Le plus beau jour de notre vie

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19
fév

Le 14 février dernier, j’ai participé à une émission de la chaîne MAtv Montréal, OPEN télé. Une table ronde sur le mariage, avec huit intervenants (incluant votre humble serviteur).

Débat très intéressant par moments, notamment lorsqu’il a été question des aspects légaux et financiers de la vie conjugale — l’affaire judiciaire Éric contre Lola, tranchée par la Cour suprême du Canada le 25 janvier dernier, a été fréquemment commentée sur le plateau télé.

Mais comme d’habitude avec le mariage, les discussions comportaient une bonne dose de clichés romantiques et de mièvreries sentimentales. Notamment le sempiternel « c’est le plus beau jour de notre vie ».

Le mariage, le plus beau jour de notre vie ? Heu… non. Je ne suis pas d’accord.

Plonger

Le plus beau jour qui soit, ce n’est pas celui du mariage. C’est celui de la naissance d’un amour.

Ce jour béni où l’on sent que nos efforts portent enfin leurs fruits — lorsqu’il a fallu user de mille stratégies et faire preuve d’une patience infinie pour gagner la confiance, puis le cœur de l’autre.

Le jour de la Grande Déclaration d’Amour, ce vertigineux plongeon. On respire profondément, on concentre toute notre volonté — malgré notre nervosité — et on lâche une bombe : « Je t’aime ! » Si l’autre nous répond : « Ouiiiiii, moi aussi je t’aime ! », ça y est, notre existence bascule, plus rien ne sera comme avant.

Tomber en amour, comme on se laisse tomber du haut d’une falaise, est un sport extrême : il faut surmonter nos peurs, lâcher prise, ne plus intelllectualiser, se fier à ses intuitions et suivre ses élans. (En fait, il arrive souvent qu’un individu entreprenne de conquérir l’autre ; lorsque sa « proie » consentante s’abandonne au désir, bingo !, l’amour surgit.)

Je suis personnellement convaincu qu’il n’existe pas de sensation plus euphorique que celle d’un amour naissant. (On dit aussi que donner naissance à un enfant procure un high incomparable, malgré la douleur de l’accouchement…)

On peut évidemment revivre la naissance d’une relation amoureuse, ce tsunami émotif et sensuel, avec un autre homme ou une autre femme. Le plus beau jour de notre vie… à plusieurs reprises dans notre vie ! Pas beau, ça ?

La corde au cou

La cérémonie du mariage, pour sa part, sert à institutionnaliser un couple, à le couler dans le béton. Les partenaires se promettent publiquement un engagement sans faille, la fidélité, etc.

Que des gens trouvent ça beau, tant mieux pour eux, mais personnellement je ne vois pas de ce qu’il y a d’émouvant dans l’absurde promesse de fidélité-pour-la-vie que se font les mariés (devant témoins en plus, comme si le prêtre, le notaire, la famille et les amis invités aux noces avaient un droit de regard sur l’intimité des partenaires !), dans cette culture de la résignation (« pour le meilleur et pour le pire ») et de la pensée magique — lorsqu’on croit que le mariage procure une garantie de bonheur que l’union libre ou tout autre arrangement amoureux ne permettraient pas d’obtenir. Pas étonnant qu’au Québec, 50 % des couples mariés finissent par divorcer

Et voici une question que peu de gens veulent entendre : sur les 50 % de couples mariés qui tiennent le coup, combien endurent une p’tite vie plate ? Combien se disent : « Je n’aurais jamais dû me marier ! Je suis en train de rater ma vie. Le bonheur est ailleurs, il doit sûrement exister d’autres manières de vivre l’amour… »

Tant de gens mariés finiront par retomber en amour avec quelqu’un d’autre. Pour une raison bien simple : ils et elles ont terriblement envie de revivre la merveilleuse ivresse de la rencontre et du premier « Je t’aime » réciproque. Un désir tout à fait naturel, humain. (Le mariage, en revanche, n’a rien de naturel, c’est un phénomène culturel.)

Image de rêve d’un mariage de rêve. Ceux et celles qui ne parviennent pas à vivre cet idéal se croient souvent anormaux, incompétents, d’autant plus que rien ne les encourage à définir eux-mêmes leur propre univers amoureux, loin des stéréotypes. (Source : Beercha, Wikimedia Commons)

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  1. Le plus beau jour de notre vie, c’est celui qu’on considère le plus beau jour de notre vie. Pour certains, c’est bel et bien le jour de leur mariage et non celui de leur rencontre. On peut rencontrer plein de partenaires potentiels, avoir le coeur qui bat la chamade, les genoux défaillants et les mains moites et fonder une tonne d’espoir sur ce coup de foudre si agréable. La magnifique relation commencée si romantiquement prendra l’eau.

    Mais choisir de s’engager envers quelqu’un dont on connaît les magnifiques qualités et également les défauts, choisir de s’unir pour le meilleur et le pire, faire le grand pas, toutes ces expressions traditionnelles reflètent bien pourquoi cette décision peut mener vers le plus beau jour de notre vie, quand on déclare publiquement et législativement notre amour au monde entier.

    On n’a plus besoin de se marier de nos jours pour partager la vie de son conjoint, si on choisit de le faire, pourquoi ne serait-ce pas le plus beau jour de sa vie?

    Pas le plus beau jour de sa vie pour tout le monde, le jour du mariage, mais si ce l’est pour certaines personnes, c’est certainement à respecter!

  2. Le mariage est un sacrement religieux et personne ne croit plus à la religion. Les gens n’ ont gardé que les symboles… baptème, mariage, obsèques.

    Je me demande pourquoi. Quand tu abandonnes la religion, tu devrais en abandonner aussi les symboles, non?

    Pour ma part, pour les jeunes d’aujourd’hui, le mariage est un geste purement matérialiste… La robe blanche, le mariage sur une plage dans le Sud, etc.

    Les jeunes sont deux fois plus matérialistes que nous l’étions.

