Hier soir, une lectrice assidue (pseudo : Illithyie) a écrit le commentaire suivant, qui m’était adressé. « Je suis un peu lasse de lire vos commentaires sur les couples exclusifs-fusionnels qui donnent l’impression que ceux qui préfèrent ce type de relation sont des êtres bourrés de préjugés, incapables de tolérance, etc. »
Illithyie, j’ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer : je n’ai pas l’intention de cesser de critiquer ce modèle conjugal. Je suis un gars qui peut se montrer assez obstiné…
Je vais d’ailleurs résumer ici-même mon opinion sur le couple traditionnel, pour mieux me faire comprendre.
Une utopie
Depuis des lustres, le couple exclusif-fusionnel fonctionne mal. Et il n’a jamais si mal fonctionné qu’au XXIe siècle. Ce n’est pas de la faute des individus, c’est l’institution conjugale qui est une entreprise impossible.
Voici pourquoi.
- L’imaginaire du couple exclusif-fusionnel est ultra-romantique et trop souvent infantile, en abusant de tous les clichés : attente anxieuse du prince charmant ou de la fée des étoiles, quête désespérée de « l’âme soeur », coup-de-foudre-au-premier-regard, amour-passion fusionnel et lyrique, sentiments exacerbés. etc. En bref, un « conte de fées » et de la pensée magique.
- Le couple est basé sur la possession de l’autre (« je suis à toi, tu es à moi »). Les partenaires croient que l’amour exclusif à deux est naturel, universel, le seul possible. La possession de l’autre impose la fidélité à tout prix : il est strictement interdit de séduire quelqu’un d’autre et surtout de coucher avec (bien que le commun des mortels, de nos jours, n’ait aucune envie de faire l’amour avec une seule et même personne pendant 20, 30, 40 ou 50 ans… et il est si commode de faire semblant d’ignorer que tous les peuples du monde, depuis la nuit des temps, s’aiment et forniquent hors mariage).
- Chaque partenaire doit compléter l’autre comme s’il était sa « moitié » prédestinée. Ils doivent combler tous leurs besoins, satisfaire tous leurs désirs, en autarcie. C’est le mythe de l’âme soeur.
- Les partenaires se prennent pour acquis et cessent rapidement de se séduire. À quoi bon se séduire ? Ils s’appartiennent, en exclusivité !
- Sur le plan sexuel, chaque partenaire doit combler l’autre à 100 %. Après la passion multi-orgasmique qui marque les débuts de la relation, la vie sexuelle ralentit (ce qui est normal). Le couple considère cette baisse de régime comme un aveu d’échec. Il se croit donc obligé d’avoir des relations sexuelles pour maintenir la relation amoureuse. C’est la version contemporaine du devoir conjugal.
- La vie de couple, après la lune de miel des premiers mois, devient rapidement un apprentissage du compromis et de la soumission, le lieu d’une surveillance de tous les instants et de continuelles luttes de pouvoir, autrement dit une relation où il y a toujours un gagnant et un perdant. La vie à deux impose notamment une réglementation très zélée de l’espace et du temps : il faut produire un alibi pour chaque déplacement (« Où étais-tu ? »), pour chaque activité sociale (« Avec qui étais-tu ? ») et même pour ses réflexions personnelles (« À quoi penses-tu ? »). S’acharner à « changer » l’autre pour le rendre conforme à ses attentes est un comportement légitime dans le couple (mais seulement dans le couple, c’est inacceptable ailleurs ; par exemple, quelqu’un qui agit de la même manière dans un milieu de travail sera accusé de harcèlement moral).
- Le couple est tenu pour la source de toute satisfaction sur Terre. Un plaisir intense obtenu hors du couple est toujours suspect. Et toute activité sociale ou de loisir où l’on peut croiser des célibataires désirables est très mal vue. En fait, la seule activité intensive permise hors du couple, c’est le travail rémunéré… mais jusqu’à un certain point, il ne faut pas que l’un ou l’autre des partenaires tombe en amour avec son boulot (et il faut se méfier du pouvoir de séduction des collègues). En conséquence, le couple se replie sur le domicile, cultive sans cesse sa vie privée, ne parle pas aux inconnus.
- Le désir doit être entièrement canalisé dans la vie conjugale. Le couple se méfie comme de la peste des tiers qui peuvent susciter des fantasmes, qu’il s’agisse de collègues, d’amis, de voisins, etc., sans oublier les ex. Un regard chargé de concupiscence sur un quidam ? Infidélité ! Quelques échanges de courriels avec un(e) célibataire que l’on ne croise que sur Internet ? Adultère !
- Le couple exclusif-fusionnel est inséparable de l’infidélité. C’est le revers de la médaille : plus on insiste sur l’obligation de fidélité, plus on rend l’infidélité attrayante. Autrement dit : plus un couple est exclusif, plus il pousse les partenaires dans les bras d’un(e) autre. C’est souvent la seule manière de faire tenir un couple, la seule soupape de sûreté qui l’empêche d’éclater. (Faut-il le souligner, l’infidélité est un tabou dans le couple, il n’est même pas permis d’en discuter sur un plan théorique.)
- Le couple exclusif-fusionnel est inséparable de la pornographie et de la prostitution. Beaucoup d’hommes sont tout simplement incapables de respecter l’exigence d’exclusivité sexuelle, d’autant plus que nombre de couples ont une vie sexuelle assez pauvre. (Il est intéressant de noter que les hommes reproduisent dans le commerce du sexe la dynamique du couple exclusif, c’est-à-dire posséder l’autre.)
