L’initiation

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30
mar

Avez-vous suivi dans les médias le procès de Tania Pontbriand, une ex-enseignante au secondaire accusée d’agressions sexuelles et d’avoir abusé de sa situation d’autorité en entretenant une relation amoureuse pendant deux ans avec l’un de ses élèves ? Au moment des faits, le jeune homme avait 15 ans ; l’enseignante, le double.

Ce procès suscite une foule de questions. À quel âge peut-on consentir, en toute connaissance de cause, à une relation sexuelle ? Un enseignant ou une enseignante qui tombe sincèrement en amour avec l’un(e) de ses élèves, est-ce un crime ? Peut-on être coupable d’avoir aimé ?

Le récit de la relation amoureuse entre Tania Pontbriand et son élève est olé-olé : relations sexuelles dans le bureau de l’enseignante, le mari qui surprend sa conjointe endormie au lit avec son jeune amant… On croirait du théâtre de boulevard !

À la découverte du plaisir

Une « cougar » à la recherche de chair fraîche. Grrr...

Quelques personnes dans mon entourage ont vécu une relation comparable à celle de Tania Pontbriand et son amant adolescent. Ils et elles en ont tous gardé un excellent souvenir. Le souvenir d’une initiation à l’amour, au désir, au plaisir.

Voici deux témoignages anonymes, glanés hier dans mon cercle d’amis (il s’agit respectivement d’un homme et d’une femme, tous deux dans la trentaine).

C’était un samedi soir du printemps 2004, dans un café montréalais.

Une brunette de 48 ans me regarde, m’analyse de la tête aux pieds et vice-versa. Son regard vert est intense, ses lèvres au « gloss » rouge foncé remuent en formant un sourire concupiscent.

« Moi, c’est D. », dit-elle en me demandant mon nom, que je m’empresse de révéler en dévoilant un certain inconfort vu mes 23 ans — et demi.

Ses intentions me paraissent déjà sans équivoque. « T’as envie de boire une bouteille de vin avec moi ? », me chuchote-t-elle.

Je suis envoûté par l’énergie se dégageant de D. alors qu’elle me fait la causette. Son parfum m’ensorcelle. La texture de sa peau est agréable au toucher, comme un vin bien vieilli l’est au palais. Et je ne touchais encore que les endroits publiquement acceptables…

La tension — sexuelle — est palpable tout au long de nos échanges… D’abord indisposé, puis de plus en plus détendu (le vin aidant, sûrement), complètement électrisé par ce qui allait inévitablement arriver au terme de la soirée : j’allais faire l’amour à cette femme de 25 ans mon aînée.

La bouteille rapidement siphonnée au rythme d’une conversation somme toute banale (un simple prétexte pour tuer le temps), elle propose d’aller chez moi. « Ma fille n’aimerait pas bien ça que je te ramène chez moi », dit-elle.

Après un trajet de taxi (une séance de peep-show habillé pour le bénéfice du chauffeur), c’est dans ma chambre que se poursuit ce qui est encore, à ce jour, la partie de jambes en l’air la plus mémorable de ma vie.

Je garderai les détails les plus salaces pour moi, je tiens à ce souvenir qui demeure intarissable. Je le résumerai en une seule phrase, celle que D. me souffla à l’oreille alors que, fidèle à mes habitudes, je prenais les rênes de la baise : « Couche-toi sur le dos, je m’occupe de tout… »

Aujourd’hui, les gens sont tellement narcissiques, tellement imbus d’eux-mêmes, tellement égoïstes, qu’ils ont de la misère à donner… Ils veulent juste prendre et recevoir. Moi, à 19 ans, je suis tombée en amour avec un homme de 43 ans. Et il se donnait. J’avais un homme dans mes bras, je me sentais tellement femme ! C’est avec lui que j’ai découvert que les orteils, ça se mange. Que des zones érogènes, il y en a plusieurs. Que faire l’amour, ce n’est pas que la pénétration. Notre relation a duré presque trois ans. C’était… wow !

Vous avez été « initié(e) » par un(e) partenaire qui avait deux fois votre âge ? S.v.p. racontez-nous ce que vous avez vécu.

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5 commentaires

  1. J’ai eu bien des demandes, mais je n’y touche pas. La jeunesse qu’ils veulent ramasser, je la veux, mais moi je l’ai aussi à donner.