    Et se marier est un trip comme un autre. Juste pour flasher.

    Je suis en union libre depuis 38 ans. Ce n’est pas la promesse de fidélité qui nous a tenus ensemble.

    C’est parce que nous nous aimons vraiment.

  3. Je suis d’accord avec Une Femme Libre:

    “Le plus beau jour de notre vie, c’est celui qu’on considère le plus beau jour de notre vie. Pour certains, c’est bel et bien le jour de leur mariage et non celui de leur rencontre.”

    Qui sommes-nous pour juger de ce que DEVRAIT être leur plus belle journée!??

    JP Bouchard dit:

    “Personne ne croit plus à la religion. Les gens n’ont gardé que les symboles… baptème, mariage, obsèques.

    Je me demande pourquoi. Quand tu abandonnes la religion, tu devrais en abandonner aussi les symboles, non?”

    Entièrement d’accord avec vous là-dessus!

    Je me suis mariée religieusement il y a 34 ans surtout pour la belle robe, la cérémonie, faire plaisir à nos parents qui étaient des deux côtés très religieux et pour respecter une tradition, mais gardez en tête que j’avais 25 ans et que je ne voulais pas me battre avec eux…

    Si c’était à recommencer, ce serait à l’hôtel de ville, mariage civil avec stricte cérémonie et vraiment peu d’invités!

    Mr. Marsan dit: “Tant de gens mariés finiront par retomber en amour avec quelqu’un d’autre. Pour une raison bien simple : ils et elles ont terriblement envie de revivre la merveilleuse ivresse de la rencontre et du premier « Je t’aime » réciproque. ”

    et:

    ” sur les 50 % de couples mariés qui tiennent le coup, combien endurent une p’tite vie plate ? Combien se disent : « Je n’aurais jamais dû me marier ! Je suis en train de rater ma vie. Le bonheur est ailleurs, il doit sûrement exister d’autres manières de vivre l’amour… »”

    Ben voyez-vous, OUI ça se peut d’être heureux à deux, nous cela fait 34 ans, presque 35.

    Je ne vous dis pas que la formule s’applique à tout le monde, car on est tous unique, différent ainsi que dans notre besoin d’avoir une vie à deux oui ou non!

    Je ne vous dis pas non plus qu’on ne devrait pas remettre en question le couple et le mariage en 2013, car il y a en effet beaucoup d’échecs de nos jours!

    Si le bonheur pour vous est de revivre continuellement encore et encore “la première ivresse du premier “je t’aime”, toujours et encore et encore avec des personnes différentes tout le temps, alors dans mon opinion, vous manquez un ti-peu de maturité, là! Car le coup de foudre ne dure qu’un temps… mais si vous êtes heureux de même, je retire ce que j’ai dit car je n’ai pas le droit de vous juger plus que vous ne le faites pour la vie platte et “absurde” des gens mariés.

    Être heureux ne veut pas dire être continuellement sur le “speed” de la passion amoureuse, certains d’entre nous réalisons que les gens changent avec le temps tout comme le sentiment amoureux qui s’ajuste et peut devenir moins enivrant certes, mais plus stable, tranquille, paisible et qu’il faut travailler continuellement sur notre couple pour qu’il dure, si c’est ce que l’on veut mutuellement.

    Je sais cependant que ce n’est pas fait pour tout le monde, que cela demande plus d’efforts que de juste jeter l’éponge et…

  4. @ Diane H. : Le mariage est une institution. On a le droit de le critiquer, tout comme on critique les autres institutions.

    Oui, il y a des gens heureux en mariage (j’en connais plusieurs). Tant mieux pour eux. Je respecte leur choix, évidemment.

    Mais ce qui me fait suer, c’est quand on me dit (sur le ton d’une évidence qui n’admet aucune remise en question) : “Le mariage est le plus beau jour de notre vie”.

    Ce n’est pas vrai que le mariage est un idéal pour tous (à preuve, son taux d’échec très élevé). Tout individu a le droit de s’autodéterminer, de créer son propre univers amoureux.

    Enfin, je suis convaincu que les individus en couple ne devraient jamais cesser de faire des rencontres. Pourquoi ? Parce que c’est ainsi que nous sommes faits. L’être humain est l’animal social par excellence, curieux, motivé par ses désirs, toujours en train de transformer son environnement.

    La maturité, à mon humble avis, c’est d’admettre que personne, sur Terre, ne peut combler 100 % de nos besoins; c’est croiser de nouveaux visages, élargir son réseau social, retrouver le plaisir de séduire.

  5. “Enfin, je suis convaincu que les individus en couple ne devraient jamais cesser de faire des rencontres.”

    Oui oui monsieur Marsan, on est courant que vous êtes pour l’infidélité! ;-)

    “Mais ce qui me fait suer, c’est quand on me dit (sur le ton d’une évidence qui n’admet aucune remise en question) : “Le mariage est le plus beau jour de notre vie”.”

    Si deux personnes vous disent ça en parlant de leur mariage, pourquoi leur perception du plus beau jour de leur PROPRE vie vous ferait suer? Ça ne vous regarde pas, mais vous pouvez bien sûr penser ce que vous en voulez… pas besoin de nous faire ressentir votre mépris à ce qu’EUX trouvent être le plus beau jour de leur vie! (jalousie?)

    Eh oui, un couple ne devrait pas vivre en vase clos et continuer à faire des rencontres et se faire des ami(e)s, évidemment! On a tous besoin de contact sociaux, je le conçois.

    En fait, je vois le couple comme un triangle:

    Il y a moi qui doit nécessairement prendre soin de moi, avoir mes propres activités pour ne pas me laisser étouffer par mon conjoint et ne vivre QUE pour et par lui.

    Il y a lui qui doit nécessairement prendre soin de lui, avoir ses propres activités pour ne pas se laisser étouffer par sa conjointe et ne vivre QUE pour et par moi.

    Et il y a le couple que l’on doit soigner et faire grandir, voir évoluer et nourrir comme une plante, par le partage et le dialogue, sinon eh bien, il meurt….

