L'homme avec la chemise bleue, au centre, est l'ami des deux partenaires. Et il éprouve une attirance amoureuse pour la femme. Exprimera-t-il ses sentiments ? (La réponse à la fin du billet.)
Selon une idée reçue, l’amitié homme-femme (ou entre personnes de même orientation sexuelle) est une entreprise impossible, trop souvent compromise par l’attirance amoureuse ou sexuelle. De supposés « spécialistes » du couple conseillent de ne pas laisser les partenaires amoureux développer une amitié trop intime avec une personne qui pourrait les émoustiller…
Deux amis peuvent effectivement vivre une relation ambigüe, teintée de sentiments amoureux ou de concupiscence. Pourquoi ce phénomène serait un « problème » ?
Dans une société mixte, le désir est partout : tous les jours ou presque, nous pouvons croiser des hommes ou des femmes qui nous attirent, y compris nos amis. Il faudrait s’en empêcher ? Voiler les regards ? S’autocensurer, tout refouler ? Bonjour les ayatollahs…
Se méfier du pouvoir de séduction de nos amis, c’est vivre dans la peur du désir.
Pourquoi refuser la séduction ?
Nous recherchons spontanément la compagnie de gens qui nous plaisent, qui sont beaux, intelligents, sensibles, aimables, etc. Des gens séduisants, quoi. (Qui a envie de s’entourer d’abominables crétins, impolis, antipathiques, et qui puent ?) Il ne faut donc pas s’étonner d’éprouver du désir pour certains de nos amis.
Personnellement, je suis heureux d’avoir plusieurs amies très jolies, spirituelles et d’agréable compagnie. J’admire leur beauté et leur intelligence. À l’occasion, il y a de petits jeux de séduction entre nous. Taquineries tantôt sans prétention, tantôt plus équivoques… Le goût du risque et la complicité renforcent notre amitié.
Je l’avoue, mes amies sexy me font fantasmer. Je rêve de les voir nues. Où est le mal ? Je serais un « criminel par la pensée », comme dans le roman 1984 de George Orwell ?
Ces couples névrosés
Parmi les gens qui croient dur comme fer que l’amitié homme-femme est illusoire, il y a ceux qui sont complètement repliés sur leur couple, « casés » comme des lapins dans un clapier, effrayés par les séducteurs et séductrices.
Ces couples évitent comme la peste les activités sociales où l’on peut croiser des inconnus, refusent même la présence de célibataires dans leur entourage, par peur des « tentations » ! Bonjour les ayatollahs…
Le comportement de ces couples, asocial, s’inscrit pourtant dans notre culture dominante de l’amour : posséder l’autre, l’isoler du monde extérieur, vivre une relation fusionnelle, brûler d’une passion « totale ». Une vision du monde binaire : la passion amoureuse ou rien, l’amitié « pure » ou rien. Toutes les relations doivent être cloisonnées, « casées » : l’amour, c’est dans la case A, l’amitié dans la case B.
Ériger un mur de Berlin entre l’amour et l’amitié ne sert à rien. Une relation conjugale comporte de l’amitié (à moins que l’union soit uniquement axée sur le sexe ou sur l’intérêt) et d’anciens amoureux peuvent se révéler d’excellents camarades. Que deux amis de longue date tombent amoureux, pourquoi pas ? Imaginez la formidable complicité dans leur vie de couple… Et des amis peuvent faire l’amour sans engagement, seulement pour assouvir des pulsions (les fuck friends).
Une régression collective
Soutenir que l’amitié homme-femme est irréalisable, c’est également assez lourd de conséquences sur le plan politique et social.
A-t-on oublié que jusqu’à une époque assez récente, au Québec, hommes et femmes pouvaient difficilement se lier d’amitié ? Il n’y a pas si longtemps, l’école, le marché du travail, le monde des affaires, la politique, etc., ne connaissaient pas la mixité. Hommes et femmes grandissaient séparément, se voyaient interdire les relations sexuelles avant le mariage, vivaient en étrangers l’un pour l’autre. La société imposait une division des tâches très sexiste, inégalitaire. Les homosexuels étaient stigmatisés, les minorités sexuelles n’avaient pas droit de cité, etc.
Des gens ont dû mener une lutte acharnée pour que nous puissions aujourd’hui bénéficier de l’égalité des sexes et de la liberté de moeurs. Affirmer que l’amitié ne résiste jamais au désir, c’est nous ramener en 1950. Bonjour les ayatollahs !
Cette photo laisse croire que l'homme à la chemise bleue refoule ses sentiments pour son amie jusqu’à devenir fou de jalousie. En fait, c'est plus compliqué que cela : non seulement l'homme à la chemise bleue ravale son attirance pour son amie, mais il vit dans le déni de ses pulsions homosexuelles pour le conjoint de son amie. En étouffant ses émotions, cet individu inhibé est devenu violent. Il représente un danger pour la société.
Un, généralement, j’aime bien vos chroniques et analyses, mais je suis un peu étonnée de l’unilatéralisme presque méprisant de celle-ci. Je ne suis pas contre l’amitié homme-femme (même si j’y crois encore plus ou moins), mais je trouve le risque de blessure un peu trop élevé pour m’y laisser aller sans crainte ou arrière-pensée. Chat échaudé craint l’eau froide, quoi!
