Occasions ratées

22 commentaires
26
déc

(N. B. Ce billet réédite deux de mes commentaires à la suite de billets — ici et . Dans les discussions avec les lecteurs et lectrices du blogue, j’écris parfois de longs commentaires… et je me suis dit aujourd’hui que ça vaudrait la peine que j’en réécrive quelques-uns sous la forme d’un billet plus cohérent.)

Occasions ratéesNotre culture de l’amour valorise beaucoup le couple exclusif et fusionnel (pour des raisons historiques, religieuses, politiques, etc., que je ne décrirai pas ici, ce serait trop long) : deux célibataires tombent en amour dans un cadre romantique (avec le coup-de-foudre-au-premier-regard et tout le bataclan), puis ils s’installent rapidement en couple pour concrétiser un « projet de vie » (fonder une famille, par exemple). Leur relation est exclusive (il est strictement interdit de nouer d’autres liens amoureux ou sexuels hors du couple) et fusionnelle (le couple est une petite cellule autosuffisante, les partenaires sont constamment collés-collés).

Je n’ai rien, personnellement, contre les couples exclusifs et fusionnels. Des gens choisissent ce mode de vie et en sont heureux ? Tant mieux pour eux.

Mais le couple exclusif et fusionnel n’est pas le seul modèle conjugal possible. Il existe d’autres manières de vivre l’amour et le couple. Malheureusement, on parle rarement de tous ces gens qui vivent en couple de manière « non traditionnelle », disons, et qui en sont heureux. Encore plus malheureusement, on en fait une question de morale : le couple exclusif-fusionnel, c’est bien, et tout le reste, c’est mal.

La prédominance du couple exclusif et fusionnel, dans notre culture, influence forcément la rencontre. Quand on ne connaît pas d’autre modèle conjugal, comment peut-on commencer à savoir ce que l’on aime vraiment ? Comment choisir un mode de vie qui correspond à notre personnalité et à nos aspirations profondes quand on n’a jamais expérimenté, comparé ?

Chers lecteurs, chères lectrices, j’ai un conseil à vous donner. Lorsque vous essayez de rencontrer quelqu’un en vous disant constamment : « Je-dois-vivre-un-couple-exclusif-et-fusionnel-ou-rien », et que vous n’avez rien connu d’autre, vous tuez dans l’oeuf une foule d’occasions de rencontre.

Voici quelques exemples d’occasions de rencontre ratées.

  • Quelqu’un s’intéresse à vous uniquement pour une aventure sexuelle. Et cette personne vous plaît… Si vous vous dites : « Non ! Non ! Non ! Je dois refouler mes fantasmes ! Le sexe sans amour, c’est dégueulasse ! Le-couple-exclusif-et-fusionnel-ou-rien ! », vous passez à côté d’une occasion de rencontre amoureuse. Parce qu’un lien d’abord fondé sur la sexualité peut évoluer, un sentiment amoureux pourrait voir le jour.
  • Quelqu’un s’intéresse à vous, mais dit refuser de s’engager dans une relation de couple. Cette personne a tendance à multiplier les fréquentations, d’ailleurs. Si vous vous dites : « Non ! Non ! Non ! Je veux quelqu’un qui s’engage sur-le-champ ! Le-couple-exclusif-et-fusionnel-ou-rien ! », vous passez à côté d’une occasion de rencontre. Parce qu’une relation sans engagement peut évoluer, vous pourriez devenir le ou la partenaire privilégié(e) de quelqu’un qui, au premier contact, ne semblait pas vouloir s’engager.
  • Une personne déjà engagée dans une relation de couple s’intéresse à vous. Si vous vous dites, malgré le désir qui vous titille : « Non ! Non ! Non ! L’infidélité, c’est le Mal ! Je-veux-vivre-en-couple-exclusif-et-fusionnel-ou-rien ! », vous passez à côté d’une occasion. Parce que cette personne qui est déjà en couple, et qui s’intéresse à vous, a ses raisons d’aller « voir ailleurs ». (Voir l’encadré ci-dessous.) Vous n’avez pas envie de savoir pourquoi on s’intéresse à vous ? Vous pourriez apprendre des choses sur vous-même, sur l’amour, sur le couple, etc. Qui sait, peut-être que cette personne déjà engagée quittera son partenaire pour vivre en couple avec vous, et votre nouvelle relation sera heureuse. (Vous avez beau vous dire que la fidélité, c’est bien, et que l’infidélité, c’est mal, ça n’empêchera jamais des gens en couple d’aller « voir ailleurs » puis de quitter leur partenaire s’ils en ont envie.)
  • Un ami ou une amie éprouve du désir pour vous. Et ça vous trouble, vous constatez que vous éprouvez aussi des sentiments… Si vous vous dites : « Non ! Non ! Non ! L’amitié et l’amour ne sont pas compatibles ! L’amour-pur-dans-le-couple-ou-rien ! », vous passez à côté d’une occasion de rencontre. Votre ami(e), qui vous connaît bien, a eu le temps de s’attacher à vous, de tomber en amour avec vous. Vous pourriez vivre avec cette personne une relation de couple beaucoup plus complice et satisfaisante qu’avec des individus sortis de nulle part, rencontrés par hasard sur Internet ou dans un bar. (Pour en savoir plus, voir ce billet.)