- C’est également le terreau idéal pour la violence domestique : si l’on possède l’autre en exclusivité, il est logiquement permis de le dominer, de le traiter comme un objet et de le détruire. Dans cette culture conjugale, la jalousie est une preuve d’amour et le meurtre est un crime « passionnel »…
- Les partenaires sont très dépendants l’un de l’autre, ils n’ont plus d’autonomie. Leur plus grande peur : la rupture, car ils sont terrorisés par la solitude.
- Au premier obstacle remettant en cause l’idéal exclusif-fusionnel, bien des couples sont pourtant tentés de se séparer. Le couple est souvent incapable de surmonter une crise provoquée par un écart extraconjugal très banal (exemple : dans un party trop arrosé, monsieur a pincé les fesses d’une autre femme). « L’amour pur » avec des partenaires parfaits, ou rien.
- Les disputes conjugales, exacerbées par un mode de vie trop fusionnel, peuvent rapidement dégénérer en crise. Puisqu’ils refusent de réfléchir à la dynamique de leur vie à deux (remettre en question « l’amour pur » avec « l’âme soeur », ce serait comme demander au pape de critiquer les dogmes de l’Église), les partenaires multiplient les consultations thérapeutiques et le recours à des intervenants extérieurs pour « sauver » leur sacro-saint couple.
- Une rupture traumatise durablement les partenaires. Tout leur univers sentimental (axé sur la fusion, sur la promesse d’un amour-pour-la-vie, etc.) s’écroule. Leur célibat est très difficile à vivre, ils n’ont pas la capacité de mener une existence autonome. Au lieu de profiter de leur solitude pour développer leur autonomie, ils cèdent à la pression sociale en se remettant à la chasse à « l’âme soeur », pour revivre en couple exclusif-fusionnel.
Le bonheur est possible, mais rare
J’ai fait exprès, pour les besoins de la démonstration, de décrire ci-dessus un couple fusionnel à l’excès, asocial et complètement obsédé par l’exclusivité. Ces partenaires se définissent en opposition face au reste de la société. Ils vivent dans la peur.
Mon portrait vous paraîtra peut-être caricatural. C’est pourtant la norme, le modèle conjugal dominant, celui qui imprègne le plus notre culture et notre imaginaire. (Quelques braves ont exprimé un refus radical du couple exclusif-fusionnel, notamment les hippies à la fin des années 1960. Dans les années 1970, le couple traditionnel était remis en question par les partisans de l’amour libre, par les féministes, par le mouvement gay et d’autres minorités sexuelles. Depuis la crise du sida, ces débats ont presque disparu, le couple est devenu très conformiste, unidimensionnel, « pensée unique ».)
Tout ce que j’ai écrit ci-dessus n’exclut pas le fait que des gens puissent vivre heureux dans un couple exclusif-fusionnel pendant des décennies, voire jusqu’à la fin de leurs jours. Leur amour peut évoluer, s’approfondir au fil des années. Mais ces couples sont rares. (Personne, à ce jour, n’a été capable d’identifier les facteurs de succès de ces couples heureux pour élaborer une « méthode » universelle qui fonctionne à tout coup. Si cette « méthode » existait, nous serions tous engagés dans des couples à vie, il n’y aurait plus de séparations ni de divorces.)
La majorité des gens qui tentent de vivre l’union exclusive-fusionnelle se cassent lamentablement la gueule, vont de ruptures en échecs. Rater son coup, c’est banal (voyez les statistiques dans ce billet et dans celui-ci). Je le répète, ce n’est pas de la faute des individus. C’est un problème de société, comme l’analphabétisme ou la pauvreté.
P. S. J’ai publié le billet ci-dessus le vendredi 3 février. Il m’a valu de nombreux commentaires, sur le blogue et en privé. Aujourd’hui, dimanche 5 février, je me rends compte que ce n’était pas l’idée du siècle de parler du couple de cette manière. Je le regrette. (Pour l’acte de contrition, cliquez ici.)
Je trouve votre constat bien triste… et j’en arrive à une seule conclusion que je garderai pour moi-même.
L’amour profond pour quelqu’un est avant tout l’équilibre entre l’amour pour soi et celui donné pour l’autre avec un sentiment que peu importe les embûches, notre partenaire nous aidera à les traverser dans le seul but de continuer une route ensemble, donc plus fort… qui nous est toujours inconnue. Chaque jour est nouveau, et chaque jour est un défi à signifier, peu importe la façon, que cette personne est un élément important pour notre propre évolution.
Le problème est, et a toujours été que les gens se mettent en couple trop vite, sans savoir s’ils sont vraiment « faits l’un pour l’autre ».
Ma conjointe et moi avons mis 2 ans et demi avant de faire vie commune, et ça fait 38 ans que nous sommes ensemble.
À mon avis, les gens emménagent ensembles rapidement pour UNE QUESTION D’ARGENT, peu importe leurs affinités. Quand ils se rendent compte de leurs trop grandes différences, ils abandonnent leur projet de vie commune. C’est ce qui se passe actuellement dans la société : les jeunes générations ne connaissent pas l’amour, ils ne connaissent que le sexe qu’ils commencent à pratiquer trop jeune. Ils sont tout mêlés avec les sentiments. Ils veulent avoir une vie de couple à 14 ans… Imaginez…
Alors, quand on prend le temps de découvrir si on est compatibles dans tous les domaines de la vie à deux, et de découvrir si on est vraiment amoureux, on a de plus grandes chances de réussir notre vie de couple.