    Je trouve ça ridicule de calculer l’expérience en âge, ce qui est souvent leur argument. Et en plus, me dire que l’expérience avec les autres compte pour avec moi, c’est ne pas m’individualiser comme je le mérite

    Sinon, c’est dur à dire, l’âge. Est-elle coupable d’avoir aimé ? Non, d’avoir passé à l’acte.

    De plus, j’ai bien hâte que les gens arrêtent d’utiliser “faire l’amour” quand on aime pas. En effet, faire l’amour c’est plus que la pénétration, ça implique de l’amour. Le reste, c’est forniquer, avoir une relation sexuelle, fourrer si on veut être plus vulgaire.

  2. Être initié sexuellement par une personne d’expérience, ça peut être magique, bien d’accord. Et si la relation est librement consentie et que le jeune a plus de seize ans, le partenaire peut bien en avoir quarante (ou quatre-vingt!), c’est légal. Mais dans ce cas-ci, le problème réside dans la relation d’autorité entre un professeur et son élève. Dans toutes les relations médecin-patient, psychologue-patient, professeur-élève, etc., les relations amoureuses sont interdites. C’est au professeur ou au psychologue à se contrôler, pas au patient ou à l’élève! J’enseigne aux adultes et j’ai déjà eu un béguin partagé pour un élève adulte de ma classe. J’ai attendu que l’année soit terminée et les notes remises pour sortir avec lui. Je l’ai d’ailleurs fait changer de classe pendant l’année prétextant qu’il était trop fort pour ma classe, ce qui n’était pas totalement faux.

    Je crois que vous vous égarez en comparant les expériences magnifiques de jeunes adultes avec des mentors sexuels plus âgés à la situation de ce procès, impliquant une professeure et son élève mineur. Dans le premier cas, la loi et l’éthique sont respectées, dans le second, non.

    Une femme libre
  3. @ Une femme libre : Je n’ai pas d’opinion arrêtée sur le procès de Tania Pontbriand. (Je laisse au juge le soin de juger l’ex-enseignante.) Je voulais seulement me servir de ce fait divers judiciaire pour parler des relations impliquant un(e) jeune avec un homme ou une femme d’expérience.

    J’aime bien le concept de “mentorat” amoureux ou sexuel. Initier un jeune homme ou une jeune femme, transmettre son savoir-faire…

  4. Si je me souviens bien, j’ai eu deux expériences sexuelles avec deux femmes âgées de plus de 35 ans au début de ma vingtaine. La seule chose que je peux dire c’est qu’elles étaient très différentes des femmes plus jeunes que j’ai connues. Elles étaient bien plus spontanées, savaient exactement ce qu’elles voulaient et n’avaient pas peur de conduire la relation. Ce n’était pas mécanique comme le font la plupart de jeunes femmes. Je ne nie pas, je fantasme toujours de rencontrer à nouveau des femmes plus âgées. Elles sont des compagnes fort agréables.

  5. Je suis d’accord avec Une femme libre par rapport au respect des codes de déontologie et le maintient d’une certaine distance émotive entre un “client” et un “fournisseur”. Ces relations n’ont pas leur place dans un contexte professionnel.

    Je suis d’accord aussi avec le fait qu’on soit prévenants dans les relations impliquant des personnes ayant une grande différence d’âge. Même si plusieurs en tirent une certaine satisfaction, à un niveau ou à un autre, le risque d’abus est là.

    Je me questionne cependant à savoir si le traumatisme ne viendrait pas parfois des jugements de l’entourage plutôt que de la relation en soi. Dans le cas mentionné, il ne s’agit pas que d’une fois ou deux ni de quelques semaines, mais de deux ans!

    Je ne peux pas parler pour tous les jeunes, mais je sais qu’à 15 ans, malgré une certaine ignorance de quelques concepts “relationnels”, je savais ce que j’aimais ou ce que j’aimais moins et je ne restais pas dans un situation inconfortable! Si d’une quelconque façon, l’enseignante a fait des menaces ou du chantage au jeune garçon pour obtenir ce qu’elle voulait de lui, c’est condamnable, mais si il était participatif et consentant, je ne vois pas en quoi c’est une “victime”.

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