Il y a des gens qui, lorsqu’ils draguent, ne songent qu’à se « caser » au plus vite dans un couple conventionnel. D’autres veulent apprendre ; de rencontre en rencontre, d’expérience en expérience, ils finissent par mieux se connaître. Ils pourront adopter, en toute connaissance de cause, le modèle conjugal qui leur convient le mieux.

Nous sommes au XXIe siècle, dans une société qui accorde beaucoup de liberté aux individus. Il n’y a plus une seule façon de vivre l’amour et le couple, il y en a plusieurs. Il n’y a pas de « bons » ou de « mauvais » amours, il n’y a pas d’amour « pur » ou « impur », il n’y a que l’amour. Il n’y a plus de modèle unique. Des individus essaient de vivre heureux ensemble, à leur manière.

Ce n’est pas facile, j’en conviens. Pour y parvenir, je crois qu’il faut cesser de juger l’amour et le couple avec des critères moraux (tel comportement est bien, tel autre est mal) et s’ouvrir à toutes les possibilités de rencontre. Qu’en pensez-vous ?

*Pourquoi l’infidélité ?

Toutes les sociétés du monde valorisent le couple et toutes les sociétés du monde voient des gens en couple baiser ou s’aimer hors de leur couple. Le couple est indissociable de l’infidélité, ce sont les deux facettes d’une même médaille. (Devant un phénomène de cette ampleur, vous avez le choix : essayer de le comprendre, ou vous dire « Non ! Non ! Non ! L’infidélité, c’est le Mal ! »)

J’ai eu la curiosité, il y a quelques mois, de vérifier dans la littérature scientifique ce qui motive les gens en couple à tromper leur partenaire. Voici les raisons les plus fréquemment évoquées.

1. Parce que la vie couple est insatisfaisante sur le plan sexuel et/ou affectif. (On ne veut pas nécessairement mettre fin au couple, mais on va chercher ailleurs ce que le couple n’offre plus.)

2. Par besoin de rehausser son estime de soi, de confirmer son pouvoir de séduction et de retrouver le plaisir de la rencontre (sans nécessairement remettre son couple en question).

3. Comme stratégie pour mettre fin au couple, carrément. (Par exemple, un homme trompe son épouse, va raconter son aventure à tout le monde, il exhibe sa maîtresse en public, etc., ce qui force sa femme humiliée à demander un divorce… qui n’aurait pas été possible autrement.)

4. Par comportement de fuite en avant, par peur d’affronter le vide existentiel ou des problèmes personnels (ici, l’infidélité est la même chose que l’abus d’alcool ou la consommation de drogue).

5. Certaines personnes instables sur le plan psychologique ou sexuel, très compulsives, sont infidèles à toute occasion.

6. Il y a aussi des gens qui se sont toujours dits contre l’infidélité, qui n’ont jamais cherché l’aventure extraconjugale, mais qui vont « sauter la clôture » une fois, sans l’avoir prémédité (lors d’un événement social trop arrosé, en voyage d’affaires, pendant des vacances en solitaire, etc.).