Mais, la patience est-elle une valeur des jeunes générations??? NON! Alors ça donne des générations de sentimentalement blasés et de couples temporaires. Le sexe pratiqué trop jeune cache le véritable amour. Le plaisir à lui seul ne peut pas tenir des couples ensembles. Tout l’ monde cherche et souhaite ardemment un couple à long terme, mais plus grand-monde y parvient. Les valeurs qui tiennent un couple ensemble ont été perdues
au gré de la libération des moeurs.
Et vous, JS Marsan, avec toutes vos analyses, n’y pouvez rien. Le modèle dominant du couple fonctionne encore , mais à échelle réduite. Beaucoup seront appelés mais peu seront élus. Quand tu ne possèdes pas le « gène du bonheur » ni la philosophie qui peut t’en rapprocher, tu erres de couple en couple toute ta vie. C’est triste pour ces pauvres gens qui passent à côté de la dimension la plus importante de la vie… l’amour. Alors tu restes célibataire.
Mon commentaire, pris en dehors du contexte initial, perd le sens que je lui donnais.
Je déplore qu’on attribue AU COUPLE (aux personnes qui forment un couple) ce que vous avez décrit dans votre billet précédent et je cite:
«Il n’existe qu’un seul « bon » amour : (…) Tous les autres comportements sentimentaux et/ou sexuels sont de « mauvais » amours (…) Le désir doit être entièrement canalisé dans la vie conjugale. (….) Vous aurez reconnu le dogme du couple exclusif-fusionnel super zélé, asocial, où chaque partenaire s’estime propriétaire à vie de l’autre.»
Je crois que les gens qui optent pour une relation de type amour exclu-fusionnel, peuvent préférer ce type de relation sans pour autant dénigrer les autres types d’amour et de relations. Vous attribuez souvent AU COUPLE exclu-fusionnel une pensée intolérante envers les autres.
Des couples exclu-fusionnels qui fonctionnent bien, ça existe! Et Justement, ceux qui fonctionnent bien ne sont pas, comme vous les décrivez, des gens intolérants et inconscients des autres façons de vivre une relation ou d’aimer et ceux-là, s’ils optent en pleine connaissance de cause pour ce type de relation parce qu’elle leur correspond bien (à eux!).
Tous les couples exclu-fusionnel ne sont pas des gens zélés, associaux, qui considèrent l’autre comme leur propriété… Et je crois qu’il serait bon de vous intéresser un peu à ce que pensent ces couples exclu-fusionnel qui fonctionne, parce que selon ce que j’en sais (j’ai la chance d’être entouré de beaucoup de couples exclu-fusionnels qui fonctionnent depuis 15, 25, 35, et même 50 ans!), le respect, la tolérance, le pardon, la compréhension et l’humour sont à la base de leur relation. Et si vous veniez rencontrer ces couples dont je vous parle, ils vous le diraient tous, «il faut se sentir bien dans ce que l’on vit!»
La pensée dominante que vous décrivrez, existe définitivement, mais elle n’est pas forcément une représentation juste du couple exclu fusionnel, elle l’est plutôt d’une pensée populaire forgée, à la base, par le dogme de l’Église catholique! Et effectivement, ceux qui s’en tiennent à ces idées envers et contre tous sont souvent des gens qui ne se donnent pas le droit d’être et de vivre ce qui leur convient le mieux. Ce qui est fort dommage d’ailleurs, car il n’y a que dans le respect de soi qu’il est possible de vivre une relation de couple harmonieuse (et ce, peu importe le type de relation de couple que l’on privilégie!!!).
@ Illithyie : Mais je sais bien que des couples exclusifs-fusionnels fonctionnent, je sais bien que des gens sont heureux dans ce modèle. Moi aussi, j’en connais plusieurs. Je n’ai rien contre leur bonheur.
Ce que je déplore, c’est la « pensée dominante » amoureuse, qui survalorise la fusion et l’exclusivité. (Vous avez raison, cela nous vient du christiannisme.) Ce modèle ne fonctionne tout simplement pas à long terme, l’espérance de vie de ce genre de couple est assez brève. Et des couples comme ça, j’en ai connu beaucoup… Beaucoup plus que des couples exclusifs et fusionnels heureux à long terme.
Des gens croient qu’il est impossible de vivre autrement que dans un couple exclusif-fusionnel. Il existe pourtant d’autres manières de vivre en couple, dont on parle si peu.
Encore une fois, je ne porte pas un jugement de valeur sur les individus en couple, je ne les traite pas d’intolérants. C’est l’institution du couple (et son imaginaire) que je critique. Tout comme on peut critiquer l’Église sans se moquer des croyants ou critiquer l’État sans se moquer des fonctionnaires.
L’institution du couple, de nos jours, est trop ridigide. Ce n’est pas sans conséquences sur la rencontre.
M. Marsan,
Vous décrivez une réalité que plusieurs ne souhaitent pas se faire rappeler. J’ajouterais que c’est une triste réalité.
Combien de couples vivent des relations satisfaisantes après 10, 20, 30 ans de vie commune ?
On est rendu à une ère dite très évoluée, mais l’humain a encore un très long parcours à faire pour se connaître, pour se réaliser pleinement.
Je suis d’avis qu’il faut en parler, prendre conscience de cette réalité, s’interroger, se remettre en question pour avancer, évoluer, même si ça nous rend inconfortable. Pour un individu, c’est le travail d’une vie et pour la société c’est un travail qui n’a pas de fin, tant que l’humain existera.