En théorie, vos arguments me semblent tout à fait logiques, et je suis d’accord avec certaines de vos idées, mais la réalité est souvent un peu plus complexe. Personnellement, des amitiés avec des hommes, j’en ai eu, et certaines se sont très mal terminées, toujours à cause de sentiments très forts et non partagés d’un côté ou de l’autre. Et pour le côté flirt de la chose, qui semble bien tentant de la façon dont vous en parlez, je préfère de loin m’y adonner en compagnie de garçons avec qui il n’y a aucune ambiguïté (collègues de travail, vagues connaissances, purs inconnus).
Non, j’ai quelques potes masculins, mais mes amitiés féminines me comblent entièrement. Vous n’êtes sûrement pas étranger au fait que les filles se disent TOUT ou presque de leurs relations, de leurs fantasmes, de leurs idéaux, et je ne pense pas être aussi à l’aise d’en dévoiler autant avec un homme (les amis gais sont dans une classe à part, bien entendu!). De là peut-être un manque de profondeur inhérent à l’amitié homme-femme, mais je ne demande qu’à voir la preuve du contraire!
Bonjour Julie,
“Un, généralement, j’aime bien vos chroniques et analyses, mais je suis un peu étonnée de l’unilatéralisme presque méprisant de celle-ci.”
Oui, je suis parfois unilatéral ! Je ne suis vraiment pas un partisan de “l’objectivité journalistique”, dans le genre : des gens affirment que l’amitié homme-femme est impossible, d’autres soutiennent le contraire, voici les pour et les contre, faites votre propre opinion, etc. J’aime mieux essayer trancher un débat dans le vif (en sachant que je peux froisser des gens et que je peux me tromper).
La séduction est un comportement tout à fait normal en société, inévitable, susceptible de se manifester n’importe où (à l’école, au travail, en amitié). On peut avoir peur de la séduction, refouler ses sentiments, ratatiner. On peut l’accueillir, la stimuler, en profiter.
Oui, on peut perdre des amis à cause de sentiments non partagés ou à la suite d’un flirt qui est allé trop loin. Et après ? C’est un risque. Et le risque, c’est la vie. Est-ce que je me trompe ?
Il y a des gens qui aiment avoir un cercle d’amis et d’autres qui préfère se concentrer sur leur famille. Le fait d’être dans une relation de couple repliée sur elle-même comme vous dites ne signifie pas pour autant que le couple est névrosé. Il y a des gens qui sont comme ça tout simplement… Observez bien dans les corridors des polyvalentes: il y a des gang d’amis(es) et il y a des paires d’amis. Des gens qui sont naturellement portés sur la socialisation et d’autres qui préfèrent le mode intime.
L’important, c’est de respcter sa nature, sans se brimer… si vous êtes du genre à aimer socialiser, il serait dommage de vous en tenir à une relation de couple qui ne tolère pas l’amitié avec les autres (homme ou femme, peu importe), vous ne pourriez vous épanouir pleinement dans ce genre de relation et le risque de névrose serait effectivement très grand, mais si vous êtes le genre à ne vous sentir totalement à l’aise QUE dans l’intimité, aller contre votre nature et vos préférences, juste pour correspondre à ce que certaines personnes considèrent «plus sain», représenterait le même risque!
Cela dit, je trouve dommage que le couple soit qualifié de névrosé, quand dans le fond, il se constitue d’individus qui ont fait ou non un choix qui correspond à leur nature profonde. C’est souvent là que le bât blesse lorsque le couple va mal et se montre plus brimant qu’épanouissant.
Je me suis inscrit récemment sur RC et j’ai lu la plupart de vos blogues(très intéressants), mais celui-ci m’interpelle en partie.
Quant à l’aspect “anciens amoureux qui peuvent devenir d’excellents camarades”, je crois qu’il faudrait préciser aussi la relation qu’auront les 2 ex. qui doivent se voir à toutes les semaines au moment que le ou les enfants changent d’adresse. La plupart du temps, je crois, tout se passe bien en autant que les 2 aient accepté la séparation autant pour le bien des enfants que pour le leur. À tous les vendredis (dans mon cas), nous prenions environ 1 heure, le temps d’un café ou d’une bière pour parler de tout et de rien. Le but n’était pas de vouloir reprendre, mais tout simplement de pouvoir s’entendre parce que nous étions “condamnés” à le faire pendant plusieurs années ensemble.
Tout ça à bien fonctionné pendant plusieurs mois jusqu’à l’arrivée de ma nouvelle amie de vie. Même si je lui ai dit que tout était réglé entre moi et mon ex, elle avait beaucoup de difficulté à accepter notre nouvelle relation de bonne camaraderie. Elle trouvait que je lui faisait encore les beaux yeux.
Tout ça a duré environ 1 an, c’est pour ça que je suis ici, et devinez quoi, maintenant elle me demande quand même de rester bons copains et accepter qu’on puisse demeurer en bons termes même si nous n’avons plus de passions l’un pour l’autre. C’est une belle évolution, n’est-ce pas?
@ Paul : Belle évolution en effet ! Merci d’avoir partagé votre histoire.
@ Illithyie : Je me rends compte que l’expression “Ces couples névrosés” n’est pas appropriée. Mille excuses… J’aurais dû écrire “Ces couples très fusionnels”. (Et vous avez raison d’écrire que les gens doivent vivre selon leurs aspirations, leur nature profonde.)
Je suis marié et ai 2 enfants, et suite à un retour aux études je suis devenu ami avec une étudiante. Première fois pour moi que j’ai une “amie de fille”. Mais autant son conjoint que ma femme ne sont pas enchantés par cette relation d’amitié.
