8 soucis ou angoisses vécus par les célibataires de longue date!

Entretien avec Amélie Bleau, sexologue chez Sexplique

Si vous êtes célibataire par choix, vous êtes sans doute épanoui (e) à bien des égards. Mais si vous vivez un célibat subi, et ce, depuis des mois, voire des années, sans arriver à trouver la perle rare, il est possible que vous ayez certains soucis ou que vous éprouviez certaines angoisses qui sont tout à fait normales.

Voici quelques comportements propres aux célibataires endurcis et quelques pistes de réflexion livrées par la sexologue Amélie Bleau.

1 — Vous avez remarqué que vous vous réjouissiez des ruptures des autres : eh oui! Vous êtes entourés d’amis en couple, de collègues en couple et d’étrangers qui s’aiment autour de vous. Comme si ce n’était pas assez, tout le monde semble s’être passé le mot pour vous servir tout un flot de commentaires du style « Comment ça se fait que tu ne trouves personne? », « Qui est-ce que je pourrais bien te présenter? », etc.  Lorsqu’un de ces couples éclate, vous vous réjouissez… malgré vous!

Réflexion de la sexologue : « On va se le dire, ce n’est pas sain ni souhaitable de se réjouir du malheur des autres. Toutefois, si ça nous arrive, c’est souvent une façon inconsciente de dire : “ J’aurais donc envie que tout le monde soit aussi malheureux que moi pour qu’enfin quelqu’un comprenne ce que je vis! ” ou “ Peut-être que l’on va enfin arrêter de banaliser ma situation. ” »

2 — Le bonheur des autres vous agace : vous en avez ras le pompon de voir tous vos amis se câliner en public, afficher leurs photos de vacances sur Facebook, faire des projets à deux, etc. Chaque fois que vous voyez des couples heureux, cela vous renvoie à votre propre néant amoureux!

Réflexion de la sexologue : « Qu’est-ce qui vous dérange dans le fait d’être exposé au bonheur des autres? Posez-vous la question. Vous avez le droit d’être envieux, mais faites attention de ne pas idéaliser la situation des couples autour de vous. Chaque couple vit ses défis, et rares sont ceux qui s’en vantent. C’est vrai qu’il y a des avantages à être en couple, mais il y a aussi des avantages à être célibataire. Lorsque vous ressentez un petit pincement à la vue d’un couple qui s’embrasse en public ou d’un couple qui a l’air heureux, demandez-vous ce que vous aimez. Est-ce leur complicité? Est-ce parce qu’ils ont l’air d’avoir du plaisir et de rire ensemble? C’est probablement des choses que vous voulez vous aussi. Servez-vous-en pour mieux définir vos attentes. »

3 — Vous pensez à rappeler votre ex. : vous êtes tellement découragé (e) d’être seul (e) et de passer d’une relation insipide à une autre que vous songez à rafistoler les pots cassés avec votre ex!

Réflexion de la sexologue : « On a toujours tendance à se rappeler ce qui allait bien avec notre ex et non le contraire. Tentez premièrement de vous souvenir des raisons qui ont mené à votre séparation avant d’envisager de reprendre contact. Après une période de célibat, certaines personnes sont prêtes à diminuer leurs attentes envers l’autre, et donc à envisager la possibilité de retourner avec un/une ex qu’ils ont eux-mêmes laissé (e). Si ça vous arrive, demandez-vous si vous n’êtes pas en train de vous ménager une porte de sortie. Si vous avez réalisé certaines choses depuis la rupture, il s’agit peut-être d’une bonne idée, mais ce ne sera pas une solution magique non plus. Il y aura sûrement des choses à régler ou des bilans à faire ; une thérapie sera peut-être nécessaire pour y voir plus clair. Demandez-vous s’il n’est pas temps d’aller à la rencontre de nouvelles personnes au lieu de ruminer le passé. »

4 — Vous avez peur d’avoir perdu la “ twist ” : vous avez peur de ne plus savoir comment “ cruiser ”, comment embrasser, comment faire l’amour… le temps venu ?

Réflexion de la sexologue : « Cette angoisse renvoie souvent à notre estime de soi. Par exemple : “J’ai peur de me dévoiler, de ne pas être assez bon/bonne pour l’autre et de me faire juger”. Cela peut être flagrant dans l’intimité.  Au début d’une relation, on voit souvent des femmes qui vont se coucher maquillées par crainte de ne pas plaire au naturel au réveil. D’un autre côté, les rencontres qui se font de plus en plus de manière virtuelle ont amené la notion de “ghosting” qui facilite la fuite de l’autre en cas d’incompatibilité. C’est donc normal de ressentir de la pression et de vouloir plaire rapidement! Malgré tout, il ne faut pas avoir peur de rester soi-même et de s’investir dans le vrai. Chaque expérience ou rencontre, qu’elle soit positive ou négative, nous fait grandir. Même le rejet nous apprend quelque chose sur nous et sur nos attentes comme personne. »

5 — Vous perdez confiance en vous : après avoir été seul (e) pendant un long moment, vous commencez à vous dévaloriser et à vous dire qu’il y a quelque chose qui ne va pas chez vous. Vous commencez même à penser que vous n’êtes pas suffisamment attirant (e), intéressant (e), ou même amusant (e).

