureuse de marde - le podcast Elle vient de publier un nouvel ouvrage 'Orgasmes à la carte', disponible partout.

1 Commentaire

  • Sylvain Laporte
    20 avril 2020 11:49

    Moi, j’y crois, utopie ou réalité ? Je n’ai pas la réponse mais il y’a personne qui vas briser ce rêve d’être en couple et heureux pour longtemps.
    Je crois que le confinement va changer beaucoup de chose, les gens vont cesser d’être ultra consommateur et vont se laisser porter par des couleurs humanistes….

    Oui, j’y crois

    Merci pour ce beau texte remplie d’espoir

    Sylvain

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