Comme vous dites, c’est certain que des couples fonctionnent bien pendant très longtemps dans une relation exclusive-fusionnelle, mais ils sont assez rares selon moi aussi, surtout si on parle d’une relation équilibrée, sans dépendance et… évolutive. Mais ça existe assurément.
Je me pose cette question: est-ce que le problème est le modèle ou les individus qui vivent selon ce modèle…?
M. Eckhart Tolle, dans son livre Le pouvoir du moment présent, au chapitre 8, résume très bien selon moi la problématique du couple d’aujourd’hui. Il intitule ce chapitre « Les relations éclairées ».
Sans prendre au pied de la lettre tout ce que cet auteur dit dans ce livre, je pense que tout le monde devrait lire ce livre au moins une fois dans sa vie. À mon avis toujours, il est impossible de tout assimiler ce livre dans une seule lecture.
M. Marsan, vous abordez un sujet délicat qui va vous valoir des critiques, mais je suis d’avis qu’il faut voir cette réalité si on veut des relations de couples plus sereines, plus harmonieuses, plus satisfaisantes, si on veut tout simplement évoluer à deux.
Je n’ai pas de modèle tout fait d’avance à proposer. Je cherche quelque chose de mieux de ce que l’on vit aujourd’hui. M. Tolle dans son livre nous donne une piste que je considère intéressante à explorer. Il dit aussi (et heureusement) que des relations éclairées peuvent exister. Moi j’y crois sans avoir trouvé toutefois.
Une chance quand même que plusieurs croient que l’amour peut exister entre deux êtres imparfaits.
Un amour imparfait qui peut être très satisfaisant et qui fait beaucoup de place aux rêves, à l’espoir, mais qui laisse aussi toute la place à son évolution.
Tout le monde à sa part de vérité dans ce débat et c’est très bien ainsi. À chacun d’en tirer ses propres conclusions. La vérité ne se trouve sûrement pas dans la pensée unique. Cherchons pas un modèle parfait qui va répondre à toutes nos attentes, cherchons plutôt à évoluer comme individu et le reste suivra.
@ Serge : Je ne connais pas Eckhart Tolle et son livre. Merci pour la suggestion, ça semble intéressant.
Moi non plus, je n’ai pas de modèle amoureux IKEA à proposer. (Il suffirait de suivre le plan, pas besoin d’outils, monté en quelques minutes ? Ça n’existe pas…) Je suis convaincu qu’en amour, il n’y a pas de modèle unique. Comme vous dites, « cherchons plutôt à évoluer comme individu et le reste suivra ».
M. Marsan,
Si vous lisez ce livre, je suis persuadé que vous allez en parler.
Pour que son message enregistre, il faut en être rendu là.
Je comprends très bien un jeune de 20 ans de ne pas s’y intéresser.
Ce n’est pas un nouveau livre, mais son message sera toujours d’actualité.
Bonne journée
Personnellement, je ne crois pas qu’il y ait un modèle Ikéa, puisque nous sommes tous des êtres différents et uniques, tout autant que nos aspérités, nos cheminements et expériences de vie, par exemple, pour un couple ce sera important la fidélité pour un autre non, d’autres vivront ensemble, d’autres chacun chez soi, etc.
Mais il y a une chose dont je suis certaine, quand une personne sait le modèle de vie qui lui convient, qu’elle se respecte dans ce qu’elle veut vivre, elle saura le genre de relation qu’elle aura le désir de vivre… Voyez-vous Jean-Sébastien, ce que j’ai le désir de vivre comme relation et qui me convient tout à fait, est peut être complètement différent de ce que vous voulez vivre et est-ce correct ??? Ce n’est ni mieux ni pire, mais différent selon nos choix et nos désirs…
Serge a mentionné ceci «Je me pose cette question: est-ce que le problème est le modèle ou les individus qui vivent selon ce modèle », eh bien voilà, je crois que la réponse est là… Ensuite, il y a aussi le cheminement de vie, voyez-vous Jean-Sébastien, il y aussi d’autres points bien importants, connaître la personne qui est dans notre vie, être présent pour celui-ci, parce que quand il y a de l’Amour, il y a de l’intérêt pour l’Être, il y a aussi la compassion, l’empathie, il y a l’évolution du couple, et savez-vous quoi, la finale d’un merveilleux couple c’est la complicité de 2 personnes… Et j’ajouterais, qu’à 20 ans notre idée du couple est TOTALEMENT différente de 50 ou 60 ans pourquoi ? Parce que nous avons du vécu qui s’ajoute à notre âge, du bon et du moins bon, des réussites et des échecs qui nous ont justement permis d’évoluer, nous avons appris de la vie…
Il n’y a pas « un » modèle parfait pour tous, et je n’ai absolument pas à juger les autres modèles de vie, de prince charmant au cheval blanc ou de couple fusionnel, c’est leurs affaires s’ils sont bien et que ça leur convient à eux, mais voilà, il y a des personnes qui ne s’écoutent pas dans ce qu’ils ressentent jusque dans leurs tripes…
Un autre point que j’aimerais souligner, se prendre pour acquis et cesser de séduire dans son couple est une question d’individu et non de modèle, car voyez-vous, il y en a qui ne cesseront jamais car c’est aussi important pour eux que pour l’autre… Il y a faire plaisir et aussi se faire plaisir…
Riche
Bon, vous ne prenez pas la critique, remarquez, je m’en doutais, quand quelqu’un écrit des choses aussi farfelues que vous, en général, ceux qui ont une opinion contraire sont des clowns.
Bravo pour l’article, mais:
1 : « Le couple exclusif-fusionnel est une utopie » : faux.
