Contrairement à l’époque de nos parents et de nos grands-parents, le célibat se présente maintenant comme un mode de vie et un choix, au même titre que celui de fonder une famille. Malgré cela, plusieurs célibataires souhaitent tout de même connaître l’amour.
Les influences d’une société individualiste et de consommation se font ressentir dans nos relations. Tel que mentionné dans mon dernier billet « Les Québécoises sont peut-être plus exigeantes qu’intimidantes », le perfectionnisme et la recherche d’un idéal irréaliste semblent freiner les femmes, tout comme les hommes, dans leur quête amoureuse. Baissons-nous les bras au moindre obstacle ?
Les hommes aussi ont leurs exigences
Si certains hommes se sentent gênés d’aborder les femmes, comme l’indique Jean-Sébastien dans son billet « Intimidantes, les Québécoises ? », peut-être ont-ils tout simplement peu confiance en eux, peut-être s’agit-il réellement d’une réaction face aux exigences féminines.
Pourtant, Monsieur aussi sait se faire pointilleux. Quelques kilos en trop et il peut rayer une candidate de sa liste. Les femmes subissent autant de pression pour plaire, sinon plus, que les hommes. Quoi qu’il en soit, autant les hommes que les femmes auraient intérêt à mettre de l’eau dans leur vin.
Maladresses et nervosité
Mettre la barre moins haute ne signifie pas pour autant renoncer à ses principes, bien au contraire. Il ne faut en aucun cas passer outre ses valeurs fondamentales. Il s’agit plutôt d’avoir des attentes réalistes et de ne pas renoncer au moindre mécontentement. Or, il faut savoir que certaines petites maladresses sont très souvent reliées à la nervosité, à l’anxiété de performance ou au désir de plaire.
« Les femmes québécoises nous mettent mal à l’aise. Nous avons souvent l’impression de marcher sur des œufs, ce qui nous fait parfois paraître mal. Au lit, on sent aussi de la pression; comme si nous étions les seuls responsables du plaisir de l’autre », confie Jean, 45 ans.
« Je me souviens être revenue d’un rendez-vous toute débinée », raconte Catherine, 33 ans. « J’avais passé la soirée à parler comme un moulin à paroles par nervosité. J’ai senti qu’il me regardait comme si j’étais une draineuse d’énergie », ajoute-t-elle.
Laissons la chance au coureur
Ne jouons pas à l’autruche. Aucune relation ni aucun être humain n’est parfait. Trouver chaussure à son pied ne signifie pas pour autant trouver le plus beau modèle, mais plutôt celui qui, confortable, pratique et de qualité, nous donnera envie de partir pour une longue randonnée.
Il faut apprendre à voir les choses sous un autre angle et accepter les différences. Plutôt que de chercher des « bibittes », apprécions les points positifs et adoptons un regard critique envers nous-même. Qu’avons-nous à offrir de notre côté ? Qui sommes-nous pour juger ? Laisser la chance au coureur, c’est également nous laisser la chance de nous faire connaître et de nous risquer à aimer…
Avez-vous tendance à passer rapidement au suivant (ou à la suivante) ?
Jetons-nous trop facilement la serviette? Assurément OUI! Pourquoi ? Par peur de manquer quelque chose ou même, en cas de trouver mieux sur la fiche suivante… Les sites de rencontre deviennent un cercle vicieux dans lequel il est difficile d’en sortir, bien souvent.
Bien des gens écrivent ce qu’ils recherchent, mais ne l’offrent même pas en retour. On veut tout trop vite et on ne se laisse pas le temps de voir plus loin, d’approfondir les rencontres.
En allant trop vite, on se fait peur à soi-même parce que ça arrive qu’on se croit prêt, mais dans le fond, on ne l’est pas totalement.
Personnellement, j’ai moi-même passé au suivant trop vite… Maintenant, ce n’est pas au coureur que je laisse la chance, c’est à moi-même, même si je dois me freiner quelque fois afin de ne pas m’emballer trop vite. Take it easy!
Et plus une personne apprend à se connaître et à savoir si elle désire vivre avec quelqu’un, plus ses critères deviennent clairs pour elle …Et j’ajouterais, les critères changent selon l’âge, mais aussi selon notre vécu ou parcours de vie…À 20 ans, c’est très différent d’à 50 ans…à 20 ans nous avons la vie devant nous et nous n’avons pas beaucoup de vécu, tandis qu’à 50 ans, la vie passe plus vite et normalement, on se connaît plus…
J’ai bien souri en lisant « maladresses et nervosité », j’ai fait une rencontre il y a quelques années pour un déjeuner. Cet homme a réussit, en 1h, à renverser du ketchup sur sa chemise blanche, a bu 7 cafés, il n’avait pas de cuillère, alors au lieu d’en demander une, il brassait ses cafés avec le manche du couteau et il a réussi à envoyer des patates rôties dans l’assiette de la voisine d’une autre table !!! J’ai tenté de le mettre à l’aise mais rien n’y a fait. Je ne lui ai pas donné une chance de nous revoir, non pas à cause de sa nervosité, mais parce qu’en plus, il avait menti. Son poids était de 50 livres de plus et son âge de 8 ans de plus que ce qu’il m’avait dit…Selon moi, les maladresses peuvent arriver, mais le mensonge, pas capable !!
Pour répondre à votre question, à savoir, passer au suivant ou pas, je dirais qu’il y a des personnes qui se connaissent assez bien, s’assument dans leur gestes et paroles. Elles connaissent bien leurs désirs et leurs besoins face à la vie. Ce que j’ai le goût de vivre est bien clair pour moi. Je n’ai donc pas besoin de 32 sorties de cafés pour savoir si j’ai des affinités ou pas…Et je ne pense pas qu’il y ait matière à porter un jugement sur une personne rencontrée, mais simplement qu’elle ne nous convient pas assez pour tenter de faire un bout de chemin et d’apprendre à mieux la connaître ou pas…
Riche
Il est vrai, nous avons tendance à jeter la serviette. La recherche de certains nuit au bon fonctionnement d’entrer en contact avec d’autres; c’est-à-dire: période de question, du non-dit et tolérance face au comportement de l’autre, nous reculons quand cela ne peut nous convenir à première vue. Nous nous sommes dans un monde de presse, tout doit se faire sans laisser aller les choses.
Il faut quand même savoir ce qui nous allume au départ, mais certains vont sans se connaître et essayent de se voir à travers les autres. La découverte de soi, le miroir que nous trouverons en l’autre.
Auteur
Claudia Sofio
Sexologue B.A et Journaliste
Étant titulaire d’un baccalauréat en Sexologie et ayant poursuivi des études universitaires en Communication, j’écris depuis quelques années pour différentes publications, dont le magazine Femmes d’aujourd’hui (Fa), dans lequel je signe la chronique « La Sexo de Fanny ».
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Jean-Sébastien Marsan
Auteur et journaliste
Jean-Sébastien Marsan est auteur, journaliste et rédacteur indépendant, à Montréal. Il a cosigné en 2009 l’essai Les Québécois ne veulent plus draguer (Les Éditions de l’Homme) et animé le blogue du même nom.
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