Mais puisque nous sommes tout deux déjà “casés” et heureux en ménage, je ne pense pas que le facteur risque soit présent. Je trouve juste intéressant de parler à une fille autre que ma conjointe sans qu’il n’y ai d’arrière-pensées. (En tout cas, je pense qu’il n’y en a pas
Le coupe très fusionnel a mauvaise presse par les temps qui courent, l’individualisme se conjuge mal avec la fusion, mais personnellement, j’ai un autre point de vue sur le sujet.
J’ai vu mes parents s’aimer de manières très fusionnelle toute leur vie, et même après 40 ans de mariage, ils s’aiment visiblement très passionnément, mais bon, ni l’un ni l’autre ne sont porté sur les cercles d’amis(es) et la socialisation (même s’ils sont très sympathiques et facile d’approche). Ils aiment ça intime et parviennent à s’épanouir pleinement dans ce mode de vie.
C’est lorsqu’on s’obstine à évoluer dans un cadre de vie qui ne nous convient pas qu’on ne peut plus s’épanouir. L’idée du couple très fusionnel qui se consumme vite et fini par étouffer est érronée selon moi. Cela ne convient pas à toute les natures, j’en conviens, mais pour les gens fort porté sur l’introspection, qui aiment réfléchir seul ou à deux… la fusion ne réprésente pas une barrière brimante et étouffante, mais un moyen d’approffondir davantage ce qu’ils sont.
Il y a plusieurs manières de s’ouvrir au monde, on croit souvent, avec raison, que c’est en allant vers les autres qu’on se nourrit le plus (diversification des perspectives et opinions), mais la méditation et la spiritualité (je ne parle pas de religion ici) est très enrichissante aussi! Le regard des autres n’est pas toujours nécessaire pour prendre davantage conscience de soi et le flirt est un art qui se cultive tout aussi bien dans une relation durable que dans la diversité. Vous savez… savoir se surprendre, et posez un regard neuf sur ce qui nous entoure… Du coup, l’apparente fusion du couple n’est en fait qu’une illusion puisque le couple fusionnel qui a su maintenir la passion malgré le temps, est un couple qui a su se renouveler et se voir avec un regard neuf au fil du temps… c’est un peu comme rencontrer un nouvel ami, qui s’aurait d’où l’on vient tout en étant curieux de savoir où l’on va! (En tant qu’individu et en tant que couple.)
Bref, tout les couples fusionnels ne sont pas forcemment heureux, sains et durables, mais ceux qui le sont, ont ce talent d’être conscient que tout est toujours en mouvement et sont peut-être plus sensibles aux changements qui rend unique, un seul et même individu, à divers “stades” de sa vie.
Pour en revenir à mon premier commentaire, nous avons trouvé une solution pour taire les inquiétudes de nos conjoints respectifs: organiser un souper d’amis. Qui sait, peut-être qu’on aura tous beaucoup de plaisir et on recommencera régulièrement!
@ Illithyie : Votre commentaire sur la fusion amoureuse est très pertinent. Merci beaucoup !
J’ai une histoire pareille à celle de Phil, mais que ça ne s’est pas bien terminé. Quand j’étais à l’université, j’ai connu une femme de la même origine que moi et qui était mariée. Nous sommes devenus bons amis. Elle m’a même invité chez elle pour une soirée entre amis et j’ai connu son mari.
Cependant, après la fin de session, on s’est plus parlé. En effet, elle ni répondait plus mes courriels, ni retournait plus mes appels. Une amie en commun m’a confié que son mari lui a interdit de me contacter puisqu’on n’avait plus de cours ensemble et l’on n’avait plus des sujets à discuter.
Et je peux vous dire que je vois cette situation partout dans la plupart des couples. J’ai une autre amie avec qui je parle sur Internet et, même si l’on est à 8000 km de distance, son mari n’accepte pas notre amitié. Mais elle ne se soumet pas à son mari et nous continuons à nous parler.
Je trouve personnellement qu’en voulant faire valoir votre point de vue anti-années 50 et littérature romantique, vous adoptez parfois un discours clivé faisant malheureusement l’apologie de valeurs tristement contemporaines qui ne feront pas la fierté de la génération Y quand on en fera la rétrospective dans quelques décennies (consommation et individualisme, notamment). Citer les Ayatollahs et la lutte pour l’égalité de sexes dans le sujet? Come on ! Devrais-je vous répondre bonjour les Hippies et les Bonobos, à ce moment (singes ayant des contacts sexuels toutes les 90 minutes) ?
Vous avez cependant des insights intéressants qui mériteraient à être approfondis (le texte sur le coup de foudre, par exemple). À mon avis, la vraie question ici est de savoir pourquoi les gens ressentent un malaise à vivre des amitiés avec les membres de l’autre sexe. Le fait de donner votre aval au comportement inverse n’aide pas à comprendre ce qui se joue. Les difficultés d’attachement, l’égocentrisme, les problèmes de communication, la culture individualiste, etc. seraient des pistes intéressantes à explorer, lesquelles aideraient davantage vos lecteurs à modifier leur comportement. Merci.
Hmmm selon les commentaires reçus, je vois bien que le sujet semble intéresser plus les hommes que les femmes. Coïncidence?
A vrai dire, je ne sais pas trop quoi en penser. Mes amis mâles sont plutôt des collègues que des amis. Tous les autres, hors travail, sont ceux qui me font un p’tit quelque chose et pas nécessairement juste amical… et trop souvent, déjà en couple. Alors, il est préférable de les éviter… pour ne pas empirer la chose. Oui, “empirer”. Mes opinions sur l’adultère sont sans retour. Innaceptable.