    Oh et au milieu viennent parfois les enfants qui je l’avoue, compliquent un peu (souvent) les choses et le temps à partager, surtout au début.

    Oh en passant pour moi, le plus beau jour de ma vie ça a été la naissance de mon premier! :-)

  6. @ Diane H. : Sérieusement, je ne suis pas pour (ou contre) l’infidélité… L’infidélité existe, elle est assez répandue, alors je crois qu’il vaut mieux en débattre. Qu’on le veuille ou non, l’infidélité fait partie de la vie amoureuse.

    (En passant, l’infidélité n’est pas que sexuelle. Dans bien des couples malheureux, on voit monsieur ou madame qui “trompe” l’autre avec son travail, par exemple – lorsque tous les prétextes sont bons pour rester au bureau le plus tard possible, tous les jours ou presque…)

    Cela dit, j’aime bien votre modèle du triangle.

  7. Monsieur Marsan, là vous avez un bon point!

    Il y a beaucoup d’infidélité alors il y aurait matière à se poser bien des questions sur le couple à long terme, ça je vous l’accorde!

    Parfois je me dis que les gens se mettent bien trop vite en couple, sans savoir d’abord ce que chacun veut vraiment, où il en est rendu, et qu’ils vont trop vite en affaire pour vivre ensemble sans vraiment se donner le temps de bien se connaître.

    Je crois aussi qu’il faut faire sa “vie de garçon” ou “vie de fille” avant de s’engager à long terme et surtout de partir en famille….

    Votre exemple de la personne qui reste continuellement au bureau et qui est bourreau de travail, je le trouve judicieux!

    Car ça révèle en effet une sorte de trouble obsessif, ces “workalcoolics”, et que ces deux personnes sont malheureuses.

  8. @ Diane H. : Vous avez écrit “Parfois je me dis que les gens se mettent bien trop vite en couple, sans savoir d’abord ce que chacun veut vraiment”.

    Pour ma part, j’ai l’impression que bien des gens ne veulent pas séduire, ne veulent pas faire des rencontres, se révèlent terrorisés devant la perspective de faire les premiers pas, etc. La seule chose qui les intéresse, c’est de se “caser” au plus vite. De vivre en couple pour vivre en couple. Ils croient que le couple pépère, collé-collé, est “la” condition du bonheur, la seule manière de vivre heureux.

    Ensuite, il ne leur restera plus qu’à attendre la mort… le plus confortablement possible.

  9. Le jour de mon mariage, j’avais à peine dormi, il y avait eu de la bisbille au salon de coiffure entre «mes filles», j’ai fait arrêter la voiture en plein milieu du trajet et je me suis précipitée dans un bar douteux pour apaiser une urgente envie d’uriner, je suis arrivée en retard à mon propre mariage, j’avais les orteils douloureux, et ma bouquettière à fait la baboune au photographe toute la journée, mais quand je l’ai vu, au bout de l’allée, la bouffée de tendresse que j’ai ressentie était sans pareille, tout ce qu’il y avait autour de nous a disparu, je ne voyais plus que lui. Son regard plongé dans le mien, plein de tendresse, scintillait comme jamais. Quand le prêtre à demandé s’il voulait m’épouser, mon mari s’est exclamé vivement d’un gros «Hoooo oui!». Lui qui n’avais jamais été très exclamatif, m’a complètement renversé ce jour-là. Il a toujours été timide, mais ce jour-là, il ne s’est pas gêné pour me murmurer à l’oreille un coquin et très suggestifs «et si nous disparissions sous les nappes…» Son regard était brûlant de désir.

    Quoi qu’il en soit, le jour de mon mariage n’est peut-être pas le plus beau jour de ma vie (je vis encore et chaque jour est une surprise auprès de lui), mais c’était, sans l’ombre d’un doute, un jour extraordinairement merveilleux et jamais je ne l’oublierai!

    C’est peut-être kitch et vous pouvez bien vous convaincre que ma vie super ennuyante si ça vous console de le croire, mais je tiens à raconter mon expérience, parce que des couples mariés et heureux, qui trippent vraiment ensemble dans la vie, ça existe aussi!

  10. J’aime bien la description du jour de votre mariage, Géraldine!

    Ben oui y’en a qui vont trouver ça *kitsch* et nous trouver plate, ennuyant, *attendant la mort*, mais nous on se comprend!

    Pour ceux qui se moque de ça, on ne *trippe* pas tous de la même manière, vous savez! :-)

  11. Je me suis marié cet été et je vous assure M. Marsan que ce jour était le plus beau jour de ma vie. Quoi de mieux que d’être entouré de ma famille, mes amis et la femme que j’aime.

    Je dois admettre que si je m’étais marié avec une des filles que je fréquentais avant de rencontrer mon épouse, je ferais partie du 50% des divorcés. J’étais celui à décourager mes amis du mariage pour les raisons que vous mentionnez. Je leur avait dit que vous allez me voir avec une nouvelle fille à chaque année. Je croyais vraiment être avec la même fille dans un corps différent.

    Tout ça pour dire que vous n’avez tout simplement pas rencontré la bonne. C’est très cliché je sais, mais c’est vrai. Je serais d’accord avec votre article si je n’avais pas rencontrer la bonne. Je l’ai rencontrer à 38 ans et je pensais exactement comme vous avant de la rencontrer. J’ai l’impression d’aimer ma femme à chaque plus qu’hier. Si je n’avais pas rencontrer la bonne, je suis convaincu que je serais célibataire ou en couple avec les mêmes pensées du mariage que vous.

  12. @ Arthur : Vous vous êtes marié cet été et ce fut le plus beau jour de votre vie ? C’est très bien ! Je n’ai rien contre.

    Maintenant, une question – qui est au coeur de mon billet ci-dessus : en quoi le mariage serait une bonne chose pour tous ?