7. Parce qu’on est tombé en amour avec quelqu’un d’autre, tout simplement.

Une croyance populaire veut que tous les gens qui trompent leur partenaire soient toujours des individus malheureux en couple. C’est faux. Je connais des gens heureux en couple qui ont des relations extraconjugales. Vous savez ce qui les motive ? Le désir et le plaisir. Leur couple les rend heureux et ils vont chercher ailleurs que dans leur couple un surcroît de plaisir. Ces gens-là ne raisonnent pas en terme de morale, de bien ou de mal. Ils recherchent le plaisir. Et ce sont des gens très agréables à rencontrer…

22 commentaires

  1. Le problème avec cette manière de penser, c’est le «peut évoluer en…». Oui, tout évolue, même une relation qui, de prime abord nous offre tout ce que l’on recherche et espère peut évoluer, mais selon moi, si tu te bases sur ce que les choses pourraient être pour décider de vivre l’aventure ou non, tu te bases sur quelque chose qui n’est pas concret. C’est un peu comme ces femmes qui sortent avec un homme parce qu’elles voient un beau potentiel en lui… et qui, dès le premier soir, tente de changer cet homme pour le transformer en ce qu’elle veulent le voir devenir. Désolé, mais ça ne fonctionne pas comme ça… Il faut se sentir bien, de prime abord, dans ce qui s’offre à nous et être à l’aise dans les choix qu’on fait ici et maintenant… sans penser ou espérer à ce que cela pourrait devenir si…

    Vous êtes à l’aise avec l’idée de partager un moment de plaisir avec un homme sans envisager l’avenir avec lui… go for it! Y’a rien de mal la dedans… mais si tu le fais dans l’espoir qu’il devient amoureux… oubliez ça parce que vous n’êtes pas dans le bon état d’esprit… vous êtes dans l’attente, dans le rêve, dans l’idéalisation… pas du tout dans le plaisir du moment et c’est ça qu’il vous propose.

    Ce n’est pas tout le monde qui est capable de vivre le moment présent et d’accueillir les choses comme elles viennent…(Pourtant, c’est ainsi que se bâtissent les relations d’amour les plus heureuses et durables!!!)

  2. Comme vous avez transféré votre commentaire à un billet, j’ai décidé de republier le commentaire que j’avais fait sur l’autre billet.

    À mon avis, tous les cas que vous avez mentionnés sont possibles. C’est la suite de chaque situation que c’est souvent décevant pour les gens. Je dois vous rappeler que je viens d’un autre pays et je vois chaque situation selon ce qui est plus courant dans ma culture (et aussi selon mes expériences personnelles). Pour chacune des situations que vous décrivez, je peux vous dire la suite que la plupart des gens attendent.
    1) L’aventure sexuelle : c’est surtout l’homme qui cherche le sexe sans compromis. Habituellement, il va baiser avec la femme et ensuite il va disparaitre par peur du compromis. C’est quelque chose qui, dans la plupart des cas, ne finit pas par une relation plus concrète.
    2) La relation sans compromis : c’est une relation où ça ne vaut pas la peine de s’investir. Vous ne savez jamais quand l’autre personne va sacrer son camp. Alors, cette relation peut être transitoire pendant que l’on trouve quelqu’un de vraiment sérieux.
    3) Une personne déjà engagée : comment ferait-on confiance à quelqu’un que, l’on sait dès le début, trompe son partenaire? Si la personne l’a déjà fait, on peut attendre qu’il fasse à plusieurs reprises. C’est dans son caractère.
    4) La relation avec un ami : à mon avis, ce serait l’idéal que l’on commence une relation avec qui l’on s’entend déjà bien. Mais, si une des deux personnes n’éprouve pas le même sentiment, cela peut ruiner l’amitié. Chez moi, j’entends souvent les femmes dire que l’amitié c’est une chose et l’amour une autre, et que l’on ne peut pas avoir des relations amoureuses avec nos amis (d’ailleurs, comme vous l’avez mentionné dans le billet). Nous avons même une « théorie » que dit qu’une femme « classifie » mentalement un homme inconnu, dans les premières minutes d’une conversation, comme ami ou quelqu’un avec qui elle pourrait sortir.

  3. @Illithyie : Le problème de vivre l’instant présent et recevoir les choses comme elles viennent, c’est que souvent on ne reçoit rien du tout. Tout le monde a ses attentes et même si je n’ai jamais été dans une relation de couple, je n’arrive pas à imaginer une relation où l’on n’attend rien.

