Un lecteur m’a écrit, il y a quelques jours, pour me suggérer un sujet de billet : la protection des renseignements personnels sur les sites web de rencontre et les mesures de sécurité physique à respecter avant de rencontrer quelqu’un pour la première fois dans le blanc des yeux. Dans sa requête, ce lecteur m’a fourni plusieurs exemples de ce qu’il faut faire et ne pas faire.
Puisque ce lecteur explique bien les principales précautions à prendre, je vais d’abord lui laisser la parole (j’ai légèrement retouché son texte pour corriger des coquilles et insérer des hyperliens). Puis je compléterai avec d’autres conseils.
Des conseils qui vous paraîtront peut-être élémentaires, mais que voulez-vous, nous ne sommes jamais trop prudents…
Je m’aperçois que beaucoup de gens donnent trop de détails trop rapidement.
Par exemple, j’ai réussi à obtenir le lieu de travail et le numéro de téléphone professionnel d’un de mes contacts qui m’avait dit être ingénieure. On a échangé nos courriels et lorsque j’ai reçu le sien, j’ai découvert son nom de famille. Une petite recherche dans le bottin de l’Ordre des ingénieurs et l’affaire fut ketchup.
Aussi, beaucoup de gens laissent leurs coordonnées dans le texte de leur profil. Parfois, une adresse courriel codée ou carrément leur nom complet pour qu’on les retrouve sur Facebook. À ne pas faire.
Nous sommes tous des inconnus sur Internet, et on ne doit pas prendre pour acquis que tout le monde est gentil.
Quelques règles que j’aimerais que vous rappeliez à vos lecteurs (si vous en connaissez d’autres, ou des meilleures, ne vous gênez pas) :
- Pas de photo d’enfants. Protégez leur identité. Personne ne veut qu’un individu mal intentionné ne leur fasse du mal.
- Premier rendez-vous dans un lieu public. Un parc mal éclairé qui n’est pas fréquenté n’est pas un lieu public. Ni une chambre de motel.
- Informez une personne de confiance de votre premier rendez-vous (le lieu, et avec qui). Convenez d’un moment pour contacter cette personne, qui aura comme responsabilité de s’inquiéter si vous tardez à donner signe de vie — quitte à alerter les autorités.
- Surveillez votre verre. Si vous devez vous absenter pour aller à la toilette, videz votre verre et commandez-en un autre en revenant.
- Enregistrez une adresse courriel « alternative » chez Gmail.com ou Hotmail.com pour correspondre en-dehors de la messagerie de Réseau Contact. Et configurez-la pour que seulement votre prénom ou votre pseudo apparaisse.
- [Optionnel] Prenez un numéro de téléphone gratuit chez Free Phone Line. Avec un logiciel sur votre ordinateur, vous pourrez converser avec vos contacts sans divulguer votre numéro de téléphone usuel. En plus, vous pourrez appeler gratuitement dans les 30 plus grosses villes du Canada.
D’autres conseils
Sur le Web, cet individu se fait passer pour un grand séducteur (son pseudo : ZeLatinLover69), avec une photo de profil avantageuse. On le voit ici photographié à son insu pendant une scène de la vie quotidienne — il se préparait un sandwich au baloney.
(Source : Reallifetroll, Wikimedia Commons)
Lors des premiers contacts avec des individus sur Internet, pratiquez le doute systématique. Qu’est-ce qui vous prouve que ces célibataires qui s’intéressent à vous sont réellement ceux qu’ils prétendent être ? N’importe qui peut mentir sur son âge, sur son apparence physique, sur son statut social… ou sur sa disponibilité — de prétendus « célibataires » actifs sur les sites web de rencontre sont en fait des individus en couple (et malheureux de leur vie conjugale). Dès que vous avez l’impression que l’on vous ment, redoublez de prudence !
Préservez votre anonymat le plus longtemps possible. Par exemple, ne révélez pas votre nom complet lors de la première rencontre dans un endroit public, utilisez seulement votre prénom.
Ne donnez jamais d’informations personnelles aux inconnus (adresse, numéro de téléphone, date de naissance, lieu de naissance, nom de vos parents, etc.). Aussi, évitez de publier toute information qui permettrait de vous localiser, par exemple des lieux que vous fréquentez régulièrement.
- Si vous dévoilez votre numéro de téléphone, une simple recherche dans l’annuaire Canada411.ca permettra d’obtenir l’adresse civique associée à votre numéro.
Vous êtes responsable des renseignements personnels que vous divulguez sur Internet. Si vous publiez sur un blogue les photos de toutes vos vacances depuis 1999 et si vous dévoilez des détails de votre vie privée sur Facebook, n’allez pas vous plaindre que ces photos et informations tombent entre les mains de gens que vous ne connaissez pas… et que vous n’avez peut-être pas envie de connaître.
À ce propos… Vérifiez ce que le Web dévoile sur votre personne. Avez-vous déjà effectué une recherche sur Google avec votre prénom et votre nom ? Vous serez peut-être surpris(e) par la quantité d’informations que vous obtiendrez.
- Refaites l’exercice avec le moteur de recherche « Big Brother » Pipl, qui fouille le deep web. Cet engin permet notamment d’effectuer une recherche sur un individu à partir d’un pseudonyme, d’une adresse de courriel ou d’un numéro de téléphone.
- Le lecteur dont j’ai reproduit le texte ci-dessus a trouvé les coordonnées d’une célibataire dans le bottin de l’Ordre des ingénieurs du Québec. Vous l’avez peut-être remarqué, de nombreuses organisations possèdent des bottins en ligne. Outre les ordres professionnels, il y a des associations professionnelles, des cégeps et des universités, des organismes publics et certaines entreprises privées. Si vous travaillez pour une entreprise qui affiche publiquement vos coordonnées au travail, cloisonnez soigneusement vos activités de dating et vos activités professionnelles.