L’amitié sincère entre deux sexes est souvent très profonde entre les êtres de mêmes sexes…peut-être une question de perception ou de cerveau? Homme et femme sont fondamentalement différents. Quand on se confie, les filles peuvent comprendre les filles… mais pas toujours comprendre les hommes. Parce que l’amitié est avant tout une communication à coeur ouvert, sans jugement et souvent plus forte que l’amour… plus longue en tout cas! Je parierais que les durées amicales sont majoritairement plus grandes que les durées de couple. Penser que je serais amie avec un homme pendant 20 ou 30 ans sans jamais avoir une faiblesse ou tentation ou une occasion avec le set up parfait sans montrer d’une “autre façon” mon amitié transformée en autre chose de plus “palpable” ? j’pense pas, non.
“Alors pourquoi ne pas se gâter ce soir? Tu es seule, je suis seul… ça pourrait calmer nos besoins primaires?”… Ma chum de fille ne me proposerait pas ça… elle me dirait on va boire à nos amours déchus! Chin chin!
Amitié homme/femme?… j’en doute fort…
Merci à tous et toutes pour vos commentaires, ils sont très éclairants !
Je dois avouer que dans mon billet, j’ai beurré un peu épais avec les “ayatollahs”… Mea culpa. (Mais je suis toujours d’avis que se méfier de l’amitié homme-femme par peur de la séduction, de l’attirance sexuelle, est un comportement rétrograde.)
Je suis mariée depuis 16 ans, pourtant, cela fera bientôt dix ans que j’ai une fiche sur Réseau Contact! Combien de fois je me suis fait dire (“écrire” serait plus juste) que, puisque je suis en couple et pas intéressée à prendre amant, je n’avais pas ma place sur Réseau Contact. Ce à quoi je répondais systématiquement que si les gens mariés et fidèles n’avaient pas leur place sur le réseau, pourquoi avions-nous la possibilité de cocher “amitié” dans les raisons de notre présence?
Étrangement, personne n’a jamais pensé me demander comment j’en étais venue à m’inscrire sur le réseau. La première fois, c’était parce que dans la page d’accueil de Canoë, on pouvait voir, sans s’inscrire, diverses photos d’hommes et de femmes. Alors en quête de visages pour me représenter visuellement les personnages des histoires que je composait durant mes passe-temps, j’en étais venue à trouver qu’un réseau de rencontre était l’endroit idéal pour faire “l’étude” (le mot est fort) de la physionomie des gens versus la personnalité qui ressortait dans leur fiche descriptive. Pour plusieurs, cela peut sembler idiot comme raison, mais c’était la mienne.
À l’époque, j’étais femme au foyer, et mes enfants en bas âge étaient les seuls avec qui je pouvais discuter durant la journée. Vous comprendrez sûrement comment j’en suis arrivée à participer activement aux divers forums du réseau.
Mon mari n’était pas dérangé par ma participation et mon inscription au réseau. Il me sait de nature communicatrice et sociable, alors cela ne lui semblait pas incohérent avec celle que je suis au quotidien que je m’intéresse soudainement à de nouvelles manières de communiquer. Il me faisait confiance et nous discutions ensemble de ce que j’avais lu durant la journée. Notre couple s’est vu enrichi par ma nouvelle activité, car cela faisait comme une brise fraîche dans nos conversations.
Toutefois, il avait discuté de mon inscription avec un ami et celui-ci l’avait spontanément mis en garde contre mon désir de faire de nouvelles rencontres. Pour lui, il était évident que si je ressentais le besoin de parler à d’autres personnes que mon époux, c’est qu’il y avait anguille sous roche.
Des anguilles, il n’y en avait aucune! Par contre, il m’est arrivé, dans un moment de tension entre mon conjoint et moi, de me sentir soudainement attirée par un autre homme avec qui je correspondais sur le forum de manière intermittente. Il s’en est fallu de peu pour que je cède à la tentation, mais je me suis dit que cet intérêt soudain pour une tierce personne était simplement le symptômes que quelques choses en moi avait envie de fuir les tensions, de retrouver le plaisir du dialogue facile, agréable et enrichissant. Je n’ai pas cédé, je me suis plutôt tournée vers mon conjoint et je lui ai confié ce que je viens de vous dire. Cela a suffit pour lui faire comprendre que nous devions prendre le temps de dénouer nos noeuds.
L’amitié homme / femme…
Elle peut très bien exister, j’ai plusieurs amis du sexe opposé et ce depuis plusieurs années.
Lorsqu’en couple (la dernière relation à durée 6 ans), j’ai toujours présenté mes amis et pour certains, l’amitié s’est liée entre le conjoint et les amis.
Peut-être dû au fait que nous faisons de la moto, qui est un milieu très social avec une mentalité de fraternité qui nous unit.
Si un couple est fort et uni, tout en restant des individus à part entière, les amitiés peuvent très bien s’y intégrer.
Notre couple n’en était qu’enrichi et nous avons eu énormément de plaisir avec nos ami(e)s respectifs.
Tout cela dépend de l’assurance et la confiance de chacun, en soi et en l’autre, et je crois que c’est vraiment ça la clé.
Je vous cite un exemple concret : mon conjoint travaille à l’extérieur le jour de ma fête, alors c’est un de mes amis de longue date qui est venu me porter un bouquet de fleurs et m’amener souper au resto. Mon conjoint ne s’en est pas du tout offusqué et a même remercié l’ami en question de voir à ce que je passe une soirée de fête agréable lorsque lui ne pouvait être présent.
Aujourd’hui, l’ami en question est toujours ami, avec moi et aussi avec mon ex, car même si mon couple est terminé, jamais je ne demanderai à un de mes amis, qui a développé une amitié solide avec mon ex au fil des ans, de choisir un “camp”.