Ça existe, parfois ça fonctionne, parfois pas. Ce modèle n’est pas plus utopique que le couple ouvert.
2: « Depuis des lustres, le couple exclusif-fusionnel fonctionne mal. Et il n’a jamais si mal fonctionné qu’au XXIe siècle. Ce n’est pas de la faute des individus, c’est l’institution conjugale qui est une entreprise impossible » : faux, ce n’est pas la faute de l’institution, mais de l’individu.
Nous sommes passés d’une société sans choix, un seul modèle, à une société à la carte ou IKEA. Les règles ont changé. Si le changement n’est pas mauvais en soi, l’adaptation au changement est parfois difficile pour l’individu.
3: « Personne, à ce jour, n’a été capable d’identifier les facteurs de succès de ces couples heureux pour élaborer une « méthode » universelle qui fonctionne à tout coup. Si cette « méthode » existait, nous serions tous engagés dans des couples à vie, il n’y aurait plus de séparations ni de divorces » : faux.
Et si c’était ça la bonheur… les joies, les peines, les rêves, les pleurs, l’amour, les déceptions…. en bref… vivre !!!
@ mansour « Quand quelqu’un écrit des choses aussi farfelues que vous, en général, ceux qui ont une opinion contraire sont des clowns ».
Je n’ai jamais traité quiconque de clown. Je respecte les gens qui ont une opinion contraire à la mienne. Mais encore faut-il développer une opinion contraire… S.v.p. donnez-vous la peine de critiquer mon texte, comme l’a fait Richard ci-dessus.
@ Richard : Merci pour votre critique. Vous me faites réaliser que le mot « utopie », dans mon titre, n’était pas le plus approprié. (Une utopie, c’est quelque chose d’irréalisable.) En fait, je voulais simplement décrire dans mon texte la vision dominante du couple, le modèle qui est le plus présent dans notre imaginaire, dans notre culture.
Vous avez raison de souligner que « Nous sommes passés d’une société sans choix, un seul modèle, à une société à la carte ou IKEA ». Oui, les individus peuvent faire des choix. Mais j’ai l’impression qu’il y a encore un modèle conjugal qui s’impose naturellement, celui du couple exclusif-fusionnel. Les gens qui choisissent délibérément de vivre en couple d’une autre manière le font souvent après avoir subi une crise conjugale (ils se sont rendus compte que la fusion ou l’exclusivité ne leur conviennent pas) ou après une longue réflexion personnelle. Le modèle « par défaut », c’est le couple exclusif-fusionnel.
Je suis peut-être pessimiste de nature, mais je trouve le paysage amoureux québécois très monotone. D’un côté, des célibataires désespérément à la recherche de « l’âme soeur ». D’un autre côté, des gens qui se barricadent dans leur relation de couple, qui s’isolent en marge de la société pour vivre leur fusion amoureuse. Entre les deux, il n’y a pas grand-chose. Et on dirait que personne ne s’amuse…
Jean-Sébastien,
Le couple fidèle ne l’est pas toujours parce qu’on croit que l’autre aura pas de désir pour autrui ou qu’on en aura pas nous même.
Un mot : ITS.
Et venez pas dire « on a juste à porter un condom ». C’est une protection minimale, pas ce que la fidélité offre. Et faudrait aussi le porter dans le couple principal.
Même si je voudrais coucher avec plusieurs personnes toute ma vie, je préfère arriver à un monde où je n’ai pas à m’inquiéter des ITS (le condom ne protège pas à 100 %) et à continuer à acheter et utiliser le condom.
Je crois que vous exagérez dans votre description de couple exclusif fusionnel. La plupart des couples monogames comporte quelques caractéristiques que vous mentionniez, mais pas toutes en même temps. Et bien sûr, quand il arrive qu’un couple ait toutes ces caractéristiques, c’est vraiment catastrophique.
À mon avis, le mariage monogamique (ou exclusif fusionnel ou comme vous voulez l’appeler) ne sert pas à tout le monde. Je dirais même que ça fonctionne pour 50% des gens (basé sur la statistique que la moitié des mariages finissent par un divorce).
Pour les autres 50%, il y a une variété sans fin de modèles différents. Et pourquoi ne pas se créer un modèle propre au couple avec ses propres règles?
Moi, je crois vraiment au mariage monogamique et qu’il peut bien fonctionner, même pour moi. Mais avant de m’engager sérieusement, je voudrais connaître d’autres modèles de relation de couple. La partie difficile c’est de trouver quelqu’un qui serait prêt pour faire cette expérience.
@ Riche,
Encore beaucoup de sagesse dans votre texte.
Comme je disais, chacun à sa part de vérité et quand on a affaire à des gens de bonne volonté, cette sagesse populaire forme un tout où chacun y trouve quelque chose.
Quand vous écrivez: « Mais il y a une chose dont je suis certaine, quand une personne sait le modèle de vie qui lui convient, qu’elle se respecte dans ce qu’elle veut vivre, elle saura le genre de relation qu’elle aura le désir de vivre. »
Pour moi aussi c’est la base pour espérer vivre une relation qui nous convienne.
Pour ça il faut se connaître suffisamment afin de faire un choix éclairé. Quand on regarde en arrière, on constate que l’on n’en connaissait pas beaucoup sur la vie et sur nous-même lorsque l’on s’est marié et lorsque l’on est devenu parents (pour ceux et celles que cela concerne).