    “Tout ça pour dire que vous n’avez tout simplement pas rencontré la bonne”, écrivez-vous. Je ne suis pas d’accord avec cette idée qu’il faut rencontrer “la” bonne personne, l’homme ou la femme qui nous convient parfaitement, pour enfin se marier. C’est le mythe de l’âme soeur, un de ces clichés romantiques qui a le don de m’irriter…

    “La” bonne personne, c’est une vue de l’esprit. Dans le monde réel, il y a “des” personnes. Des humains qui ont des qualités et des défauts, avec qui on essaie d’être heureux.

    Qu’est-ce qui me permet de croire que la femme que j’aime actuellement serait “la” bonne ? Rien. Je n’ai pas la science infuse et je ne peux pas prédire l’avenir.

    J’ai connu pas mal d’individus dans ma vie. Personne n’était “la” bonne personne, pas plus en amour qu’en amitié ou au travail ou pour quoi que ce soit. Mais plusieurs étaient extraordinaires.

    Dans le mariage, il y a la volonté de mettre fin à la solitude et au manque, d’assurer au couple un bonheur constant. Et ça ne fonctionne pas, parce que la solitude et le manque font partie de la condition humaine. D’autant plus que l’amour est souvent instable, par nature.

    *****

    Pour revenir au propos de mon billet, je vais vous raconter une anecdote.

    Il y a quelque temps, un couple de mes amis (des partenaires en union libre, ils n’ont jamais voulu se marier) a organisé un gros party pour fêter les 20 ans de leur rencontre. Ce fut une belle soirée, avec de la famille et beaucoup d’amis.

    Au cours des 20 dernières années, ce couple a vécu des hauts et des bas. Lors d’un épisode particulièrement pénible, ils se sont disputés pendant plusieurs mois, n’habitaient plus ensemble, ont failli rompre pour de bon. Puis ils se sont retrouvés.

    Si cet homme et cette femme s’étaient mariés il y a 20 ans, ils se seraient promis fidélité, de faire vie commune, etc. Des promesses qui n’auraient pas été respectées…

    Aujourd’hui, ils s’aiment aussi passionnément qu’il y a 20 ans, sinon plus. Et je crois que s’ils sont toujours ensemble aujourd’hui, c’est – en partie – parce qu’ils ne se sont jamais mariés : les promesses et obligations du mariage leur auraient probablement été trop pénibles à supporter, de quoi attiser leurs disputes et les amener au point de non-retour.

  13. «La bonne personne» ça ne signifie pas «la seule et unique personne qui peut vous convenir!» Cela signifie seulement que cette personne-là vous convient mieux que toutes celles que vous avez rencontré auparavant, qu’elle se distingue par la complicité que vous partagez avec elle, par la manière dont vous parvenez à vous entendre avec elle, à résoudre vos conflits, à trouver des solutions ensemble, mais aussi, parce qu’elle partage certaines ressemblances qui compte particulièrement pour vous (les valeurs, ou les loisirs ou encore, les objectifs). C’est quelqu’un avec qui bâtir un projet de vie est non seulement possible, mais agréable et passionnant!

    Personnellement, je ne dis pas que la mariage est une bonne chose pour tous le monde, mais c’est tellement cliché de parler des 50% de taux de divorce et de dire que ceux qui ne divorcent pas vivent une vie sans intérêt. Y’a moyen de parler de la diversité des relations possible sans dénigrer le couple marié, me semble… En tout cas, l’argumentation ressemblerait moins au discours d’une personne qui a essayé le mariage fusionnel et qui en est ressorti écorché vif parce qu’elle a réalisé qu’elle s’était marié pour les mauvaises raisons (pour correspondre à un idéal qui n’était pas vraiment le sien par exemple) et qu’elle n’avait pas développé une relation de couple qui lui convenait parfaitement!

    Pourquoi les gens se marient-ils encore aujourd’hui si ce discours, qu’on chante et assaisonnent à toutes les sauces depuis les années 80 est si vrai? Parce qu’aucun d’eux n’a compris qu’il y avait d’autres chemins? J’en doute!!! Les unions heureuses existent, aussi diversifiées soient-elles et quand on l’observe, ça donne le goût de croire que nous aussi, on peut se faire une relation à notre goût (mariage ou pas, exclusivité sexuelle ou pas, etc…) L’important c’est de se respecter dans ce qui NOUS convient.

    J’ajouterais ceci, c’est une illusion de croire qu’il n’y a que la mariage qui suggère l’idée de mettre fin à la solitude et de s’assurer un bonheur constant parce qu’en vérité c’est l’adage de toutes relations! On va vers les autres, pour ne plus être seul, on se lie d’amitié pour préserver un bonheur… Faut cesser de tout mettre sur le dos du mariage!

  14. Géraldine, je suis bouche bée, c’est ce que j’allais écrire presque mot pour mot! :-)

    Mr. Marsan dit:

    “Je crois que s’ils sont toujours ensemble aujourd’hui, c’est – en partie – parce qu’ils ne se sont jamais mariés : les promesses et obligations du mariage leur auraient probablement été trop pénibles à supporter, de quoi attiser leurs disputes et les amener au point de non-retour.”

    C’est ce qui convient à votre couple d’amis en union libre et c’est ben correct.

    Cependant, pourquoi un bout de papier légal les auraient-ils fait divorcer au lieu de régler leurs problèmes comme ils l’ont fait étant en union libre? Car ce qui comptent c’est qu’ils s’aimaient encore et aient été assez matures pour régler leurs conflits, mariés légalement OU non?

    Pour finir, j’espère de tout coeur qu’ils ont au moins une sorte de contrat d’union libre ou je ne sais comment cela s’appelle…

    …un peu pour éviter les fichus problèmes en cas de séparation, comme dans le cas Éric/Lola!

  15. @ G_raldine : “c’est tellement cliché de parler des 50% de taux de divorce et de dire que ceux qui ne divorcent pas vivent une vie sans intérêt”.

