Recevoir, un rituel en voie de disparition ?

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fév

Il y a quelques jours, je me suis fendu d’un long billet sur les liens entre l’alcool et la rencontre (dans les 5 à 7, les bars, les soirées privées, etc.). Aujourd’hui, je poursuis dans la même veine avec un petit sondage : dites-moi, est-ce que vous avez l’habitude de recevoir ? Recevoir des invités chez vous pour un cocktail ou un repas, s’entend. Des invités parmi lesquels il y a de nouveaux visages.

J’ai déjà entendu dire que les Québécois ont perdu des plumes dans l’art de recevoir, c’est-à-dire organiser quelque réunion relativement élaborée, autour d’une table ou d’un apéritif, pour plusieurs personnes qui ne se connaissent pas nécessairement. Ce qui suppose de planifier l’événement avec soin, avec un minimum de décorum ; de placer les convives autour d’une table de manière à favoriser les rencontres (mettre les célibataires face à face, par exemple) ; de soutenir la conversation, s’assurer que tous les invités se sentent à l’aise, etc.

(Vous aurez compris que je ne parle pas ici de s’empiffrer d’ailes de poulet et de bière avec quelques amis en regardant distraitement la télévision. Il ne s’agit pas non plus des réunions de famille, du réveillon de Noël ou autres célébrations.)

Je vous repose la question : est-ce que vous avez l’habitude de recevoir à domicile, par pur plaisir d’organiser une soirée, et d’accueillir des amis de vos amis, par exemple ? (On ne sait jamais, ça pourrait susciter des rencontres…) Aussi, est-ce qu’on vous invite dans ce genre d’événement social ?

Un plaisir oublié ?

On pourrait croire qu’à notre époque, tout va trop vite. Que le stress ronge nos vies, que nous manquons de disponibilités pour organiser des activités sociales et que, de toute façon, nous sommes trop individualistes, repliés sur notre vie privée. Sans oublier cette manie de consacrer nos temps libres aux écrans (téléviseurs, ordinateurs, jeux électroniques et autres bidules).

Tout comme des traditions culinaires se perdent de nos jours (tant de gens ne savent plus cuisiner et bouffent constamment de la nourriture préparée, industrialisée…), nous aurions oublié le plaisir de recevoir.

À moins que… Peut-être que l’art de recevoir n’a pas disparu, qu’il a simplement changé, qu’il est devenu plus informel qu’autrefois ?

Qu’en pensez-vous ?

Dans l’bon vieux temps, on savait recevoir avec classe.
(Mais peut-être que j’idéalise trop le bon vieux temps…)

Pssst !
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  1. Je reçois encore mais … pour le brunch! Plus informel en effet, même si j’y mets du décorum et que je me fais un point d’honneur de monter une belle table et d’offrir les meilleurs croissants en ville. Mais au déjeuner, à part le champagne-jus d’oranges, on boit surtout du café, ce qui n’empêche pas de faire des rencontres, j’ai des exemples (bon, un exemple mais c’est déjà beaucoup! ;o) à l’appui.

    Les soupers d’amis, j’en fais un par année et le repas à un thème. La dernière fois, c’était un souper indien parce que des amis partaient pour l’Inde. J’avais fait beaucoup de recherches et mes invités ont été bien heureux et moi aussi. Ça vaut la peine de “se donner du trouble” des fois! mais une fois par année, c’est assez pour moi et je reviens à la formule brunch le reste du temps.

    Une femme libre
  2. Il y a rarement de nouveaux visages dans mes réceptions, qui la plupart du temps se passent en famille.

    Cela dit, pour répondre à la question, je crois qu’on invite au restaurant plus qu’on ne reçoit chez nous les étrangers. C’est moins impliquant et aussi, plus sécurisant de ne pas laisser entrer d’inconnu dans notre «tannière». On s’évite ainsi d’avoir à tenir une maison impeccable, d’avoir à maîtriser l’art de la cuisine… On n’ose plus trop exposer notre intérieur (dans tous les sens du terme) comme il était coutume de la faire. Peut-être parce qu’à l’époque, le prestige social était directement en lien avec notre talent (ou celui de notre femme) à tenir maison, tandis qu’aujourd’hui, c’est davantage sur notre capacité d’acheter qu’on se mérite une reconnaissance sociale?

    Je crois qu’on se protège beaucoup de nos jours.

    D’ailleurs, la mode actuelle veut qu’on choisisse notre entourage avec beaucoup le d’attention: on évite les gens négatifs, préfère ceux qui ont la même philosophie de vie que nous… faut préserver à tout prix notre «zénitude». Ce qui entraîne son lot de conséquences pour nos relations. Même la famille n’est pas épargnée par cette «purge relationnelle».

  3. En tout cas, aujourd’hui pour le Super Bowl il y aura sans doute beaucoup de gens qui vont recevoir :) !!!

  4. Venant de la Martinique où recevoir est accueillir, je trouve cette belle société québécoise très frileuse quand il vient le temps d’ouvrir les portes des maisons et d’inviter à sa table.

    Cela reste une belle société parce qu’elle est, je crois, fondamentalement bienveillante, cependant je n’ai jamais, jamais été invitée dans une famille québécoise pure laine (à part ma belle-famille) et quand j’ai invité, la plupart ne sont pas venus.

    Je ne m’explique pas bien cette méfiance.

    Ne pas se donner du trouble ? Eviter les discussions interminables ?

    Il y a pourtant une telle chaleur à être ensemble pour chanter, manger et danser…

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