J’avais envie, depuis quelque temps, de vous parler du rôle de l’alcool dans la rencontre. Je cherchais l’inspiration lorsque j’ai découvert cette vidéo. Il s’agit d’un bref extrait (27 secondes) d’un spectacle de l’humoriste irlandais Dylan Moran.
Si vous ne comprenez pas l’anglais (et l’accent irlandais), voici le topo — en traduction libre. Dylan Moran pose la question suivante : «« Comment les gens dans ce pays, et ailleurs dans le monde, se rencontrent et entrent en relation ? », et il répond : « Quand ils sont totalement, totalement saouls. » Il ajoute : « Vous pouvez sortir avec ces gens, vivre ensemble pendant des mois, des années, et même fonder une famille. C’est comme ça qu’on se rencontre. Mais vous n’iriez pas acheter un grille-pain lorsque vous êtes saouls. »
Autrement dit : des histoires d’amour ne verraient jamais le jour sans une surdose d’alcool.
Faut-il en rire ou en pleurer ?
En rire
Il y a d’excellentes raisons de prendre un coup avant de se lancer à la chasse aux mâles ou aux femelles.
- L’alcool lève les inhibitions, permet de surmonter la timidité et surtout la fameuse peur du rejet. Pourquoi s’en priver ?
- Sans un déluge d’alcool, des rencontres n’auraient jamais lieu. Combien de fois ai-je vu, dans des bars ou des soirées privées, des hommes et des femmes qui se zyeutaient avec méfiance, qui restaient sur leurs gardes… jusqu’à ce que l’alcool les pousse littéralement dans les bras de quelqu’un. Des gens qui, au début de la soirée, ne s’adressaient pas la parole, ont fini la nuit ensemble grâce à l’alcool. Tant mieux, non ? (Et je sais de quoi je parle, ça m’est arrivé plusieurs fois.)
- Dans les bars ou les partys, le samedi à deux heures du matin, tout le monde a trop bu et tout le monde a l’air tata. Il n’y pas de ridicule ni de honte. On peut enfin se laisser aller, lâcher son fou en se disant que personne ne nous fera de reproches. (Le lendemain, les excès seront oubliés.)
En pleurer
On peut aussi considérer l’alcool comme la béquille d’une société malade.
- Des gens ne boivent pas pour surmonter la peur du rejet, c’est la peur du rejet qui les pousse à boire. Pour draguer quelqu’un, comportement qui devrait être tout à fait naturel, certains doivent absolument engloutir une grosse quantité d’un « décomplexant » artificiel. Pitoyable…
- D’autant plus pitoyable que l’alcool excuse des comportements qui, dans d’autres circonstances, seraient très mal vus ou carrément criminels. Par exemple, dans un bar ou un party le samedi à deux heures du matin, un gars ben saoul peut harceler et tripoter des femmes tout aussi intoxiquées. On l’excusera en disant : « Il a trop bu » et les victimes elles-mêmes diront : « Je n’aurais pas dû boire autant ».
- Il ne faut pas oublier que l’alcool demeure la substance la plus accessible et la plus facile à utiliser pour extorquer des faveurs. C’est sans doute la drogue du viol la plus répandue.
Alors, pour ou contre l’alcool dans la rencontre ?
Boire, une compétence-clef
Je déteste le discours culpabilisant des moralisateurs qui nous prient sans cesse de modérer notre consommation d’alcool. Des comptables de la santé publique, obsédés du risque zéro, qui calculent en millilitres la quantité d’alcool qu’un individu devrait absorber pendant une période donnée…
L’alcool est plus qu’un breuvage, c’est une drogue. Lorsqu’on consomme une drogue, c’est pour en ressentir les effets.
Une célibataire dynamique, authentique, belles valeurs, passé réglé, etc. Seul défaut : elle n’a jamais testé ses limites avec l’alcool…
(Source : Usien, Wikimedia Commons)
Modérer systématiquement sa consommation d’alcool, c’est tellement plaaate, tellement téteux… Et ça nous empêche d’apprendre quelque chose sur nous-mêmes. Parce que pour apprendre à boire, il faut… boire ! Goûter, expérimenter, se tromper, recommencer. Après plusieurs essais-erreurs, on peut découvrir ce qui nous plaît le plus — certains préfèrent la bière, d’autres le vin, d’autres les cocktails, etc. Et pas le choix, il faut abuser (donc se saouler) pour découvrir les limites de notre tolérance à l’alcool.