  4. << Une personne déjà engagée : comment ferait-on confiance à quelqu’un que, l’on sait dès le début, trompe son partenaire? Si la personne l’a déjà fait, on peut attendre qu’il fasse à plusieurs reprises. C’est dans son caractère.

    JE SUIS TOUT À FAIT DE CET AVIS!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    Un homme ou une femme infidèle, le reste toujours.

  5. @ Daniel, il faut faire attention à la nuance qui existe entre avoir des attentes et savoir ce que l’on veut. Je suis en relation de couple depuis 16 ans avec le même homme. Je n’ai jamais eu comme attente que notre relation dure aussi longtemps, mais j’ai toujours su que je voulais que ce qui nous unit l’un à l’autre soit l’amour. «Est-ce qu’il m’aime?» n’a jamais été la question que je me posais pour savoir si j’allais rester avec lui ou non… si je reste à ses côtés c’est parce que moi je l’aime, parce que j’aime sa façon d’être avec moi et ce que nous faisons ensemble et celle que je suis à ses côtés. Je n’ai pas besoin d’avoir d’attentes envers lui… ce qui fait que je choisis d’être là c’est seulement ce que MOI je ressens. Le jour ou ce que je ressentirai changera, je remettrai notre relation en question.

    Nous n’avons pas besoin de savoir ce que l’autre ressent, ce que l’autre est prêt à faire, ni ce qu’il ne voudra jamais faire pour décider de ce que l’on veut pour soi… On se base sur ce qu’on ressent et si on éprouve plus de plaisir et de bonheur que d’inconfort, c’est qu’on fait le bon choix.

  6. @ Nicole : Je ne crois pas que ce soit une généralité absolue. Tout comme la dynamique de violence qui sévit dans un couple n’est pas forcemment quelque chose qui se reproduira dans leurs autres relations amoureuses.

    Ça peut être une question d’interrelation…

    Il y a des gens avec qui nous entretenons une dynamique relationnelle qui fait tout simplement sortir les moins bons côtés de notre personnalité… Des gens qu’on peut, malgré cela, avoir du mal à quitter pour une raison ou une autre.

    Évidemment, il y a des gens qui ont des comportements compulsifs et de déviances qui ne peuvent se changer qu’avec un soutien professionel, mais c’est une autre histoire!

  7. Je crois qu’il faut vivre et respecter ses propres limites mais quand-même garder l’esprit ouvert à d’autres genres de relations et ne pas juger ce que les autres ont décidé pour eux-mêmes.

    J’ai vécu pendant près de 15 ans le genre de relation exclusive/fusionnelle, et maintenant, je ne ferme pas la porte à la nouveauté ayant vécu par la suite d’autres genres de relations.

    Je vis présentement dans une relation « sans engagement » et cela me convient parfaitement, nous allons chercher ce qui nous convient dans cette relation, si ça se poursuit tant mieux, sinon, nous aurons vécu quelque chose de bien, de simple et nous aurons de bons souvenirs.

    @ Illithie: j’ai bien aimé lire la façon dont tu vis tes sentiments vis à vis ta relation de couple. Je suis pas mal dans le même type de pensées.

  8. @Illithyie je trouve curieux que tu valorises plus le fait de te poser la question si tu l’aimes pour vivre avec ton conjoint et que tu te soucies moins si lui t’aime… en fait, ça devrait être aussi important que de l’aimer. Les raisons pour lesquelles cet homme t’aime me semblent aussi diablement importantes!
    Parce que à la longue, veut, veut pas, on est humain et on attend toujours quelque chose de la personne qui est à nos côtés.
    Parce que si on pousse plus loin sur ta façon de penser, les femmes battues et abusées utilisent le même argument pour rester aux côtés d’un homme violent… « oui mais je l’AIMMMME! ».
    Quant à Jean-Sébastien Marsan, il décrit une façon un peu cavalière de considérer les relations sentimentales hommes-femmes parce que dans un couple, surtout quand il y a des enfants, il y a responsabilités et l’infidélité peut être plutôt ravageuse et tout détruire un jour.
    Entre deux êtres responsables, sans responsabilité parentale, je ne vois pas de problème à ces façons de voir et d’envisager toutes les opportunités, mais en autant que les DEUX partenaires soient d’accord et que vous avisiez l’autre de votre façon de voir les relations et surtout de ne pas vouloir la fidélité absolue… mais il faut alors accepter ce bambochage du partenaire aussi.
    MOi, en autant que tout le monde soit honnête, c’est ben correct.
    Mais je vous défie de ne pas ressentir un bonjour la morsure de la jalousie, car tout n’est pas aussi simple dans les relations amoureuses.
    Et tout comme Nicole, je dirais qu’un homme ou une femme infidèle le reste toujours. C’est un pensez-y bien de se lier à une telle personne.