    Non, ce n’est pas cliché. Le mariage et le couple en général sont des institutions qui fonctionnent très mal. Quand j’essaie de comprendre pourquoi, tout ce qu’on me rétorque c’est : “Moi, je suis marié et je suis heureux”, “Tu n’as pas encore trouvé la bonne personne”, etc. Je cause d’un problème social et on me répond avec des anecdotes individuelles…

  16. “Le mariage et le couple en général sont des institutions qui fonctionnent très mal.”

    Monsieur Marsan, je pense que c’est une question de personnalité et si vous ne vous sentez pas fait pour ça, eh bien ne vous mariez pas et ne vous mettez même pas en couple!

    J’admire et j’approuve les gens qui se connaissent assez et qui sont assez lucides pour décider de vivre en célibataire, ce qui ne veut pas dire de se priver de faire de magnifiques rencontres!

    Une de mes grandes amies d’ailleurs a su assez tôt dans sa vie qu’elle n’était pas faite pour le mariage et la maternité. Elle a vécu bien sûr les hauts et les bas du célibat mais elle a toujours assumé son choix. Elle est heureuse ainsi et elle a un tas d’ami(e)s et quand elle regarder derrière elle, oui parfois elle trouve difficile de vieillir seule, mais elle ne changerait rien au passé, elle est bien comme ça.

    C’est une bonne vivante qui a aujourd’hui 56 ans et un “ami-santé” (seigneur que j’haïs ce terme, pourquoi on ne dit pas tout simplement un *f***-friend*? ;-)

    En vivant en célibataire et en annonçant toujours ses couleurs aux hommes qu’elle rencontrait pour ne pas qu’ils s’attachent a elle, elle n’a ainsi fait de mal et de tort à personne.

    Bon, si on vous parle de nos expériences personnelles, c’est peut-être parce que pour nous c’est un bon exemple mais comme chaque être est unique et différent, je sais bien que je n’irais pas prêcher le mariage qui a fonctionné pour moi comme le but ultime, surtout que vos statistiques de 50% d’échec est assez vrai!

    Pour l’autre 50% des gens qui selon vous “tiennent le coup”, là c’est vous qui le voyez ainsi selon VOTRE perception, car vous pensez qu’ils ont une “p’tite vie plate” parce que pour vous, être en couple n’est pas naturel…

    Qui vous dit qu’ils ne sont pas heureux comme ça?

    Le bonheur de tous les jours ne veut pas dire nécessairement pour tous cette sensation d’être *high* car dans un état passionnel continuel, vous savez…

    Être en couple veut aussi dire faire des compromis…

    Si on choisit de vivre avec quelqu’un, marié ou non, on a fait un choix et que, pour paraphraser Géraldine:

    “cette personne-là vous convient mieux que toutes celles que vous avez rencontré auparavant, qu’elle se distingue par la complicité que vous partagez avec elle, par la manière dont vous parvenez à vous entendre avec elle, à résoudre vos conflits, à trouver des solutions ensemble, mais aussi, parce qu’elle partage certaines ressemblances qui compte particulièrement pour vous (les valeurs, ou les loisirs ou encore, les objectifs). C’est quelqu’un avec qui bâtir un projet de vie est non seulement possible, mais agréable et passionnant!”

    C’est sûr qu’il va falloir accepter aussi la conséquence de notre choix!

    Je savais en m’unissant à mon mari qu’il ne représenterait pas 100% de tout ce que je voulais chez un être humain, qu’il ne m’apporterait pas le Bonheur avec un grand B à 100%.

    Nous avons eu nos hauts et nos bas et même une forte remise en question dans la quarantaine alors que j’avais même envisagé le divorce.

    Nous avons consulté et pour nous ça a marché.

    Moi je crois que l’on soit en couple ou bien célibataire, ce n’est jamais le rêve à 100% et que chaque choix a ses hauts et ses bas!

    Pour ce qui est de tenter d’expliquer de comprendre pourquoi les gens veulent toujours en majorité se mettre en couple, je ne suis pas psychologue mais je crois que ça existe depuis que le monde est monde… alors il doit y avoir une raison!

    Autrefois à ce que j’ai déjà lu, c’était surtout pour assurer la sécurité des enfants je crois.

    Mais malgré le taux d’échecs déplorable du mariage, si l’être humain veut toujours partager sa vie avec un autre être, je crois que ça veut dire qu’il y a quelque chose de fort là-dedans et ça pourrait être le sujet d’un autre billet!

    Tiens, je me demandais aussi ce qui était arrivé aux fameuses communes, comme dans les années 70-80 où c’était l’amour libre à profusion pour tous… est-ce que ça existe encore ou si ça existe si peu ou plus du tout… alors pourquoi ça n’a pas marché à long terme?

    Ça pourrait être aussi le sujet d’un autre billet, non? :-)

  17. Oui, c’est cliché parce que c’est ce qu’on répond toujours quand on parle des raisons de ne pas se marier!

    C’est normal que les gens répondent par leur expérience personnelle, parce que la multitudes des cas individuels qui sont mentionnés confirme qu’on ne peut pas généraliser l’ensemble des mariages qui durent au tableau du couple qui se contente d’une vie misérable par peur de la solitude.

    Mais si vous tenez à une explication plus généraliste sur les raisons qui font que le mariage et les relations ne fonctionent pas parfaitement, allons-y! Nous sommes des êtres paradoxaux et complexes: nous besoin de notre individualité et de la proclamer dans tout ce qu’elle a d’unique, et en même temps, nous avons besoin d’être en relation avec les autres et de se faire rassurer sur notre normalité.

    Mais comme si ce n’était pas déjà un défi suffisamment difficile, nous sommes en plus des êtres changeants et en mouvement. Constamment en processus de prise de conscience de ce que nous sommes, nous expérimentons la vie et apprenons davantage sur nous de jours en jours.

    La difficulté du mariage et des relations donc, résident principalement dans ce défi, celui de conjuguer harmonieusement deux individus semblables et différents qui évoluent individuellement ensemble.