Comme on apprend à être parents en étant parents, on apprend à vivre… en vivant. En avançant en âge, on réalise que la vie nous fait un beau cadeau inattendu: on se met à l’apprécier dans sa plus simple expression. Ce qui devient important ce n’est pas le nombre d’années qui nous restent, mais plutôt la qualité de ces années. On n’a vraiment pas le contrôle sur le nombre bien entendu !
Je dirais que dans tous les domaines, on recherche la qualité et spécialement avec nos semblables. On ne veut plus perdre notre temps avec les choses superficielles, on recherche l’authenticité en tout ou presque. Ou presque parce que l’on apprécie encore tous les petits « extras » de la vie… une chance! On aime encore une vie épicée mais peut-être avec un peu moins d’épices.
C’est aussi une période où on est plus apte à vivre une relation de qualité, amoureuse ou d’amitié. On est plus mature, plus réaliste, on a retenu certaines leçons et on est sûrement plus tolérant, plus humain.
Ça serait merveilleux d’être sage, mature, serein à 20 ans mais la réalité est tout autre pour la très grande majorité des gens.
Je suis persuadé que l’humain doit souffrir pour apprendre, pour que la leçon porte, pour évoluer.
Je dirais à M. Marsan que ce que vous écrivez est malheureusement une triste réalité pour plusieurs mais, en cette ère de communication, les mauvaises nouvelles voyagent très vites tandis que les bonnes, c’est pas vendeur. Je comprends ici que c’est pour provoquer des échanges.
La société c’est aussi autre chose de ce qu’on en lit dans les journaux et dans les médias sociaux. Il faut savoir en décrocher pour garder un jugement plus près de la réalité.
La vraie vie c’est ce que l’on vit à tous les jours avec du vrai monde.
Tome 1 @ suivre…
Suite et fin,
Si on agissait selon nos ressentis sans trop se faire influencer par tout ce négativisme qui nous inonde continuellement, on aurait sûrement plus de chance d’être heureux et comme le bonheur est aussi contagieux, on risquerait aussi d’avoir une société plus optimiste.
Après avoir passé une journée dans la nature à « écouter le silence et à regarder pousser les arbres » (c’t'une image), à sentir l’odeur des sapins, on réalise qu’il ne nous en faut pas beaucoup pour être bien et que le bonheur est avant tout en nous. Et quand on en a suffisamment, on ressent le besoin de le partager.
Il y a certes beaucoup de clichés dans ce que j’écris mais pour moi c’est encore une recette (une partie) valable aujourd’hui.
Richard a écrit ceci : « Et si c’était ça le bonheur… les joies, les peines, les rêves, les pleurs, l’amour, les déceptions… en bref… vivre !!! » Justement, bien des personnes devraient arrêter de chercher et vivre !
@Jean-Sébastien, vous écrivez: « Mais j’ai l’impression qu’il y a encore un modèle conjugal qui s’impose naturellement, celui du couple exclusif-fusionnel. » Peut être que ce n’est qu’une impression !! Parce que moi si je regarde autour, ce n’est pas du tout mon impression et je perçois différents modèles de couples et vous dites « qui s’impose naturellement »… Eh bien, si des couples se laissent « imposer » un modèle à suivre, c’est qu’ils manquent totalement de maturité, voilà… et la maturité, on ne naît pas avec, elle s’acquiert avec la vie…
Et vous concluez « Et on dirait que personne ne s’amuse »… Eh bien, moi je m’amuse, beaucoup d’ailleurs et vous ? Vous savez, s’amuser ne dépend pas des autres…
Bonne et belle journée,
Riche
@ xcheshirecat @Daniel @Serge @Richeducoeur : Wow, merci pour vos commentaires et vos réflexions ! On sent qu’il y a du vécu dans ce que vous avez écrit.
Mon petit portrait (exagéré, j’en conviens) du couple exclusif-fusionnel n’est pas une étude scientifique, je ne prétends pas non plus détenir la vérité, mais tout ce que j’ai écrit est basé sur des comportements que j’ai pu observer. (Quand on énumère tous ces comportements dans le même texte, le résultat donne effectivement un couple caricatural.)
@Richeducoeur : Vous me demandez si je m’amuse (à faire des rencontres). Je répondrai oui et non.
Les célibataires, ce n’est pas ça qui manque au Québec. C’est toujours agréable de rencontrer de nouveaux visages, de sortir, etc. Mais j’ai souvent croisé des femmes qui considéraient la rencontre comme une formalité désagréable, un événement à prendre terriblement au sérieux, un peu comme une entrevue d’embauche pour un poste de cadre supérieur.
J’ai été plusieurs fois confronté à des femmes célibataires qui, lors des premières rencontres, étaient aussi charmantes qu’une spécialiste des ressources humaines à la recherche d’un cadre supérieur pour combler un poste entreprise, et qui n’a pas de temps à perdre. Ces célibataires me posaient une tonne de questions très pointues sur mes goûts, sur mes intérêts, sur mes projets, etc., et on aurait dit qu’elles comparaient mentalement chacune de mes réponses à la longue liste de critères de leur cahier des charges de l’Homme idéal, ce partenaire-de-toute-une-vie qu’elles attendent depuis si longtemps.
Parfois, fusait la question-qui-tue : « Toi, veux-tu t’engager ? » Mais… Nous sommes seulement à l’étape des premières rencontres, on ne se connaît presque pas, on n’a jamais été intimes… et il faudrait déjà parler d’engagement ?!? Il n’y pas moyen de s’amuser un peu ?
