Le club des ex

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jan

Le club des exL’an dernier, dans un salon du livre, je discutais relations hommes-femmes avec un écrivain. Monsieur me racontait qu’il est marié, des enfants, vie de famille stable et confortable, etc. Il se disait heureux en ménage, mais… « Tous les matins, je me réveille en pensant à une autre femme que j’ai aimée », me confia-t-il.

— Une femme avec qui vous avez vécu en couple ?, ai-je demandé.
— Oui. Je pense à elle tous les jours. Elle m’est restée dans la peau…
— Si elle vous disait : « Reviens ! », qu’est-ce que vous feriez ?
— Heu… Je ne sais pas…

J’ai vu son visage se troubler. Des souvenirs remontaient à la surface…

Notez que mon interlocuteur ne semblait pas à plaindre, il avait l’air sincèrement heureux en mariage. Comme bien des gens, un amour de jeunesse avait marqué sa vie.

Une menace pour le couple ?

Ah, les ex… On ne devrait pas les appeler les ex, mais les « là », parce qu’ils font partie de notre présent. Les mauvais et les bons souvenirs de nos amours passés demeurent longtemps imprégnés, il est difficile de les oublier.

Faut-il conserver un lien avec nos ex ? Selon la « pensée dominante » amoureuse de notre époque, la réponse est non.

Permettez que je vous résume cette « pensée dominante ».

  • Il n’existe qu’un seul « bon » amour : deux célibataires sans attaches, disponibles, qui se rencontrent dans un contexte romantique (coup de foudre, passion déchaînée, etc.) et qui réalisent leur « projet de vie ».
  • Tous les autres comportements sentimentaux et/ou sexuels sont de « mauvais » amours : les aventures exclusivement sexuelles, les relations sans engagement, les liaisons extraconjugales, les amours multiples, etc. Tous les individus qui s’abaissent à ces passe-temps dégoûtants sont des obsédés sexuels, des phobiques de l’engagement, des déséquilibrés, etc.
  • Le désir doit être entièrement canalisé dans la vie conjugale. Un couple doit se méfier comme de la peste des tiers qui peuvent susciter des fantasmes, qu’il s’agisse de collègues, d’amis, de voisins, de quidams, etc., sans oublier les ex.

Vous aurez reconnu le dogme du couple exclusif-fusionnel super zélé, asocial, où chaque partenaire s’estime propriétaire à vie de l’autre. Comme si deux personnes pouvaient résumer le monde, s’aimer en autarcie et demeurer imperméables à tout ce qui existe hors de leur couple, c’est-à-dire au reste de la société…

L’espérance de vie de l’utopie exclusive-fusionnelle est généralement assez courte, car elle tue le désir. Les partenaires ne réussissent pas à combler l’autre à 100 % en tout temps (normal : nul être humain ne peut réaliser un tel prodige). Rapidement, ils s’ennuient, s’accusent l’un et l’autre de ne pas savoir aimer, et c’est la rupture.

À chacun sa manière

Lorsque l’ex-partenaire sombre dans la jalousie, la manipulation, les menaces ou la violence, etc., il faut évidemment l’écarter à jamais de notre vie. Mais pourquoi refuser d’emblée tout contact avec une personne qui nous a laissé le souvenir de moments heureux et qui ne nous veut aucun mal ? Le bonheur serait une honte ?

L’ex de bonne foi, qui a su rompre sans rancune et qui ne joue pas la carte de la rivalité, ne devrait pas être traité comme un paria.

Certains s’efforcent, avec leurs ex, de transformer l’amour en amitié. D’autres ne consomment pas définitivement la rupture, entretiennent des liens assez étroits (et parfois intimes) avec leurs anciens partenaires. Des gens parviennent même à reconquérir un(e) ex.

Lorsque l’on vit en couple, faut-il informer son conjoint de nos contacts avec des ex, privilégier la transparence et l’honnêteté ? Au contraire, est-il préférable de cultiver son jardin secret, de considérer que les liens avec nos ex ne regardent pas notre partenaire amoureux ? Je ne sais pas. Je ne crois pas à une recette infaillible, à une règle universelle. S’il y a autant de manières de vivre en couple qu’il y a de couples, il existe autant de manières de vivre avec les ex qu’il y a des… ex.