    Cela dit, ce défi est tout à fait réalisable quand: on a une connaissance de soi relativement bien développée; qu’on parvient à équilibrer son besoin de correspondre à la norme et d’assumer son unicité sereinement peut importe le regard que les autres posent sur nous, et finalement, quand on reconnait, en dehors de toute les idées préconcues, la dynamique relationnelle qui correspond VRAIMENT à ce que nous aspirons à vivre. Alors, le couple et la mariage n’apparaissent plus comme des institutions dysfonctionnels, mais comme une réelle source de bonheur et d’épanouissement!

    Or, il arrive souvent, trop souvent, qu’on s’engage dans une relation de couple sans avoir d’abord développé une relation équilibré avec soi-même. L’expression «LA bonne personne» réfère donc aussi, à LA relation fonctionnelle qu’on parvient à avoir avec une tierce personnes quand, après plusieurs expériences de relations, on a fini par découvrir qui l’on est et ce que l’on aime vivre.

    Il n’y a pas de problèmes qui peuvent être résolus avec le même degré de conscience que celui qui l’a causé… et l’homme a besoin de se comparer pour se définir… C’est pourquoi toute relation est apprentissage, et la relation «qui fonctionne» bien est souvent ce qu’on parvient à atteindre qu’une fois qu’on a expérimenté plusieurs relation dysfonctionnelles qui nous auront permis de mieux se connaitre.

  18. Merci Diane H. et G_raldine pour vos longs commentaires.

    Pour votre info, j’ai déjà été marié, séparé, divorcé, j’ai vécu plusieurs unions libres, j’ai fréquenté des femmes mariées, j’ai aussi vécu plusieurs années de célibat, j’ai habité seul et j’ai partagé un appartement communautaire, je me suis fait draguer par des gays (sans succès, je suis 100 % hétéro…) et je suis même allé jeter un coup d’oeil chez les échangistes – je n’ai pas trouvé ça excitant du tout.

    Quand je repense à ce que j’ai vécu, je tire trois conclusions.

    1. Il règne au Québec (et dans l’Amérique du Nord en général) une pensée unique amoureuse – tout comme il existe une pensée unique en politique, en économie, etc. La pensée unique amoureuse se résume à trois ingrédients : ultraromantisme, exclusivité et fusion. Tout amour qui n’est pas ultraromantique, exclusif et fusionnel sera jugé “anormal” (sauf exceptions).

    2. J’ai une tonne de bonnes raisons de vivre en couple et une tonne de bonnes raisons de vivre en célibataire. Il n’y a pas de modèle parfait.

    3. Vivre en couple, ça ne rend pas heureux. Vivre seul non plus. Fonder une famille ne rend pas heureux. Avoir un emploi ne rend pas heureux. Avoir de l’argent ne rend pas heureux, etc. Le bonheur, c’est super complexe… Et personne n’a de recette magique. Des psys et des philosophes essaient de nous faire croire qu’ils ont trouvé “la” clef du bonheur; ce ne sont que des vendeurs d’illusions.

    Picasso disait : “Je ne cherche pas, je trouve”. Personnellement, j’aime mieux : “Je cherche et je sais que je ne trouverai jamais”.

    G_raldine, je suis tout à fait d’accord avec vous quand vous écrivez “La difficulté du mariage et des relations donc, résident principalement dans ce défi, celui de conjuguer harmonieusement deux individus semblables et différents qui évoluent individuellement ensemble.” Essayer d’évoluer individuellement ET ensemble, c’est effectivement ce que je vise.

    @ Diane H. : Pour répondre à la fin de votre dernier commentaire, sur l’amour libre et les communes des années 1970… Je me suis intéressé à ce sujet, il y a quelques années. Je n’ai pas trouvé beaucoup d’informations, c’est mal documenté.

    J’ai rencontré des vieux boomers qui ont vécu en commune au début des années 1970, ils m’ont tous dit la même chose : au début, c’était rigolo, puis la vie communautaire est devenue trop difficile à gérer. Il semble que le phénomène des communes ait disparu dans la seconde moitié des années 1970.

    Une chose est certaine (et bien documentée) : la découverte scientifique du sida, en 1983, a mis fin à la libération amoureuse et sexuelle des années 1960-70. Les couples se sont repliés sur leur vie privée et les célibataires sont devenus très, très prudents…

  19. Le mariage ou la vie de couple sans mariage ne rendent peut-être pas heureux mais en meilleure santé, oui, et ça aussi, c’est bien documenté. Or, il est plus facile d’être heureux quand on est en santé. Le bonheur d’un malade est pas mal fragilisé!

    Je respecte tout à fait votre vision et le fait que vous soyez si convaincu que “je cherche et je ne trouverai jamais.”

    Dans mon cas, ça serait probablement plus “je ne cherche pas mais je trouverai.” Je suis heureuse en célibataire mais il est certain que l’amour, sans en faire une maladie, j’y crois encore. Et j’ai plus d’admiration que de mépris envers les couples qui durent, heureux, tout en étant ouverts sur le monde (l’un n’empêche pas l’autre). J’y crois car j’en connais. Géraldine et Diane nous donnent de magnifiques exemples de couples équilibrés. Il y a plein d’autres façons de vivre, chacune doit être respectée.

  20. Concernant votre point 3, je dirais qu’effectivement ces choses n’ont pas, en soi, le pouvoir de rendre une personne heureuse. Cela dit, elles peuvent apporter de la joie et du bonheur si ces choses correspondent aux aspirations personnelles de l’individu.

    Cela dit, concernant votre point 1, je crois qu’il ne faut pas dramatiser. L’amour est une notion qui évolue à travers le temps et les cultures. La normalité aussi! L’Amérique est multiculturelle et multigénérationnelle! Le bien et le mal sont des notions inventés par l’homme… L’homme changent, sa vision du monde change… sa vision de l’amour et de la normalité aussi!