J’entre en relation en tant qu’adulte et j’essaie d’en ressortir de la même façon.
Lorsqu’on atteint l’age de la maturité, tentons de la mettre en pratique! Les geguerres, les jalousies, les mesquineries, n’ont pas leur place, ni dans le couple, ni dans la séparation.
Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’étapes de deuil normal à vivre, mais après pourquoi ne pas rester civilisé? La plupart de hommes que j’ai fréquentés, sont aujourd’hui encore des hommes que je peux appeler si j’ai besoin d’un coup de main, même si nos vies ont pris des chemins différents.
Et pour ceux qui ont besoin de précision, ma dernière relation était au point où nous avions acheté une maison ensemble, donc assez solide et engagée.
Donc, en conclusion, pour moi, oui, l’amitié homme / femme est quelque chose de réel que ce soit une relation tout à fait platonique ou une amitié après rupture.
P.S. Pardonnez mes fautes, le français n’est pas ma langue première.
Je lisais plus haut le commentaire d’un lecteur qui trouvait ce texte d’un unilatéralisme presque méprisant pour le couple fusionnel. Ce que ce lecteur ne dit pas, c’est que les textes sur le couple sont en très grande majorité méprisants pour le couple ouvert. Cinéma, télé, articles, psychologues etc. ne voient généralement pas les relations extraconjugales comme quelque chose de positif dans un couple.
J’en prends pour exemple le commentaire d’un autre lecteur qui parle “d’apologie de valeurs tristement contemporaines”,”consommation et individualisme”, et obsédés du sexe à tous les 90 minutes. Si l’amitié et l’intimité physique relèvent de la consommation et de l’individualisme… je n’ai rien compris à la chose. À mon sens, la consommation d’objets a justement remplacé le bonheur éprouvé dans la conversation et les rapports intimes.
Dans ce contexte, je trouve important de lire autre chose, et qu’on nous présente autre chose que le couple fusionnel traditionnel. Pas parce que celui-ci est mauvais, mais parce qu’on nous présente rarement d’autres alternatives. S’il est vrai que des couples sont plutôt faits pour le fusionnel, on peut aussi penser que, par manque d’autres modèles présentés dans la société, ils n’envisagent pas d’autres façons de faire (ou du moins, sans culpabiliser). Ou encore, que ça fait l’affaire de l’un, mais pas nécessairement de l’autre, qui n’en parle pas. Les couples ne parlent pas de ces choses-là tellement l’exclusivité sexuelle et amoureuse est prise pour acquis. Puis la réalité, c’est que les maris et les femmes trompent. C’est vraiment se mettre une poutre dans l’oeil de croire que ça ne nous arrivera jamais ou qu’on n’y a jamais pensé.
Ce qui nuit à l’amitié homme-femme, c’est cette idée que, dès que l’on ressent du désir ou une passion, ça doit nécessairement se traduire en une relation importante en terme de temps, une relation primaire. Ça devient problématique si l’un des deux est à la recherche d’un partenaire primaire et l’autre non. Mais dans la mesure où les besoins de chacun sont, disons, comblés, l’amitié amoureuse m’apparaît comme un plus.
Mais ce qui nuit surtout à l’amitié homme-femme, c’est la jalousie et la possessivité. Sentiments humains certes, mais qui m’apparaissent toujours sublimés par la culture populaire.
Je viens de relire tous les commentaires à la suite de mon billet. (Encore merci à tous ceux et celles qui ont pris la peine de commenter, souvent longuement, mon point de vue.)
J’ai un peu exagéré dans mon billet (les “ayatollahs”, les couples “névrosés”…), mais en fin de compte, je persiste et signe : prétendre que l’amitié homme-femme est une entreprise impossible, toujours compromise par le sentiment amoureux ou le désir sexuel, c’est rétrograde, lâche et puritain. Ça ne peut que nuire aux relations hommes-femmes en général.
Hmm je trouve, Jean-Sébastien, votre opinion assez dure merci! Rétrograde? Lâche? Puritain?
Scénario: L’homme qu’elle aimait vient de la laisser, de la jeter. Il est parti sans regret, sans remord et sans explication.
Elle appele son ami…qui vient à sa rescousse, la consoler, l’écouter et apporte avec lui toute sa sollitcitude. Il l’a complimente sur ses qualités, comment son ex est idiot de la laisser comme ça. Il l’a fait rire, il lui fait du bien. Elle le remercie, ils se donnent un gros câlin, elle avec ses joues toutes mouillées, il essuit son visage de ses doigts, et lui donne un “béké bobo”, leurs joues se touchent, ils se regardent, elle est faible, il est compatissant, il se sent impuissant, la peine de son amie lui brise le coeur, ils se regardent d’une autre façon, ils sont toujours enlassés…………et BANG! Le baiser tendre! Voilà! L’amitié toute platonique est terminée.
D’accord qu’on peut avoir des amis avec le sexe opposé… mais pas dans toutes les circonstances. Je considère qu’il y a des événements qui appellent à l’instinct primaire… parce qu’on est de sexe opposé et qu’on s’aime bien. Amie avec un gai? No problemo!