Je crois que les célibataires ont tout intérêt à boire, et régulièrement. Pas pour se paqueter la fraise tous les jours, mais pour mieux s’habituer à une drogue, apprécier ses effets et savoir les utiliser à bon escient. C’est une compétence importante pour la rencontre, au même titre que savoir danser, s’habiller avec classe, se tenir correctement à table, etc.
L’alcool est une drogue douce peu dangereuse quand le corps en a l’habitude. Quelqu’un qui consomme régulièrement ne sera pas pris au dépourvu si, lors d’un événement bien arrosé, il boit plus que de coutume. Mais un individu qui n’a jamais l’occasion de boire peut devenir complètement paf après deux ou trois consommations, et ce ne sera pas à son avantage.
Personnellement, je peux vous dire que je connais bien mes limites avec l’alcool et que je sais comment atteindre un état d’ébriété « optimal » : lorsque je suis un peu ivre, juste ce qu’il faut, je cesse de consommer ; je demeure lucide, en contrôle, je ne vais pas rouler sous la table ; je raconte sûrement quelques niaiseries, mais rien qui dépasse ma pensée…
Je me saoule avec modération, quoi.
Dans ces moments-là, je dois l’avouer, j’ai beaucoup plus d’audace avec les créatures du sexe opposé.
Et vous ?
Pssst !
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Personnelement, je ne suis pas une femme timide de nature, donc alcool ou pas, je ne perds aucune chance de “flirter” avec une créature du sexe opposé qui m’attire.
Je bois un verre de vin presqu’à tous les jours en soupant. J’aime la bière, moins le fort et je connais très bien ma limite.
Pour moi, l’alcool c’est sexy ! L’alcool me rend plus co … coleuse
!
“L’alcool est une drogue douce peu dangereuse quand le corps en a l’habitude.”
Cette phrase, lue sous la lorgnette d’une ex compagne d’alcoolique a une saveur amère ce matin.
Toutefois j’aime bien prendre un petit coup, mais une rencontre qui mène au corps sans “l’aide” d’alcool est plus rare et surtout plus riche. La présence, le moment, l’échange verbal et autre, et surtout le souvenir… palpable. La défonce est souvent triste et menée par le mal être.
P.S.: le court vidéo résume bien.
L’image de la personne en train de vomir est tout sauf érotique. Je tique également tout comme Maridoréade sur “L’alcool est une drogue douce peu dangereuse quand le corps en a l’habitude.” Dangereux l’alcool quotien à haute dose, même si la dose semble mesurée jusqu’à un début d’ivresse et qu’alors on s’arrête, il faut de plus en plus d’alcool pour atteindre cette ivresse désirée et l’alcoolisme s’installe tranquillement. Quand on boit avec un alcoolique notoire, il est d’ailleurs stupéfiant de constater la quantité phénoménale d’alcool qu’il peut ingurgiter sans paraître saoul.
Érotique l’alccol excessif, celui qui fait déparler, chambranler et vomir, celui qui fait qu’on abandonne sa voiture et prend un taxi ou bien encore pire, qu’on conduit intoxiqué, attirant cet homme qui pue le gin jusque dans ses petites culottes, qui n’arrive pas à bander et qui s’endort sur son excitation? Euh… non!
S.v.p., j’espère que tout le monde a compris que mon billet ne porte pas sur l’alcoolisme. Je parle ici de la consommation “sociale”, à table, dans les 5 à 7, les bars, les soirées privées, etc. Il s’agit d’avoir du plaisir et de savoir séduire avec ce qui demeure une drogue douce.
Moi j’ai une règle si je sors, pas plus de deux verres, surtout si je vais rencontrer des inconnus.
Pas besoin non plus d’alcool pour avoir du fun!
Avec des amis que j’invite chez nous à souper et à jouer à des jeux sociaux, ou si je vais chez eux, je peux me lâcher aller lousse un peu plus, car j’adore le vin. Mais pas au point de me rendre ridicule ou de ne plus me souvenir de rien le lendemain, c’est pas le fun du tout!