  9. @Illithyie: Je n’ai jamais pensé de cette façon. C’est fort intéressant de connaître votre point de vue. Cela me fait réfléchir beaucoup.
    On m’avait déjà dit que j’ai toujours trop d’attentes quand je suis intéressé à quelqu’un. Je commence à trop imaginer et fantasmer la suite de la relation dès le tout début des choses.
    Et pour cette raison, je me déçois très vite quand ça ne se passe pas comme j’avais imaginé.

  10. Je suis seul… Personne ne répond à la description de mes attentes et qui se lit comme suit :

    « Jeune Homme parfait » aux dires de sa mère à la recherche de sa semblable.

    Bouthillette René
  11. @ Diama: je n’ai pas besoin de me demander si mon conjoint m’aime, ni pourquoi il m’aime… je n’ai besoin que de savoir comment je me sens près de lui. Je me sens aimée, bien, heureuse et je l’aime. Tant que je reste attentive à ce que JE ressens, je reste aussi totalement attentive à mon conjoint puisque entre nous il existe un lien d’inter-relation. Le danger dans le couple, c’est de se perdre de vue soi-même, de ne rester auprès de l’autre parce qu’on sait qu’il nous aime et parce qu’on craint de le blesser si on agit autrement qu’en restant avec lui… Se couper de soi, c’est se couper de la relation de couple, se désinvestir d’elle!

    On le dit souvent, un couple c’est un «JE», un «Nous» et un «Tu»… La plupart des couples disfonctionnels se concentrent sur l’autre en ayant pour attente que l’autre ce concentre sur eux. C’est une erreur. Personne, pas même l’être qui vous aime plus que tout, n’est en mesure de savoir ce que vous ressentez précisément, ce que vous désirez, ce que vous pensez. C’est pourquoi, dans une relation de couple, chacun doit d’abord être responsable d’évaluer son amour, son bien-être, etc. L’habituellement sous-entendu amoureux: « Je prends soin de toi, tu prends soin de moi et tant que tu remplis bien ta part tu marché, je t’aimerai et nous serons heureux » ne tient pas la route… Cet engagement n’a pas lieu dêtre lorsqu’on se concentre sur ce qu’on ressent auprès de l’autre, « je t’aime, je me sens bien à tes côtés, j’ai du plaisir à te voir heureux, à te savoir bien » conduit à ce « prenons soin l’un de l’autre » qu’on associe au véritable amour (à juste raison selon moi)… sauf que ce qui nous est offert l’est de plein gré, sans la pression de l’engagement à combler des attentes.

    Il est dit, dans ce billet qu’on ne devrait pas être fermé aux opportunités qui s’offre à nous simplement parce que de prime abord, elle ne correspondent pas à ce que l’on recherche, car chaque opportunité est porteuse de possibilités… Cela dit, on omet de dire que même la plus stable et durable relation de couple est aussi porteuse de possibilités. Tout est possible au sein du couple, le meilleur comme le pire et rien de tout cela ne peut se prévoir. Si l’on passe notre temps à courir les opportunités qui s’offrent à nous, ailleurs qu’au sein de notre couple, il y a de fortes chances qu’on perdre de vue toutes ces possibilités que le couple a à offrir lorsqu’on lui donne la chance de nous surprendre. C’est-à-dire, lorsqu’on ose l’aborder différemment qu’à notre habitude… lorsqu’on met la peur au rancart et qu’on ose dire franchement ce qui pourrait blesser, etc.

    S’engager dans une relation, ce n’est pas avoir des attentes que l’autre doit combler… c’est s’engager soi-même dans le sentiment amoureux qui nous lie à l’autre, le tenir vivant, le nourrir, le questionner quand il va mal, etc. Si chacun des partenaires assume sa part d’invidualité dans cet amour, alors le couple…

  12. Une vie à deux n’est jamais acquise. Elle se travaille à toutes les sacrées journées. Et ça! c’est un élément que plusieurs oublient… malheureusement.