Rétrograde, lâche et puritain…!? Du calme! Personnellement, je suis tombée en amour par-dessus la tête avec un ami très proche, que j’adorais, et qui se trouvait aussi à être un collègue de travail. Nous étions à la tête de l’entreprise et faisons la gestion de tout ensemble, en plus de partager beaucoup d’activités hors travail. Nous avons été amis pendant au-dessus d’un an et demi avant que ça foire. Le garçon en question ne savait pas très bien ce qu’il voulait, ce qui a laissé place à une situation horriblement ambigüe qui m’a fendu le coeur en mille miettes. J’ai dû quitter mon travail, et je suis partie travailler à l’autre bout du Canada une semaine après ma démission pour être sûre de ne pas le revoir. Ma démission en a entrainé plusieurs autres, bref, un beau mess bien dramatique. On a coupé complètement le contact. Ça fait 3 ans de ça, et je suis certaine que si je le revoyais, ça ré-ouvrirait tout grand la plaie. Et ça, c’est même pas ma pire histoire d’amitié homme-femme qui a tourné au vinaigre (je ne me lancerai pas dans les récits de tentatives d’amitié avec un ex). Plus, j’ai moi-même brisé quelques coeurs, et le pire, c’est ce que je ne me rends jamais compte de rien, jusqu’à ce que le pauvre chou soit tout à l’envers et que je doive couper les ponts.
À 27 ans (c’est pas si vieux!), je commence à trouver que le jeu n’en vaut pas trop la chandelle. Si ça fait de moi une personne avec une mentalité rétrograde, so be it.
@ REDD17 : Qu’est-ce qu’il y a de mal dans votre scénario ? Une femme malheureuse se fait consoler par un de ses amis, et leur rapprochement devient plus intime que ce qui avait jusque-là marqué leur relation amicale… Où est le problème ? Pourquoi ce rapprochement sonnerait automatiquement la fin de leur amitié ? Et si cette intimité nouvelle consolidait leur relation amicale ?
Si je vous comprends bien, il faudrait éviter de consoler de manière trop intime un(e) ami(e) qui souffre, pour éviter les tentations ? On ne peut pas prendre cette personne dans nos bras trop longtemps ou l’embrasser trop intensément, il faut absolument rester en contrôle, ne pas se laisser emporter par les sentiments ? Il est interdit d’éprouver trop de tendresse pour nos amis, interdit de poser quelque geste trop intime ? Il n’y a qu’une seule sorte de personne avec qui on peut avoir un lien intime, nos amoureux ? Il faut absolument séparer l’amitié de l’amour par un mur de barbelés ?
Si c’est cela, eh bien je re-persiste et re-signe : cette mentalité est rétrograde, lâche et puritaine. C’est ériger des barrières morales sur nos sentiments, c’est cloisonner les individus dans des rôles pré-définis, c’est refuser de faire évoluer une relation qui a du potentiel, c’est vivre dans la peur. Et c’est nuire aux relations hommes-femmes en général, parce qu’une société qui compartimente le désir dans de petites cases n’est pas une société où l’amour peut s’épanouir.
@ Julie : Je comprends que ce n’est pas agréable de vivre une peine d’amour impliquant un ami proche. Mais si votre relation amoureuse avec votre ami avait évolué positivement, vous auriez pu écrire dans ce blogue que, oui, une relation amicale peut se tranformer en amour.
Vous avez eu de la malchance ? D’accord, je sais que ce n’est pas drôle. Mais à 27 ans, vous ne trouvez pas que vous êtes trop jeune pour lancer la serviette ?
J’ai été témoin de relations amicales qui se sont transformées en amour durable. Dans d’autres cas, ça n’a pas fonctionné, la rupture a été douloureuse. Et après ? C’est la vie. Qui ne risque rien n’a rien.
L’amitié toute platonique n’est pas nécessairement terminée pour autant. Elle pourrait redevenir platonique si le désir disparaît, ou continuer à être câline de temps en temps, ou les deux amis pourraient devenir un couple s’ils en ont envie. Pourquoi “l’instinct primaire” devrait-il tout changer entre les deux? Pourquoi avons nous si peur de ce désir charnel? Pourquoi toujours y rattacher une signification autre que “tu me plais, j’ai envie de toi”? C’est si grave?
Quand un coureur fait une course à obstacles, il fait abstraction de la foule qui le distrait et se concentre sur son objectif. Je crois que pour certains couples, l’amitié homme-femme est perçu un peu comme une foule distrayante qui a le pouvoir de leur faire perdre de vue leur objectif personnel. Est-ce rétrograde? Peut-être. L’acclamation d’une foule peut aussi être un super moteur pour avancer et c’est souvent ce que constatent les marathoniens, mais nous ne sommes pas tous des marathoniens. Le long terme n’est pas pour tout le monde, mais tout le monde essaie, un jour ou l’autre de s’y conformer parce qu’on nous a transmis l’idée que c’était ça la bonne manière de vivre, avec raison ou tort.
L’individualisme a ceci de bon, il nous conduit de plus en plus à nous questionner sur les valeurs transmises, cherchant davantage à définir nos valeurs personnelles.
La où je décroche, c’est lorsqu’on compare des tomates avec des oranges… un marathonien avec le sprinteur. Deux athlètes aux capacités impressionnantes, qu’on compare souvent en dénigrant l’un et pour favoriser l’autre.
Selon moi, le véritable problème c’est lorsqu’on autorise notre conjoint à nous dire qui l’ont peut fréquenter ou non. En plus d’infantiliser, ça donne la fausse impression que l’individu doit tout sacrifier pour le couple et c’est TRÈS malsain! À mon avis, un couple heureux et durable n’oublie jamais leurs individualités, ils savent qu’elle nourrit leur couple.