Dans ce genre de situation, il m’est arrivé de m’amuser à déstabiliser mon interlocutrice. À la question : « Toi, veux-tu t’engager ? », j’ai répondu (sur un ton très sérieux, comme si c’était de la plus haute importance) : « Toi, couches-tu le premier soir ? »
@SERGE je suis entièrement d’accord avec ce que vous avez écrit. L’expérience de la vie a cet avantage de nous faire découvrir ce qu’est le vrai bonheur. Ironique de penser que plusieurs le cherchent ailleurs alors qu’il se trouve juste sur le bout du nez! …ça doit venir avec les rides ça!
Il y a 8 milliards d’humains sur la Terre, et nous sommes tous différents.
Mon épouse est révoltée lorsqu’elle entend parler de « relations ouvertes ». Mais si ce type de relation est accepté par les membres du couple, qui sommes-nous pour les juger?
Tout comme des chroniqueurs comme vous qui ne semble pas saisir la raison des couples « traditionnels », qui êtes-vous pour juger les gens et leur dire que leur amour est impossible à long terme, ou que c’est un mauvais amour? Voyons donc!
Il y a des gens qui trouvent chaussure à leur pied et demeurent avec la même personne, non pas parce qu’ils sont soumis, possédés ou obligés de le faire, mais parce qu’ils s’aiment assez pour se rendre heureux.
Votre entrée M. Marsan, de mon point de vue, est comme un musulman qui dit que le christianisme est la mauvaise religion ou vice versa. Complètement ridicule.
Le but dans la vie est d’être heureux, et les chemins vers ce but sont aussi différents que les gens qui habitent cette planète.
Mon opinion va dans le même sens que celle de Kim, qui êtes-vous pour définir que la grande majorité des 8 milliards d’habitants de cette planette qui vivent en couple sont des êtres serviles, violent, malheureux, infantiles et soumis.
Je déplore le fait que vous vous serviez de votre tribune publique prévilégiée pour faire passer un message unilatéral de partisan égoïste, d’individu célibataire sans enfant vivant en colocation ne vivant que pour son unique plaisir.
Je suis un homme blanc vivant au Québec, et je ne me reconnais dans aucun de vos billets, je cruisais des femmes, elles me cruisaient.
Je vis en couple maintenant et nous avons du plaisir, fini le superficiel, nous apprenons, nous approfondissons notre relation.
J’ai vécu le succès auprès des femmes et je le vis toujours présentement, je refuse les avances non pas parce que je suis soumis comme vous vous plaisez à dépeindre les personnes vivant en couple, mais bel et bien parce que je suis enfin comblé sexuellement et surtout effectivement.
Vous me faites bien rigoler, vous me faites penser à un pseudo environnementaliste qui me critique parce que j’arrose mes fleurs, mais qui fait laver sa voiture dans un lave-auto, ou à un de ces trop nombreux pseudo anti-chasseur qui bouffe chez McDonald’s.
Êtes-vous vraiment sérieux quand vous dépeingnez aussi négativement le couple ou allez-vous tous simplement à la pêche?
Si vous allez tout simplement à la pêche, ça m’indique votre manque de maturité.
Et la j’ai pris soin de choisir mes mots, car ce qui sort de mon cerveau est pas mal plus dur et impubliable.
Danny Mansour, Longueuil
Un jour il y a la maturité et la sagesse qui nous parle et à partir de ce moment, les superficialités n’ont plus d’importance, on recherchera l’authenticité, les beaux et doux moments que la vie nous apporte, nous sommes moins exigeants, nous apprécions et SAVOURONS les petits riens de la vie que les gens oublient et qui réchauffe notre cœur, nous recherchons des contacts de qualité et non de quantité et effectivement, le bonheur il est en nous, alors peu importe l’endroit où l’on se trouve, on se sent beau, on se sent bien et quand nous sommes bien, nous avons le désir de partager ce bien être…
@Jean-Sébastien
C’est vrai ce que vous décrivez du cahier des charges de l’homme idéal, mais ce ne sont que quelques femmes qui agissent de cette manière et j’ajouterais que j’ai déjà vu des femmes qui ne rencontrent pas tant qu’elles ne savent pas la profession de l’homme… Quand une personne sait reconnaître la superficialité, et que ça ne l’intéresse absolument pas dans sa vie, j’aimerais bien savoir ce que ça donne d’aller faire cette rencontre ??
Bon dimanche
Riche
@ mansour : S.v.p. ne vous fâchez pas… À quoi bon.
Je n’ai jamais voulu, dans mon billet, me moquer des gens qui vivent en couple (et qui sont heureux de vivre en couple). J’ai voulu décrire des traits culturels, un imaginaire. Il existe bien sûr des couples qui ne correspondent pas du tout à mon portrait.
Vous avez sûrement entendu parler de la « pensée unique » en économie. On entend dire partout que le capitalisme a toujours existé (ce qui est faux), que c’est le meilleur système économique qui soit (ce qui est faux, il provoque beaucoup de dégâts), qu’il assurera le bien-être de tous (ce qui est faux, des milliards d’êtres humains vivent dans la misère) et surtout qu’il est indépassable, qu’il n’y a pas de solution de rechange. Des gens protestent (les altermondialistes, les « indignés », etc.) en soutenant que oui, un autre monde économique est possible, plus juste, plus solidaire, etc.
Ce que j’ai essayé de faire dans mon billet, c’est de décrire la « pensée unique » amoureuse. Dans notre histoire et notre culture, on croit souvent qu’il n’y a qu’une seule manière de vivre en couple (exclusive-fusionnelle), qu’elle est naturelle et universelle, etc.
J’ai simplement voulu critiquer cette mentalité. Il ne faut pas y voir une attaque contre tous les gens qui sont heureux en couple.