    L’ère de la consommation rapide a envahi les hommes et femmes dans leur propre relation. Conclusion: adultère, séparation, divorce, et enfants brimés.

    Je ne trouve absolument rien de positif dans les relations extra-conjugales… même dans un couple à « union libre »… concept ultime du non-engagement et selon moi, de manque d’amour.

    On ne pourra jamais me convaincre du contraire… j’suis vieux jeux? Merci! j’apprécie!

  13. Vous savez, aimer c’est accepter d’être vulnérable et Dieu seul sait comme on lutte fort contre la vulnérabilité, on en a presque honte si on doute que l’autre se sent aussi lié à nous que nous le sommes envers lui. C’est souvent pour cette raison, selon moi, que nous avons des attentes, comme si elles étaient une espèce de protection ou de monnaie d’échange contre notre sentiment amoureux qui nous fragilise d’une certaine manìère.

    Or, aimer, c’est déjà un cadeau que l’on reçoit. Je ne sais pas si vous avez déjà fait l’expérience d’être visiblement très aimé de quelqu’un et de ne rien ressentir du tout pour lui. Je l’ai fait, et laissez-moi vous dire que c’est particulièrement bouleversant de constater à quel point on se sent vide à l’intérieur. J’ai aussi fait l’expérience d’aimer passionnément un homme qui n’éprouvait aucun intérêt à mon égart. J’ai ressenti de la peine, de la souffrance, mon ego a été blessé, mais cet amour que je ressentais pour lui me faisait vibrer de l’intérieur et à quelque part, il me remplissait, me nourrissait. C’est à ce moment que j’ai compris qu’il vaut mieux ressentir l’amour que de le recevoir sans pouvoir le partager. Le plus nourrissant c’est ce que l’on ressent et l’apothéose de ce plaisir, c’est lorsqu’en plus de se sentir amoureux, on se sent aimé.

    Il y a tant de manières de dire et de montrer l’amour… si je reste dans l’attente d’une grande déclaration qui ne vient pas, et que j’en conclus que si elle ne vient pas c’est qu’il ne m’aime pas, je peux passer à côtés de SA façon bien à lui de me montrer son amour. Lorsqu’il vérifie l’état de la voiture quand il apprend que je vais prendre la route pour un très long trajet par exemple… sans rien me dire, juste en le faisant. C’est là une attention amoureuse, qui témoigne de son désir de me savoir en sécurité. L’aurais-je remarqué si j’avais été dans l’attente qu’il s’exprime en disant à quel point j’allais lui manquer ou qu’il espérait que je lui revienne en vie? Non, j’aurais été dans la déception et peut-être même l’amertume et je n’aurais rien vu. Je n’aurais pas pu lui dire non plus que j’avais remarqué son attention envers moi, et il ne m’aurait pas sourit en me prenant dans ces bras pour me murmurer ce je t’aime si bon à entendre… Ne pas être dans l’attente nous permet de rester attentif, d’accueillir l’autre dans SA manière de nous aimer et de se sentir aimé, sans avoir eu besoin de l’exiger ou de le demander!

  14. Enfin… c’est aussi ça « rester ouvert aux possibilités! » Pas besoin d’aller dans le vert pâturage du voisin pour savoir apprécier ce que notre propre jardin peut nous offrir, si on lui laisse la chance de nous surprendre en lui restant réceptif et non dans l’attente qu’il nous donne tout ce que l’on espère!

  15. @ Illithyie : Merci pour tous vos commentaires sur la vie de couple, c’est très intéressant. Et on voit que vous écrivez avec votre coeur!

    Pour revenir à l’univers de la rencontre, permettez quelques précisions sur ce que j’entends par « rester ouvert aux possibilités ». Des précisions sur le contexte socioculturel.

    Nous avons tous grandi dans une société saturée de croyances, mythes, légendes, superstitions ayant trait à l’amour, sans oublier les couples mythiques dans l’histoire de l’Occident. En bref, une ambiance ultra-romantique.