@Julie : Ce que vous racontez m’apparaît plutôt comme des histoires d’amour qui n’ont pas pu aboutir parce que l’un des deux avait des attentes différentes de l’autre et n’acceptait pas la situation. Ce n’est pas parce que l’amitié homme-femme est impossible que des coeurs sont brisés. C’est parce que les amis ne sont pas clairs sur leurs attentes et leurs sentiments, et n’acceptent pas que leurs désirs ne soient pas comblés. C’est tout ou rien. Si on aime quelqu’un, d’amour ou d’amitié, et qu’on tient à cette personne, c’est toujours une option d’être au-dessus de ça.
Je viens de fouiller dans mes souvenirs intimes… Je peux vous dire que la majorité des femmes avec qui j’ai vécu des relations amoureuses depuis mon adolescence étaient soit des amies, soit des collègues. Dans certains cas, nous avons été amies ou collègues de bureau pendant des années avant que notre relation bascule dans une autre dimension.
Si, dès ma tendre jeunesse, j’avais appliqué le principe suivant : “Moi, tomber en amour avec une collègue de travail ou avec une amie ? Jamais de la vie, ça provoquerait de la chicane ! Je veux vivre un coup-de-foudre-au-premier-regard avec celle qui m’est destinée de toute éternité ! Je veux vivre l’amour pur, ou rien !”, je n’aurais pas vécu grand-chose.
Je suis un peu perdue là…
Est-ce qu’on parle d’avoir des amis quand on est déjà en relation de couple ou est-ce qu’on parle de devenir amoureux d’un ami ou collège de travail lorsqu’on est célibataire?
Je me dis: l’amitié homme-femme, oui, c’est possible et même nécessaire (que l’on soit célibataire ou en couple) mais à quelque part, si ton partenaire n’est pas la personne de qui tu te sens le plus proche, s’il n’est pas ton meilleur ami, celui que ton coeur réclame en premier (pour partager joies et peines)… c’est peut-être parce que t’es pas avec la bonne personne!
@ Illithyie : “Est-ce qu’on parle d’avoir des amis quand on est déjà en relation de couple ou est-ce qu’on parle de devenir amoureux d’un ami ou collège de travail lorsqu’on est célibataire?”
Les deux.
Encore une fois, à quoi ça sert de séparer amour et amitié ? À mon avis, c’est un continuum, on passe constamment de l’un à l’autre.
@ Illithyie : Selon moi, c’est une façon trop radicale de voir les choses. Nos relations sont plus complexes que ça, on ne peut pas tout mettre dans des petites boîtes. Tu peux avoir plus d’affinités pour certaines choses avec telle ou telle personne. Ça va avec la personnalité des gens, au fil des rencontres, au fil des jours. Comme pour les amis.
C’est bien sûr important que notre patenaire de vie soit une personne importante que notre coeur réclame en premier, celui avec qui on partage notre vie au quotidien et à qui on peut se confier. Idéalement, avec qui il y a aussi une compatibilité sexuelle. En ce sens, si on doit mettre des priorités, c’est la personne dont on se sent le plus proche, je dis ok. Mais ça n’empêche pas d’avoir d’autres amis et d’autres amours. Pourquoi le fait d’avoir envie de passer du temps avec quelqu’un pour se confier ou partager ses joies et ses peines ou simplement passer du bon temps ferait en sorte que notre partenaire n’est pas la bonne personne? L’important c’est de se sentir proche de son partenaire AUSSI.
Je reste sur mes positions. Si deux amis de sexe opposés (et déjà accouplés et heureux de l’être) font une virée de cul… j’appelle ça de l’adultère !! Point.
J’dois être ben puritaine… mais je crois à la fidélité de coeur… avec ses hauts et ses bas!
Bonne baise tout l’monde!
Je flirtais avec mes amis lorsque j’étais célibataire parce que pour moi, l’amour commence d’abord par l’amitié. Alors oui, mon chum est aussi mon ami (mon amant, mon confident, allouette!), mais je ne flirte pas avec mes amis lorsque je suis amoureuse.
Je suis juste pas capable de me sentir bien là-dedans, la polygamie, l’adultère, les échanges de couples, ce n’est pas pour moi… pas plus que le café ou le Pepsi d’ailleurs! Et même si je reconnais que je suis un peu marginale de ne pas aimer le café ou les boissons gazeuses… Je ne crois pas que ça fait de moi une puritaine lâche et rétrograde.
Ceci dit, j’ai aussi fait le choix de rester à la maison pour prendre soin de mes trois enfants pendant dix ans. Ce qui peut paraître très rétrograde aussi! À l’époque, on m’avait même dit que je faisais reculer la cause des femmes dans le monde en faisant ce choix et qu’une femme ne pouvait pas s’épanouir pleinement en restant à la maison et qu’elle finissent toujours par payer le prix lorsque le mari fout le camp… Je leur répondais que ma grand-mère avait manifesté dans les rues pour que je puisse choisir la vie que je voulais, qu’en m’occupant de mes enfants je me découvrais de nouveaux talents et passions, et que pour moi, une relation de couple qui ne se fonde pas d’abord sur la confiance est foutue d’avance. J’étais prête à assumer les conséquences de mes choix et aujourd’hui encore, je ne regrette rien!
C’était il y a une dizaine d’années… et même si j’étais à contre-courant, rien ne m’a convaincu que de se sentir obligé d’être une carriériste indépendante et méfiante envers les hommes était la meilleur façon de prôner l’émancipation féminine. Pas plus que je crois qu’affirmer qu’on ne devrait pas avoir peur d’avouer à une amie, que l’on sait en couple, qu’on est amoureux d’elle est la meilleure façon de vanter les mérites de l’amitié homme-femme. Que voulez-vous… je suis du genre à apprécier qu’on respecte mes choix et à détester la vente sous pression. Et si ça, c’est être rétrograde, puritaine, etc… Ben coudonc. J’assume!