Un truc : pour téléphoner à quelqu’un en masquant votre identité, composez *67 avant le numéro de votre interlocuteur ou interlocutrice. Si l’autre possède un afficheur, votre nom et numéro de téléphone n’y apparaîtront pas.
Sur les sites web de rencontre et sur les réseaux sociaux, des gens très mal intentionnés peuvent vous chanter la pomme et utiliser une fausse identité pour vous extorquer de argent. Voyez ce billet de la collègue Claudia, les conseils d’un gendarme de la GRC et une véritable tentative d’escroquerie.
Pour en savoir plus
Les conseils de Réseau Contact, généraux et techniques
Pssst !
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Je suis de ceux qui sont très prudents sur le Web. Je viens de tester Pipl : ayoye! En 2000, j’avais posé deux questions techniques et signé au bas. Elles y sont toujours! Les écrits restent… Les moteurs de recherches sont si efficaces et les scripts si développés qu’il devient de plus en plus difficile de préserver notre anonymat. Et puis Google qui garde tout en mémoire (aux États-Unis). Terrible.
Mais voilà un (autre) grand paradoxe : on s’inscrit sur un site de rencontres pour “pogner” (voir le texte de Claudia Sofio du 21 février), alors on balance tout rapidement pour maximiser nos chances. Il faut faire attention! Être plus prudent (Sécurité 101 mise en pratique) va de pair avec prendre son temps…
C’est décourageant votre affaire… mais malheureusement vrai.
Et d’autant plus décourageant pour les gars sains d’esprit et bien intentionnés. Malgré toute la bonne volonté, cette paranoïa engendre souvent la méfiance des femmes lorsqu’on est sérieux, respectueux, mais le moindrement impatient ou tannés de perdre notre temps en clavardages éternels.
Même l’enthousiasme naturel en vient à sembler suspect pour la gent féminine. En laissant derrière lui des rendez-vous manqués qui auraient peut-être été concluants ;-(
@ garsdesvue
Dans l’bon vieux temps, avant que le grand public découvre Internet, qu’est-ce qui se passait ? Des célibataires se rencontraient dans un bar, chez des amis, par les petites annonces des journaux, etc., et ils prenaient leurs précautions. On ne donnait pas son numéro de téléphone et son adresse civique à n’importe qui. C’est la même chose aujourd’hui, on ne doit pas se dévoiler trop vite aux inconnus.
En 2013, il suffit d’utiliser un pseudo sur les sites web de rencontre, de communiquer par courriel avec des adresses Hotmail ou Gmail (qu’on utilise seulement pour ce genre d’échanges), de ne pas donner son numéro de téléphone à la maison, etc. Quand l’autre dit avoir envie d’une rencontre en chair et en os, on organise un rendez-vous dans un endroit public, un lieu relax où chacun se sentira confortable. Le rendez-vous n’est pas concluant ? Pas grave, tout le monde retourne à son anonymat. Ce sont des conseils archi-connus, pas difficiles à appliquer.
Dans l’bon vieux temps comme aujourd’hui, il y a toujours des gens paranos et des gens trop pressés…
Je comprend qu’il faut être prudent, mais il ne faut pas être trop paranoïaque non plus, la majorité des gens sont honnêtes.
Je suis personnellement très prudent avec les informations personnelles sur le web, surtout avec Facebook. Je trouve d’ailleurs choquant que de nombreux forum de discussion sur divers sites imposent de se logger avec le compte facebook. Il devient alors impossible de commenter des articles anonymement, alors je m’abstiens. Ce que je crains le plus, c’est les employeurs trop curieux qui fouillent nos infos personnelles sur le Web. D’ailleurs, LinkedIn peut être un bon moyen de faire du vol d’identité, surtout si on combine les informations avec d’autres sources.
Je suis moi-même membre de l’Ordre des ingénieurs et j’avais fais retirer du bottin le plus d’information possible. Maintenant, tout ce que l’on voit avec mon nom est que je suis un membre en règle.
La plupart des femmes sur RC donnent un numéro de cellulaire, ceux-ci ne sont pas liés à une adresse physique et sont impossibles à trouver dans les bottins téléphoniques généralement.
Bonjour, décevant de voir que des personnes ont vraiment de mauvaises intentions sur un réseau de rencontre. Mauvaise identité, charmeur, et après un mois intense en communication, il pensait avoir mon numéro de compte bancaire. Oufff!, un homme apparaissant sur le Net, il se nomme à plusieurs identités, avec toujours la même photo, d’ailleurs j’ai eu droit sur skype 1 minutes 59 sec. un enregistrement me montrant l’homme de la photo qui est Sébastien Caro. Il faut vouloir et avoir à perdre son temps pour arriver à penser à faire ses choses. PRUDENCE aux femmes.
@JEAN-SÉBASTIEN MARSAN
Je me suis mal exprimé en disant “c’est décourageant VOTRE affaire”.
))
Je sais bien que vous avez raison. Mais je trouve ça plate pareil
Auteur
Jean-Sébastien Marsan
Auteur et journaliste
Jean-Sébastien Marsan est auteur, journaliste et rédacteur indépendant, à Montréal. Il a cosigné en 2009 l’essai Les Québécois ne veulent plus draguer (Les Éditions de l’Homme) et animé le blogue du même nom.
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Claudia Sofio
Sexologue B.A et Journaliste
Étant titulaire d’un baccalauréat en Sexologie et ayant poursuivi des études universitaires en Communication, j’écris depuis quelques années pour différentes publications, dont le magazine Femmes d’aujourd’hui (Fa), dans lequel je signe la chronique « La Sexo de Fanny ».
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