On a tous exagéré dans nos jeunes années mais à un moment donné on apprend à boire avec bon sens, sinon l’alcoolisme n’est pas loin…
Pas le fun non plus de se ramasser avec une bande de gens souls qui font les cons et vont parfois trop loin dans leurs paroles et leur comportement.
Ce qui est peut-être érotique, c’est de se sentir feeling* après une couple de verres et plus colleux/colleuses, mais il faut évidemment apprendre à savoir s’arrêter.
Donc, venir à une rencontre pour faire la connaissance d’un homme/d’une femme pour la première fois en buvant immodérément… c’est un *turn off*
Le manque de maturité en ce sens… très peu pour moi!
Exact… et les effets sur la dureté de ces messieurs… pas terrible! Même en 5 à 7 lorsque le gars n’a plus 20 ans… En plus, l’haleine d’alcool, même à faible dose, on s’en passerait bien. Si en plus c’est combiné à la cigarette, je passe mon tour…
Je ne bois pas. Je n’aime pas la sensation de brûlure dans ma gorge, les étourdissements, l’incapacité à articuler ou à marcher correctement que provoque chez moi la simple consommation d’un demi-verre de vin rouge!
J’aimerais apprécier l’alcool. Je me sentirais moins à part. On ne me reprocherait plus de briser l’atmosphère parce que les gens se sentent mal de s’ennivrer devant moi. Des fois, j’ai envie de répondre : si je pète dans l’ascenceur, allez vous péter avec moi? Aweillez donc, je me sentirais tellement mieux si vous pétiez aussi.
Imaginez comment je peux me sentir quand je lis un truc du genre «j’aime la vie, prendre un verre en bonne compagnie autour d’une bonne bouffe…” Comme si on ne pouvait aimer la vie en préférant l’eau au vin! Ben moi, ça me frustre un brin de savoir que socialement parlant, le fait de ne boire pas d’alcool me donne automatiquement la réputation d’être une femme plate. Surtout que j’adore faire la fête, danser, rencontrer des gens…
Géraldine, je suis sûre que vous n’êtes pas du tout une femme plate!
Ne pas aimer boire, c’est ben correct….
Même si c’est plate aussi d’ouvrir une bonne bouteille et qu’une personne dit: non, merci mais je ne bois pas. Cela me fait de la peine qu’elle n’apprécie pas le vin mais j’en fais pas une maladie!
Un peu comme un végétarien… on sait pas trop trop quoi lui faire pour souper s’il est notre invité!
Ben oui, on peut apprécier la vie et une bonne bouffe avec de l’eau!
@ Monsieur Marsan, j’ai bien compris le message du billet, c’est clair, me semble que ça ne prends pas la tête à papineau pour comprendre vos écrits. Nous ne débattons pas ici de l’alcoolisme… il suffit d’être le moindrement attentif pour remarquer votre question, que je cite : “Dans ces moments-là, je dois l’avouer, j’ai beaucoup plus d’audace avec les créatures du sexe opposé. Et vous ?”
@ G Raldine, sans vouloir vous offusquer, vous ne fréquentez peut-être pas les bonnes personnes. Si je suis à une soirée et que je veux boire mais qu’une fille de la gang n’aime pas l’alcool, ça ne me regarde aucunement ! Tant que tous et toutes ont du plaisir !
Come on gang, au lieu d’associer ce billet à des problèmes d’alcoolisme… pourquoi ne pas plutôt partager des souvenirs positifs… ne venez pas me dire que vous n’avez jamais eu de relation sexuelle avec moins de “barrières” que d’habitude grâce à un effet “feeling” de l’alcool !
@ Diane H.
Intéressant ce que vous dites: pourquoi auriez-vous de la peine pour une personne qui n’aime pas le vin? Je ne souffre pas de ne pas aimer le vin, mais ça me dérange que ma «non-consommation» affecte ceux qui aime boire de l’alcool.