Reviens je t’en prie
Il existe sur Internet et dans l’édition des « méthodes » pour reconquérir son ex (par exemple www.commentrecuperersonex.org, www.jerecuperemonex.com, reconquerirsonex.fr, recuperersonex.info). J’ai eu beau fouiller, je n’ai pas trouvé de « méthode » aussi élaborée pour cultiver une amitié avec son ex…

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  1. Ah les « ex »… Ils font tous partie de notre passé, qu’il soit heureux ou malheureux. Ils font partie de ce que nous sommes, de nos expériences qui nous ont appris ce qu’est une relation de couple. Il y en a certains que l’on voudrait oublier pour toutes sortes de raisons, principalement celles qui nous ont démolies, et d’autres qu’on garde soigneusement dans de bons et agréables souvenirs.

    J’imagine que chacun vit de façon différente le « après »… certains voudront conserver une amitié platonique, d’autres moins platonique, ou carrément enterrer cette histoire puisqu’elle n’existe plus. Personnellement, je n’aime pas rester en contact avec des « ex ». On l’a vécu, on l’a aimé ou moins aimé et l’histoire est terminée. Point. On continue notre route pour laisser de la place à celui qui pourrait accompagner notre parcours.

    J’ai appris qu’il faut savoir faire le deuil de nos histoires passées et de ne conserver que les plus belles dans un tiroir de notre cerveau où d’autre beaux souvenirs peuvent nous faire sourire lorsque l’on vit des moments difficiles. J’apprend des mauvaises relations pour reconnaître ce qui ne me convient pas et oublie son nom.

    La grande différence avec les « ex » c’est lorsque, veux-veux pas, il restera pour encore très longtemps dans notre entourage. Le meilleur exemple est le père ou la mère de nos enfants. Et pire, si c’est une garde partagée… pas le choix de négocier les temps de garde, les dépenses, et tout ce qui vient avec l’éducation des enfants surtout lorsqu’ils sont encore jeunes. Les vieilles chicanent font quelquefois surface. Heureux les parents qui se séparent d’un commun accord!

    Chose certaine, plus on vieillit, plus on comprend ce qui est bon pour soi et ce, dans tous les domaines incluant les relations humaines.

  2. La femme qui m’acceptera comme son homme n’aura pas ce problème, puisque je n’ai pas « d’ex ».

    En même temps, je doute que une femme accepterait un « sous-mâle » de 28 ans qui ne drague pas et n’a pas d’expérience de relation. Donc, quelqu’un qui n’a qu’une pâle idée de ce qui est une relation conjugale.

  3. Il y a des ex que je garde précieusement dans ma vie, et l’amour a laissé une grande place à l’amitié même si chacun des deux ont refait leur vie. Et tout se passe très bien, même à la rencontre des nouveaux conjoints. Y en a d’autres que je ne veux absolument pas garder dans ma vie…. tout ça dépend de la façon que les séparations ont été faites et comment elles ont été vécues par la suite!

  4. Je m’excuse M. Marsan, mais je ne crois pas que vous dépeignez ici le dogme du couple exclu-fusionnel… je crois plutôt que vous dépeignez un dogme de l’Église catholique qui a la vie dure dans certaines mentalités, certes, mais qui ne peut certes pas être qualifié de dogme du COUPLE exclusif-fusionnel, puisque qu’un couple peut choisir ce de vivre ce type de relation pour lui-même sans pour autant porter un jugement négatif sur ceux qui adoptent un mode de vie différent.

    Je suis un peu lasse de lire vos commentaires sur les couples exclusifs-fusionnels qui donnent l’impression que ceux qui préfèrent ce type de relation sont des êtres bourrés de préjugés, incapables de tolérance, etc. Il y a une différence entre préférer un type de relation amoureuse et être une personne associale, intolérante et étroite d’esprit!

    Soit dit en passant, on peut très bien être catholique et être capable de discernement dans ce que dicte l’Église et «la vraie vie».

  5. J’ai toujours parlé de mes ex à mes partenaires sans problèmes. Je ne dis pas en parler constament, mais quand une situation, un évènement ou un souvenir refait surface, pourquoi pas le partager avec l’autre ? Ça fait partie de mon passé, de moi, de mon vécu.

    Mes ex m’ont fait grandir et évoluer en tant que femme. J’ai appris ce que je valais et ce que je voulais et ne voulait pas.

    Mon copain actuel me parle aussi parfois de son ex. Et cela ne m’offusque pas… tant que je ne sens pas qu’il l’aime encore ou qu’il garde espoir de la reconquérir.

    Je pense à mon ex à tous les jours et j’en suis bien à l’aise. Malheureusement, ce dernier est décédé et il garde une place importante dans ma vie. Si mon conjoint n’accepte pas ça… c’est lui le pire!

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