Réflexion de la sexologue : « C’est possible que l’on ait des choses à améliorer, et il est toujours bon de faire une introspection. Mais au lieu de se demander ce qui cloche, je dis plutôt : “ Qu’est-ce que tu aimes chez toi? Quelles sont tes qualités que les autres pourront aimer? ” Il est essentiel de se valoriser comme personne, et comme célibataire. Il est bon de faire un bilan de nos points forts! C’est aussi une façon de prendre soin de soi. Et puis, on peut revisiter nos stratégies pour rencontrer et ne pas avoir peur d’utiliser son imagination, par exemple en répandant le mot qu’on est célibataire dans la famille étendue (on ne sait jamais, le cousin d’une belle-sœur…), utiliser les sites de rencontres, prendre des cours de cuisine, s’abonner à un centre sportif, etc. ».

6 — Vous voulez rencontrer quelqu’un, mais vous savez que vous êtes devenu très exigeant (e) : chaque fois que vous rencontrez un partenaire potentiel, il y a toujours quelque chose qui ne vous plait pas. Il est trop conservateur ; elle n’est pas assez intello ; il est trop strict ; elle n’aime pas voyager. Tous ceux qui ont tenté leur chance avec vous étaient trop ceci ou pas assez cela!

Réflexion de la sexologue : « C’est correct d’avoir des attentes et des exigences. On peut ne pas vouloir un chum contrôlant ou une blonde contrôlante parce que c’est sain et c’est la base.  Mais si on dit : “ Je ne veux pas… (ex. ; sortir avec quelqu’un qui n’a pas fait d’études universitaires) ”, il faut évaluer le pourquoi. C’est plus facile de dire ce qu’on ne veut pas que ce que l’on veut! Pourtant, savoir ce que l’on veut est beaucoup plus bénéfique une fois en relation. Ainsi, au lieu de penser : je ne veux pas ceci ou cela, il serait mieux de dire : je veux ceci ou cela parce que… (ex. : “ Je veux quelqu’un qui est libre les fins de semaine ou je veux quelqu’un qui aura l’initiative de prendre soin de moi. ” Finalement, lorsque l’on est célibataire depuis longtemps, on a aussi ses petites habitudes qu’on n’aime pas toujours bousculer. C’est un réapprentissage d’être en couple et de faire des compromis. »

7 — Vous souffrez de solitude : vous n’en pouvez plus de manger seul (e), de regarder la télé seul (e), de dormir seul (e). Cela vous angoisse au point où vous songez à adopter un animal de compagnie!

Réflexion de la sexologue : « Encore une fois, il faut faire le bilan. Qu’est-ce qui fait que je veux être en couple? À part le fait d’être moins seul (e), qu’est-ce que vous avez envie que ça vous apporte? C’est bon d’apprendre à être seul (e), à se connaître, à s’écouter avant de s’investir à deux. Rares sont les gens qui ont déjà essayé d’aller au cinéma en solo, et pourtant c’est très bénéfique! Certains vont dire : “ Oui oui, je suis capable d’être tout seul, mais là, ça fait 5 ans que je suis célibataire et je ne suis plus capable! ” C’est peut-être autre chose que la solitude qui vous chicote alors? »

8 — Vous vivez de la honte ou de la gêne à dire que vous est toujours célibataire : vous avez peur que l’on vous prenne en pitié, que l’on pense que si vous êtes encore célibataire, c’est sûrement parce que vous êtes difficile à vivre!

Réflexion de la sexologue : « Oui, c’est une possibilité, comme c’est aussi vrai que certaines personnes peuvent éprouver de la gêne à dire qu’ils sont bien là-dedans ; comme si c’était une mauvaise chose d’être célibataire. Ces mêmes personnes ont souvent l’espoir de rencontrer quelqu’un, mais se savent quand même bien seules. Aussi, avec le temps, le désir de rencontrer la perle rare jumelée à la peur de perdre son temps à “ dater ” peut mettre de la pression. Ça donne souvent le sentiment que ça “ urge ” de se trouver un chum ou une blonde. Je dis toujours que la qualité vaut mieux que la quantité ; qu’il faut prendre le temps d’approfondir les rencontres que l’on fait! La vie ce n’est pas comme dans les films où les acteurs et actrices ont juste une heure et demie pour tomber en amour. Il se peut tout à fait qu’on n’ait pas de coup de foudre et que l’on développe une histoire d’amour quand même. Lorsque ça fait longtemps qu’on est célibataire, on oublie parfois, ce que c’est de tomber en amour petit à petit. »

Toutes ces angoisses, et bien d’autres comme le fait de se sentir anormal de fantasmer sur chaque personne qui passe, d’avoir peur de rester seul (e) le restant de ses jours, de se culpabiliser ou d’économiser beaucoup trop d’argent de peur d’en manquer n’ont rien d’insolites. Pour les gérer, il faut entre autres procéder à une bonne introspection, se chercher des qualités plutôt que se dévaluer, prendre soin de soi, et rester ouvert aux rencontres que l’on considère « moins prometteuses » pour prendre le temps de réellement découvrir ceux et celles qui ont le potentiel de devenir des partenaires de vie!

Par Marie-Claude Veillette

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