Et je n’ai jamais prétendu parler de l’ensemble de l’humanité, des sept milliards d’êtres humains, mon billet porte sur la culture amoureuse des Québécois. (Je ne connais rien à l’amour en Orient.)
Si vous ne vous reconnaissez pas dans mes billets, c’est la preuve qu’il existe des exceptions à la règle.
Confession d’un blogueur repentant
J’ai publié le billet ci-dessus le vendredi 3 février. Il m’a valu de nombreux commentaires, sur le blogue et en privé. Aujourd’hui (dimanche 5 février), je me rends compte que ce n’était pas l’idée du siècle de parler du couple de cette manière. Je le regrette.
Ce n’est pas que je renie mes propos, mais le blogue Dans le blanc des yeux est consacré à la rencontre, ce n’est pas le lieu approprié pour élaborer une critique radicale du couple. (Et je n’ai pas choisi la meilleure manière de le critiquer…)
À l’avenir, je vais me concentrer sur la rencontre.
Merci à tous pour votre compréhension.
Je trouve que le couple et la rencontre sont indissociables.
Être en couple, c’est partir à la rencontre de l’autre et tenter de le faire (d’en avoir envie) jour après jour, beau temps, mauvais temps. Lorsque l’on est célibataire, vouloir faire des rencontres sous-entend souvent, espérer parvenir à former un couple. Je dis « souvent » et non « toujours », car le plaisir de la rencontre n’a pas comme préalable que l’on souhaite s’engager dans une relation amoureuse.
Un enfant avec qui je discutais de l’amour m’a déjà fait remarquer que nous venions en paires (paires de bras, de jambes, d’yeux, de narines, de lèvres…) et que les bébés ça se faisait à deux! Pour lui, il était donc évident que c’est dans notre nature de chercher à « former une paire », c’était dans l’ordre des choses. Alors je lui ai répondu: mais nous n’avons qu’une bouche, qu’une langue, qu’une tête… nous avons aussi une multitudes de dents, de cheveux, de cils… Alors peut-être qu’il y a des gens qui viennent en paires, mais que d’autres sont faits pour être seuls, et d’autres encore auront toujours besoin d’être très entourés?
Cela dit, je crois personnellement que le célibat est mal vu et même souvent considéré comme quelque chose qui est contre-nature. Si notre jugement à l’égart du célibat était moins sévère, peut-être y aurait-il moins de gens qui se sentent mal de préférer vivre l’amour autrement. Combien de gens dans ce monde se demandent ce qu’ils ont de pas correct pour ne pas parvenir à être et rester en relation de couple? Le jugement, ce ne sont pas que les autres qui le posent sur nous, le plus sévère des jugements, nous le portons nous-même!
C’est qu’il est dans notre nature d’avoir besoin du regard de l’autre pour atteindre une pleine conscience de soi. Le regard de l’autre à donc toujours un certain impact sur nous. Et puis, il y a aussi ce besoin d’être semblable à son prochain tout en restant un individu unique. Déjà là, c’est suffisant pour venir mêler les cartes lorsque vient le temps de définir ce qui nous convient personnellement.
Je crois qu’il est normal de vouloir essayer le modèle de relation le plus populaire, mais il appartient à chacun de nous de définir si ce modèle nous convient personnellement ou non et de trouver la force de se respecter là-dedans. Ce qui est plus difficile à faire qu’à dire, surtout quand la personne qu’on aime se sent bien dans une relation exclusive et que l’on se sent mieux dans un autre type de relation. C’est là que le mensonge ou la perte d’intérêt se manifeste le plus souvent selon moi.
En passant, M. Marsan, j’aimerais souligner à quel point je vous trouve très admirable d’exprimer aussi ouvertement vos regrets. Selon moi, c’est un bel exemple de force et de courage. Enfin, la notion de couple mérite qu’on s’y attarde et qu’on se questionne à son sujet. Tout comme notre désir d’aller à la rencontre de l’autre d’ailleurs! Ce ne sera jamais peine perdue d’essayer…
Bonjour Jean-Sébastien,
Votre article est tout à fait légitime!!
Je trouve ça très correct de remettre en question le couple. Plusieurs personnes prennent les débats pour de la chicane, si on transpose ça dans les relations de couple, ça donne quel genre de couple !!!!
@ Illithyie « Je trouve que le couple et la rencontre sont indissociables. » Parfaitement d’accord.
@ Richard : C’est certain que le couple peut être critiqué, mais je me suis lancé dans une démonstration trop complexe, qui n’a pas vraiment sa place dans un blogue sur la rencontre. Et il m’aurait fallu développer davantage, donner des exemples, etc. Je ferai ça ailleurs.
Je crois, le moment où nous sommes fusionnels avec l’autre, c’est quand nous faisons l’amour. Certainement, nous voulons retrouver ça mais aussi à l’extérieur de notre corps avec la personne qui partage cette intimité.
Auteur
Jean-Sébastien Marsan
Auteur et journaliste
Jean-Sébastien Marsan est auteur, journaliste et rédacteur indépendant, à Montréal. Il a cosigné en 2009 l’essai Les Québécois ne veulent plus draguer (Les Éditions de l’Homme) et animé le blogue du même nom.
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Claudia Sofio
Sexologue B.A et Journaliste
Étant titulaire d’un baccalauréat en Sexologie et ayant poursuivi des études universitaires en Communication, j’écris depuis quelques années pour différentes publications, dont le magazine Femmes d’aujourd’hui (Fa), dans lequel je signe la chronique « La Sexo de Fanny ».
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