    Dans ce contexte, une rencontre amoureuse doit marquer le début d’une histoire d’amour, d’un récit comme ceux qui ont bercé notre enfance (Blanche-Neige, Cendrillon, La Belle au bois dormant, etc.) et que les industries culturelles recyclent constamment. Les adultes sont d’ailleurs les plus gros consommateurs de cinéma romantique, de littérature du genre Harlequin, de chansons d’amour, etc.

    Nous voulons donc vivre UNE rencontre romantique qui se traduise par LA grande histoire d’amour de notre vie, un couple exclusif-fusionnel avec l’inévitable happy end « ils se marièrent et ils eurent de nombreux enfants ». C’est un conditionnement social et culturel : nous croyons, consciemment ou non, qu’il faut vivre une belle et longue histoire d’amour pour « réussir » sa vie. (Et je m’inclus là-dedans. Moi aussi, j’ai cru à ce genre de fiction – jusqu’à l’âge de 30 ans environ.)

    Je n’ai rien, encore une fois, contre le couple exclusif-fusionnel. Ce que je voulais souligner dans mon billet, c’est que nous ne devrions pas nous empêcher de vivre autre chose : aventures d’un soir, liaisons sans engagement, rencontres qui n’ont rien de particulièrement romantique, etc., parce que ces relations peuvent nous apprendre beaucoup de choses sur nous-mêmes, sur les autres, sur le monde, sur la vie. En quoi l’accumulation de connaissances et d’expériences serait nuisible en amour ? (Dans toutes les sphères de notre vie, on nous recommande d’acquérir du savoir et des compétences, d’ouvrir nos horizons, de sortir de notre zone de confort, etc. Dans tous les domaines, sauf… en amour.)

    Une aventure d’un soir, c’est un micro-récit. Une mini-histoire entre deux personnes qui débute, se déroule et se termine en quelques heures. C’est court, mais c’est instructif.

    Qu’est-ce qui empêche un individu de vivre ce genre de relation sans lendemain tout en restant à l’affût de célibataires qui aimeraient s’engager avec lui dans une histoire d’amour à long terme ? (Réponse : rien… sauf nos préjugés culturels et une morale puritaine du genre « Le couple exclusif, c’est bien, l’infidélité ou le sexe sans amour, c’est mal ».)

  16. « Qu’est-ce qui empêche un individu de vivre ce genre de relation sans lendemain tout en restant à l’affût de célibataires qui aimeraient s’engager avec lui dans une histoire d’amour à long terme ? »

    Dans un monde où tout se passe vite, la plupart des gens ne veulent pas perdre du temps. S’ils veulent quelque chose, c’est pour tout de suite. Et ça se traduit aussi dans les relations amoureuses.

  17. En quoi « LA grande histoire d’amour de notre vie, un couple exclusif-fusionnel avec l’inévitable happy end » ne peut-il pas être considéré comme une source de grands savoir, de nombreuses compétences, d’ouverture de nos horizons et de sortie de notre zone de confort? Pensez-vous vraiment que pour parvenir à se fameux happy ending le couple n’a pas eu besoin de travailler fort, d’aller au-delà de leurs conceptions initiales de l’amour, d’apprendre de nouvelles leçons, etc. pour faire d’une relation commune la relation d’une vie?

    Il y a plusieurs façon d’acquérir des compétences, d’ouvrir nos horizons, etc. En diversifiant ses activités ou en se spécialisant à fond par exemple. D’une manière ou d’une autre, on ne cesse jamais d’apprendre et de renouveler ses réflexions et apprentissages!

  18. Je ne suis pas d’accord avec l’infidélité (ce qui est différent d’un couple ouvert).

    Une bonne personne, honnête, ne trompera pas, elle laissera, ou demandera permission.

    C’est toujour le narcisisme et l’égoïsme la cause de l’infidélité.

  19. @ Illithyie : Bien sûr qu’une relation de couple à long terme peut nous apprendre beaucoup de choses, nous faire évoluer, et aussi nous inciter à sortir de notre zone de confort.

    Mais pour revenir à l’univers de la rencontre et au propos de mon billet, je crois qu’une mauvaise stratégie consiste à « se réserver » pour LA rencontre de rêve, celle qui (croit-on) débouchera immanquablement sur une relation de couple à long terme. « Se réserver », c’est souvent se condamner à la solitude… Pourquoi ne pas butiner, expérimenter, apprendre ?