@ kawasakiwoman et JSM: bien qu’il soit effectivement clair que ce billet ne porte pas sur l’alcoolisme, mais sur la rencontre, je trouve tout de même pertinents les commentaires qui apporte le point de vu d’une personne qui a souffert d’être en relation avec une autre qui avait développé une relation malsaine avec l’alcool. Parce que la rencontre ne se fait pas seulement qu’avec des gens sains, et que la véritable rencontre consiste à accepter l’autre dans tout ce qu’il est sans se sentir personnellement affecté par cela.
Je parle des effets qu’on sur mes proches le fait que je ne boive pas. D’autre parle de l’effet que la forte consommation de leurs proches ont sur elles… Dans ces deux cas opposés (absence totale de consommation ou excès de consommation d’alcool), il y a un inconfort qui est ressenti. La question étant posée: pour ou contre l’alcool? il me semble donc dans le propos du billet de faire le tour de la question, de partager les expériences de chacun, et ce, afin de tenter une réponse, non?
Alors, je le redemande, pourquoi les buveurs ressentent-ils de la peine pour moi, ou un malaise à boire en ma compagnie, simplement parce que je n’aime pas prendre d’alcool?
@ Géraldine Pour répondre à ta question: tout simplement parce qu’ils ont l’impression que tu ne t’amuseras pas autant qu’eux à ce beau souper entre amis… c’est tout simple.
Tu n’as qu’à leur faire comprendre que tu arriveras à les suivre dans leur plaisir autour de la table et tu verras que leur “peine” ne durera que quelques secondes…
Quand ils disent que c’est dommage, il veulent dire que c’est dommage pour toi, pas pour eux… ça je sais que tu le sais.
Chère Géraldine, ce n’est pas bien grave que vous n’aimiez pas l’alcool, il ne faut pas vous en faire avec mes propros!
Je n’ai pas tant de peine que cela et comme je l’ai dit, “j’en fais pas une maladie!” même si mon grand amour du vin me fait poser des questions sur le fait que d’autres personnes n’aiment pas cela.
On relaxe… mon commentaire était bien innocent et sans aucun reproche envers vous!
Je trouve que votre constat est pessimiste et pas très attractif, en effet, créer des relations amicales ou sentimentales basé sur la prise de l’alcool ne reflète pas la réalité, mais plutôt des relations d’un soir.
En fait, les relations durables se nouent le plus souvent dans le milieu de travail ou d’études et ce serait surprenant (mais pas impossible) qu’on se saoule au travail ou à l’université. La parodie de notre ami du vidéo est bien amusante (merci de me l’avoir fait découvrir, j’ai vu ses autres vidéos et j’ai bien rigolé), mais c’est une blague, pas la réalité.
Je ne crois pas qu’on parle du simple fait d’éprouver du plaisir en buvant… Je crois que le sujet est l’emploi de l’alcool pour faciliter la rencontre, mais bon, je peux me tromper.
Quoi qu’il en soit, personnellement je trouve qu’il y a quelque chose de malsain dans cette idée qu’il faille consommer quelque chose pour se sentir à l’aise de lâcher son fou ou pour amplifier son plaisir ou son courage, ou encore son état de béatitude…
C’est un peu comme prendre ces pilules miracles qui vous promettent de vous aider à maigrir, qui vous font croire que se sera plus facile, mais qui écrivent en tout petits caractères qu’une saine alimentation et un régime de vie équilibré incluant des activités sportives sont nécessaires.
Peut importe ce que l’on prend pour s’aider, on a quand même tous les efforts à faire pour que ça fonctionne et on doit s’impliquer personnellement, sinon il ne se passe rien peu importe ce qu’on a pris pour s’aider!
Auteur
Jean-Sébastien Marsan
Auteur et journaliste
Jean-Sébastien Marsan est auteur, journaliste et rédacteur indépendant, à Montréal. Il a cosigné en 2009 l’essai Les Québécois ne veulent plus draguer (Les Éditions de l’Homme) et animé le blogue du même nom.
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Claudia Sofio
Sexologue B.A et Journaliste
Étant titulaire d’un baccalauréat en Sexologie et ayant poursuivi des études universitaires en Communication, j’écris depuis quelques années pour différentes publications, dont le magazine Femmes d’aujourd’hui (Fa), dans lequel je signe la chronique « La Sexo de Fanny ».
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