Amours passés : ce que l’on peut dire et ce qu’il vaut mieux passer sous silence

Entretien avec la sexologue, psychothérapeute Josée Leboeuf

Doit-on tout avouer de son passé amoureux à sa nouvelle flamme ou vaut-il mieux garder certaines choses pour soi? Tout savoir de l’autre permet-il une relation d’amour plus solide même si ce que l’on apprend n’est pas très réjouissant, moral ou légal? Que peut-on s’autoriser à partager et que doit-on de préférence taire? Entretien avec Josée Leboeuf, sexologue, psychothérapeute.

“C’est très différent d’une personne à une autre. Il y a souvent deux types de comportements ; d’un côté, il y a ceux ou celles qui posent beaucoup de questions pour savoir à qui ils ont affaire. Et de l’autre, ceux ou celles pour qui le passé amoureux fait partie du passé et qui ne souhaitent pas parler de leurs relations antérieures. Lorsque ces deux types de personnalités se rencontrent, cela peut rapidement créer des frictions” d’expliquer la sexologue, psychothérapeute.

Qu’est-ce qui acceptable de demander?

Il faut d’abord s’interroger sur les raisons qui nous poussent à poser telle ou telle question et s’assurer qu’il ne s’agit pas de curiosité mal placée.

“Il est courant par exemple de demander à l’autre environ combien de partenaires sexuels il ou elle a eu et surtout s’il ou elle s’est protégé (e). Dans ce cas précis, il s’agit de santé sexuelle et aussi de systèmes de valeurs qui peuvent être fort différents. Prenons l’exemple d’un homme qui répondrait : “J’ai arrêté de compter après 125 partenaires”. Peut-être que la femme qui reçoit cette information n’a pas comme idéal d’amorcer une relation avec quelqu’un qui a enchainé relation sur relation » note Josée Leboeuf.

Il peut aussi être pertinent de demander à l’autre comment s’est terminée une relation dont il (elle) nous parle plus particulièrement.

“Est-ce que c’est toujours toi qui laisse l’autre ou si tu te fais toujours laisser? Et pourquoi? » poursuit la sexologue, psychothérapeute qui précise que « la réponse peut nous aider à évaluer si ce que l’on entend est en concordance avec nos valeurs et avec ce que l’on recherche dans cette nouvelle relation.”

Si le ou la nouvelle partenaire a des enfants, il peut aussi être avisé de lui demander quel type de relation il ou elle entretient avec son ex.

“Est-ce que les choses se passent bien ou est-ce la guerre devant les tribunaux? Est-ce que le calendrier de garde est respecté? Est-ce que le nouveau chum ou la nouvelle blonde est autorisé (e) à être en présence des enfants? Toutes les réponses à ses questions peuvent aussi être un bon indicateur” affirme la sexologue, psychothérapeute.

Ce qui relève de la curiosité mal placée ou de la comparaison

Il faut éviter les questions qui n’apportent rien de plus à la compréhension de l’autre.

Par exemple : de quelle couleur étaient les cheveux de ton ex? Est-ce qu’elle avait une grosse poitrine? Plus grosse que la mienne? Est-ce qu’elle atteignait l’orgasme chaque fois que vous faisiez l’amour? etc.

“Ce sont des questions pièges qui ne répondent pas à une question précise comme le fait de demander à un homme s’il s’est protégé ou s’il a contracté une ITS (Infections Transmissibles Sexuellement) par exemple parce qu’on veut soi-même se protéger” précise Mme Leboeuf.

Les questions à ne pas aborder directement

Pour obtenir des réponses à certaines questions portant sur l’infidélité ou encore sur les pratiques sexuelles insolites, mieux vaut éviter les questions directes et aborder le sujet sous forme de discussion au risque de ne pas avoir de réponses réelles.

“Prenons l’exemple d’un homme qui demanderait à sa nouvelle partenaire si elle a déjà fait de l’échangisme. Au risque d’être jugée, sa nouvelle flamme pourrait ne pas répondre franchement à la question, alors que s’il amorce une discussion objective à ce sujet et qu’il exprime son point de vue face à cette pratique, il aura une meilleure idée de la position de sa partenaire… et peut-être quelques confidences le cas échéant” conseille la sexologue.

Il ou elle refuse de parler de son passé… que faire?

“Si d’un côté, vous avez quelqu’un qui veut tout savoir et que l’autre refuse de répondre à des questions sur son passé quelles qu’elles soient, il faut essayer d’arriver à un compromis. Par exemple, une femme pourrait refuser de parler du nombre de partenaires qu’elle a eus, mais accepter de répondre à des questions relatives à sa santé sexuelle. Si elle reste fermée comme une huître, l’autre doit se demander comment il se sent par rapport à cela. Est-ce que ça me rend malheureux? Suis-je mal à l’aise avec ce refus d’en dire plus?” de conclure Josée Leboeuf, sexologue, psychothérapeute.

En résumé, s’il est normal de vouloir connaître le passé amoureux de l’autre, il faut quand même faire preuve de délicatesse et éviter d’y aller de questions trop intrusives ou de répondre en donnant trop de détails. Si la différence entre les deux partenaires est trop importante et qu’un des deux refuse de se livrer un tant soit peu, il y a peut-être lieu de s’interroger sur le bien-fondé de cette relation ou sur les possibilités que cela fonctionne à long terme ou encore accepter ce silence et se focaliser sur l’avenir et non le passé!

Par Marie-Claude Veillette

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