  20. Je suis bien d’accord, lorsque l’on veut faire des rencontres, pourquoi s’identifier qu’à un seul type de rencontre? Pourquoi l’une ne se réserve que pour LA rencontre qui débouchera vers le long therme? Et puis, tant qu’à faire, pourquoi l’autre ne cherche-t-il que des relations d’un soir?

    Pourquoi, ceux qui entament des recherches de partenaires dans un but précis, le font avec une idée de ce qu’ils veulent en tête, alors, qu’en bout de ligne, personne ne sait absolument rien de la manière dont les choses peuvent évoluer?

    Et puis, pourquoi vouloir dissocier le comportement des gens en mode «rencontre» de ceux «en couple», comme s’ils ne s’agissait pas des mêmes gens, avec cette même propension à vouloir tout contrôler, étiqueter et mettre en boîte….

    Dans chacun de mes propos, il est toujours question de rencontre: de rencontre entre soi et l’autre. Parce que de toute façon qu’on décide de butiner ou de chercher à vivre en couple «steady», c’est toujours de cela qu’il est question: l’art de la rencontre. Un art qui, pour l’un comme pour l’autre il est préférable de ne pas avoir d’attentes, de vivre un jour à la fois et de se questionner non pas sur ce que veut ou ressent l’autre, mais sur ce que l’on ressent à ses côtés.

    Remarquez, c’est tout de même compréhensible de chercher des oranges quand c’est ce que l’on désire manger, mais qui serait assez bête pour se laisser crever de faim s’il ne trouve aucune orange, mais des pommes et autre aliment en abondance? Par chez nous, on appelle ça faire des caprices hihihihihi

  21. Dans un couple: on a tendance d’appliquer, ON, on parle souvent pour les deux, on a de la difficulté de se distinguer, surtout fusionnel en relation. Dans plusieurs cultures, les hommes et les femmes ne peuvent pas rester uniquement ensemble, ils doivent se marier, passer des batteries de tests, même chose, pour les enfants.
    Tout se fait ensemble, le partage de tout… ça peut devenir blasant mais quand tu as connu que ça, ça te fait pas de difficulté.
    S’ils décident d’immigrer, ils ont la possibilité d’observer autres moeurs… et bien des fois, l’autre ou les deux cherchent à voir et à vivre comme le pays.
    Moi, j’ai vécu une relation, qui a duré très longues années et maintenant, j’ai pris la décision de quitter, car la situation était à l’encontre de mes aspirations et aussi d’autres raisons. Au départ, les copains me disaient de le quitter car ils croyaient pas en cette histoire, et moi-même mettait en doute la survie. Mais je m’étais aucunement mis en tête la durée, mais j’avoue que je n’ai pas fermé la porte à d’autres choix, mais ça je ne le savais pas encore. Quand j’ai rencontré l’homme qui m’accompagne, il ne pouvait garantir la résistance, etc. Aujourd’hui, il m’accompagne encore, il ne change pas car je ne point cela mais il se transforme en lui et démontre l’intérêt de continuer, peut-être que je le rends curieux de savoir comme je me distinguerai dans les obstacles et les réussites.
    Certainement, je ne connais point le dénouement mais je ne regrette en rien mon choix.

  22. @Jean-Sébastien

    « … se réserver » pour LA rencontre de rêve… »

    Cette croyance est à ce point forte chez nos femmes célibataires au Québec, que j’ai l’impression que finir leurs vies seule les effraie moins que tenter d’autres sortes de rencontres, et ce n’est pas négociable !… Voilà pourquoi y a de plus en plus de célibataires, dans un pays riche comme le nôtre.

    Mais en général, hommes et femmes seul(e)s, nous avons atteint un niveau de confort qui nous empêche d’envisager quoi que ce soit qui puisse changer cette situation. Après tout, nous avons travaillé si fort pour l’atteindre… Mon condo, ma belle petite auto, ma retraite et mon chalet, amis « de qualité »… quel homme peut battre ça ?… À ce moment, l’homme (ou la femme) qui arrive devient l’accessoire ultime qui complète le tout et il/elle ne doit pas dépareiller tout le « set-up ».

    Pierre Lessard

Laisser un commentaire

 caractères disponibles