    La beauté, c’est que nous sommes libres de se confondre à la normalité de l’époque et de la culturel auquel on appartient ou pas. Cela dit, mon expérience m’amène à penser que ceux qui critiquent le plus les normes de leur époque/culture sont aussi ceux qui composent difficilement avec les regards critiques que les autres pourraient poser sur eux ou sur leur mode de vie. Or, tôt ou tard, on comprend que peut importe ce que l’on fait ou ne fait, il y a toujours quelqu’un pour nous critiquer et une fois qu’on réalise cela, on se sent un peu plus libre de vivre selon nos préférences. Les barreaux de prison les plus infranchissables sont ceux que l’on dresse soi-même!

  21. “Travailler continuellement sur notre couple pour qu’il dure” ; moi M. Marsan, c’est cela qui me fait suer plus que tout! Quand le couple est devenu un TRAVAIL, je saisis alors pourquoi tant de couples ne sont pas heureux! Bien que je connaisse moi aussi des couples qui dégagent le bonheur d’être ensemble, je n’ai pas le sentiment qu’ils “travaillent”. Ils ont un équilibre, un respect mutuel et un haut niveau de conscience de leur unicité propre, oui, bien sûr. Mais ceux qui “travaillent” dégagent une atmosphère assez lourde… c’est le moins que l’on puisse dire!

    Incidemment pour moi, le plus beau moment fut la naissance de mon premier enfant!

  22. @M. marsan,

    Je ne dirais pas que c’est le mariage en soi qui est mauvais mais les raisons qui poussent les gens à se marier.

    - Faire comme tout le monde
    - Pour la cérémonie
    - Pour le contrat de mariage
    - Pour “flasher”
    - Etc.

    Si ce sont là les raisons évoquées pour se marier, autant ne pas le faire!

    Aujourd’hui, plus que jamais, le mariage est un choix et non plus une obligation. Si deux personnes qui partagent cette même valeur, pour qui cette promesse-là plus particulièrement compte et qu’ils sont prêts à mettre les efforts chacun de leur côté pour, non seulement tenir cette promesse, mais en plus faire l’effort d’être heureux là dedans, alors je peux comprendre que le fait de recevoir une telle promesse de quelqu’un soit mémorable.

    Ce n’est pas tous les jours qu’on se fait choisir pour le meilleur et le pire. La plupart profitent du meilleur mais se poussent bien avant que le pire n’arrive!

    Je suis cependant d’accord avec vous sur le fait que les gens mariés devraient continuer à rencontrer des gens, socialiser, sortir, avoir des amis. C’est en s’éloignant de l’arbre qu’on peut voir la forêt et ainsi relativiser nos soucis quotidiens.

    Je ne crois pas au couple fusionnel qui, à mon avis, finit par se consumer de l’intérieur. Il y a cependant toute une marge entre ce genre de couple et le couple “ouvert” pour qui on se demande en quoi au juste l’autre est spécial… L’idéal n’est ni noir ni blanc mais il se situe quelque part dans un éventail de tons de gris. C’est à chaque couple de déterminer leurs propres limites.

    Ceci étant dit, je peux concevoir que pour vous, le mariage ne puisse jamais représenter un beau jour au cours de votre vie. Mais de là à dénigrer cette conception probablement très vraie qu’on certaines gens à l’égard de cette journée, je trouve que vous y allez un peu fort ;)

    Pour ce qui est du bonheur, ce n’est justement pas si complexe.

    Il faut simplement arrêter de croire que ce sont les gens, le matériel et les évènements qui le font. On peut être de bonne humeur et souriant une journée tout en étant malheureux. De même que certaines personnes qui n’ont rien trouvent le moyen d’être heureux.

    Ce n’est ni le mariage, ni le célibat, ni les partenaires multiples qui rendent heureux. C,est simplement la perception que vous avez de ce qui vous entoure. C’est peut être justement cette perception positive de l’évènement qui en fait le jour le plus heureux dans la vie de certains! :)

  23. @ H.Proulx : Oui, moi aussi je déteste l’expression “travailler notre couple”.

    Il faut travailler toute la journée pour gagner de l’argent, de quoi vivre… De retour dans l’intimité du foyer, il faudrait ensuite “travailler son couple” ? Au secours !

    “Travailler son couple” ne témoigne pas seulement de l’influence du vocabulaire économique sur la vie privée. L’expression démontre également que le couple est devenu une fin en soi.

    Comme je le soulignais plus haut, bien des gens refusent de séduire et ne prennent pas plaisir à rencontrer des inconnus. La perspective de faire les premiers pas les terrorise. La seule chose qui les intéresse, c’est de se “caser” au plus vite. Ils veulent sauter les étapes de la rencontre pour vivre immédiatement en couple. Vivre en couple… pour vivre en couple !

    Dans ce contexte, on ne peut plus s’amuser à flirter, à butiner. Exprimer un désir est mal vu, voire tabou. Inconcevable de vivre à deux pour le simple plaisir de se laisser bercer par l’existence, ou encore pour se lancer dans des projets communs en se disant : “On verra bien où ça nous mènera.”

    Quand le couple est une fin en soi, il faut absolument mettre la main sur “la” bonne personne (la seule, l’Unique) et vivre une passion romantique inégalée. Le mariage doit être parfaitement réussi, “le plus beau jour de notre vie”. L’amour, qui se confond avec le sacro-saint “projet de vie” conjugal, devient une performance; le couple, la mesure comptable des résultats.

    Il faut donc “réussir” sa vie intime. La moindre baisse de régime amoureux, le plus petit essoufflement du romantisme à gogo sera un signal d’alarme : vite, il est temps de “travailler le couple” ! Tout problème conjugal prendra une ampleur démesurée – parce qu’un couple parfait ne supportera pas le moindre irritant. Si un problème persiste malgré le “travail du couple”, les partenaires prendront les grands moyens : la thérapie de couple (dans un cabinet de psy).

  24. @ JS Marsan,

    J’aimerais répondre aux trois derniers paragraphes de votre commentaire de 22 h 49 et j’aimerais le faire en prenant un peu de recul par rapport à la relation de couple, pour aborder la relation « at large».

    Vous affirmez que lorsque le couple est un projet de vie, une fin en soi, on ne peut plus faire de rencontre, butiner, flirter, c’est tabou.

    J’affirme que toutes les relations ont cette même dynamique! Prenons par exemple la relation qu’on entretien avec nos enfants. Je ne sais pas si vous en avez, mais je suis certaine que la plupart des parents ont déjà expériementé la jalousie entre frères et soeurs pour l’amour et les attentions de leur parent. Et je ne parle même pas de l’attention et de la complicité que nous pouvons avoir avec les autres enfants…

    Idem avec nos amis(es) et notre famille, dites un compliment sur une personne autre que celle avec qui vous êtes, et tout de suite, elle réagira en parlant d’elle-même et en cherchant à obtenir de la reconnaissance de notre part pour ce qu’elle est.

    Tout flirt, quel qu’il soit, tout intérêt que nous portons aux autres est perçu par une menace par ceux qui nous entoure SI et j’insiste sur le SI, ils ont l’impression qu’ils sont délaissés, pas suffisament reconnu ou apprécié de notre part.

    De plus, il n’y a pas que la vie de couple qui peut être considérée comme un projet de vie, notre rôle parental, nos amitiés, notre profession… Pour chacune de ces choses qui nous passionnent et qui comptent pour nous, on est succeptible de dramatiser les moindres tensions, de chercher à réagir promptement en prenant des actions qui ne sont pas forcemment nécessaires (thérapie, démarche de réorientation, rupture…).

    On veut réussir sa vie, voir ses enfants réussir leur vie (ce qui démontrera qu’on a su être de bons parents) on veut que nous amitiés perdurent au moins aussi longtemps que notre relation de couple (ce qui démontrerait qu’on est une personne vraiment aimable), on veut réussir professionnellement (ce qui démontrerait non seulement notre talent, mais aussi notre efficacité), on veut être reconnu, apprécié, aimé , avoir accompli de grandes choses, changer le monde… Tout cela pour pouvoir dire «j’ai réussi ma vie». Le couple n’est qu’un petit aspect de tout ce que l’on souhaite réussir. Le soucis de performance touche TOUS les aspects de notre vie de nos jours et les relations de couples n’y échappent pas.

    À vous écouter tout est de la faute du mariage et de la relation de couple typiquement fusionnelle, mais le mal-être est beaucoup plus profond que ça! Si vous voulez absolument un coupable, prenez vous-en a Darwin! Notre obsession de la réussite, dans tous les domaines de notre vie, fait partie de la sélection naturelle des espèces mon cher! Il l’a clairement expliqué, les losers ne survivent pas, ils n’ont pas leur place dans ce monde… Mais on veut tous une place au soleil, alors, pas question d’échouer!

    De nos jours on DOIT réussir, c’est notre instinct de survie qui nous le dicte! On veut correspondre aux modèles de perfections qu’on nous propose, autant qu’on le peut. Et des modèles de ce qui est considéré comme parfait (adéquat, sain, équilibré et donc fort) il y en a pour tout, absolument tout: ce qu’on doit manger, comment gérer les crises du couple, combien avoir d’amis, comment performer, comment guérir…. Name it! Tous les aspects de notre vie ont des modèles de perfection à suivre. Même lorsqu’un de nos proches meurent du cancer, on insiste sur le fait de dire qu’il a combattu jusqu’au dernier instant, qu’il a toujours été fort, etc.

    Ce n’est pas le couple ou les relations qui sont malades, c’est nous, les êtres humains! Nous avons peur de la mort à un point tel qu’on est prêt à tout faire pour ne pas être le dernier du troupeau qui sera bouffé par le prédateur… on tremble devant l’échec, devant la fin d’une chose, devant la solitude… (Tous des sujets abordés dans la revue Coup de pouce cette année: comment surmonter un échec et en sortir grandi, comment surmonter sa solitude, comment survivre au divorce…)

    Le plus paradoxal, c’est qu’en même temps qu’on nous donne tous ces trucs pour être fort et surmonter n’importe quoi, on nous sermonne sur l’importance de vivre pleinement notre vie et de savourer chaque moment. Mais vous avez raison M. Marsan, tout problème prend un ampleur démesurée, on fait sonner le signal d’alarme sans attendre et on réagi en «travaillant sur» : sur soi, sur son échec, sur son couple, sur sa relation avec ses enfants… Comme si la vie ne devait connaître de bas, qu’on n’avait pas le droit d’accepter de le vivre et de les laisser exister!

  25. Merci G_raldine pour la longue (et pertinente) mise en contexte.

    “Ce n’est pas le couple ou les relations qui sont malades, c’est nous, les êtres humains!” Vous avez raison…

  26. Le mariage est un contrat, une relation d’affaires. Certains couples vont se marier par amour, d’autres par un sentiment d’obligation, bref, ce n’est pas nécessairement l’amour qui mène au mariage. Une belle relation amicale peut aussi mener au mariage.

    Nous avons tort de mêler systématiquement amour avec le grand A , appelé la ” bonne personne”, celle que j’attendais et le concept du mariage.

    Maintenant , la durée ! Est-ce que la durée du mariage est significative? Non, pas à mon avis, il y a un début, un milieu et une fin. Les gens évoluent , les perceptions et besoins vont se modifier que nous soyons en couple avec un contrat ou sans contrat. D’ailleurs, il est notoire que la durée de vie d’un couple en union libre est moins longue. Sans doute que l’effort demandé pour mettre un terme à un contrat est plus complexe.

    Il est faut de dire que le mariage entraîne des obligations spécifiques. L’entente du contrat ne regarde que les protagonistes.

  27. Naya dit:

    “Il est faut de dire que le mariage entraîne des obligations spécifiques. L’entente du contrat ne regarde que les protagonistes.”

    J’adore ça. C’est tellement vrai!

    Chaque couple fait ses propres règles regardant comment ils voient leur union et personne n’a à mettre son nez là-dedans.

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