@ Illithyie @ REDD17 : Mais je n’ai jamais fait la promotion de l’adultère, de la polygamie, des échanges de couples, etc., et je ne me suis jamais moqué des gens qui restent à la maison pour éduquer leurs enfants.
Ce que j’ai voulu dire, dans mon billet et dans mes commentaires, c’est qu’il existe une zone floue entre l’amour et l’amitié. Ça peut arriver à n’importe qui d’éprouver du désir amoureux ou sexuel pour un(e) ami(e), qu’on soit célibataire ou en couple.
Mon humble suggestion, c’est d’accepter ce désir comme un phénomène naturel, humain. C’est tout ce que j’ai voulu dire dans mon billet et mes commentaires. Je n’ai jamais écrit que nous devrions tous tromper nos conjoints ou faire l’amour en groupe avec nos amis !
Se dire “Non ! Non ! Non ! Je ne peux pas ressentir du désir pour quelqu’un qui est mon ami(e) ! C’est impossible ! Je dois refouler cette pulsion, arrrrgh !”, c’est vivre dans la peur du désir. C’est ce que je décrivais comme un comportement lâche et puritain.
@ RED77: effectivement chacun vit selon ses valeurs et principes et envies, pas question d’imposer un mode de vie plus qu’un autre. Je crois par contre que l’on peut être fidèle de coeur tout en ayant une intimité physique avec d’autres personnes que son partenaire. La fidélité de coeur ne signifie pas l’exclusivité du coeur et du corps, je pense. La fidélité, c’est respecter l’autre et être loyal (mais ça marche dans les deux sens, et ça vaut aussi pour le partenaire qui interdit à l’autre d’agir comme il a envie…). Et même si les “virées de cul” avec zéro sentiment peuvent être très agréables, je trouve personnellement bien plus intéressante ce que j’appellerais l’intimité, physique parfois, mais de l’intimité (le sujet de cet article)cet pas juste de la baise. Je comprends que ça reste de l’adultère pour certains, mais j’avoue que ce mot me fait dresser les cheveux sur la tête.
@ILLITHYE: Vrai qu’avec les enfants et le train-train de la vie quotidienne, ça peut être difficile d’entretenir nos amitiés. Mais ça revient. Moi non plus je ne crois pas que ce soit rétrograde de se concentrer sur ce qu’on a envie. Je trouve juste dommage que, lorsqu’on a envie de passer du temps avec quelqu’un qu’on apprécie (et pourquoi pas, donner suite au désir!), on s’empêche de le faire sous prétexte que c’est mal et que ça ne correspond pas à nos valeurs (et pourtant on le désire… alors quoi, on est une mauvaise personne sans valeurs?). J’aimerais qu’on réfléchisse un peu plus à la chose et que les gens se fassent confiance. Demandez à n’importe qui, qui a eu une relation extraconjugale, et qui ne pensait jamais que ça lui arriverait: au moment de passer à l’acte on ne ressent aucune culpabilité, on est convaincu que ce qu’on fait est beau et juste. C’est après qu’on culpabilise, surtout à cause du mensonge et de nos valeurs qui sont subitement revenues dans le décor! Alors peut-être que c’est ça qu’il faut explorer. Pourquoi ment-on? Pour protéger l’autre? C’est un poison à long terme. C’est possible de faire autrement, j’en suis certaine. Si on en a envie et que ça convient à notre nature, bien sûr. Sinon, à quoi ça sert d’en discuter…
Une autre question: si à nous ça ne nous intéresse pas… est-on bien certain que c’est le cas pour notre partenaire? D’autant plus que c’est souvent une question de circonstances. L’occasion fait le larron, comme on dit.
Parfois, j’ai l’impression que la plupart des gens ne sont pas prêts à vivre une relation sérieuse monogamique. Oui, ça se peut qu’on puisse avoir des amitiés avec le sexe opposé et ça se peut aussi qu’on puisse avoir du désir pour eux. La différence c’est ce qu’on fera avec le désir. Je ne veux pas nier que j’avais de l’attirance pour mon amie mariée que j’avais mentionnée auparavant, mais je n’avancerais jamais pour changer le statut de notre amitié. Pourquoi? Parce que je la respectais. Je respectais le mariage qu’elle avait choisi d’accepter. Je respectais son époux qui essayait de bâtir chaque jour une relation plus solide. Et je respectais mes valeurs morales. De la même façon, je ne tromperais pas quelqu’un qui est avec moi, j’attends le même respect.
Alors, quand j’entends quelqu’un dire que même si l’on a un partenaire, cela ne nous empêche pas de vivre d’autres amours, je suis désolé de le dire, mais cette personne n’est pas suffisamment mature pour vivre une relation vraiment sérieuse et monogamique (comme la plupart des gens veulent). Quand on accepte de vivre une relation sérieuse, on doit avoir en vue qu’on doit renoncer à plusieurs choses. Si l’on veut toujours sortir avec d’autres personnes, soit on met les cartes sur la table, soit on ne s’engage pas dans une relation sérieuse.
Parce que vivre dans un tel mensonge peut causer des conséquences tres importantes. Jusqu’ici on n’a parlé que des sentiments. Mais il y un autre facteur que personne n’a mentionné. Les ITS. Quand on sort avec plusieurs personnes, tous les individus concernés dans la relation sont exposés à ce genre de maladie. Et l’on ne peut pas fantasmer que tout le monde se protège dans ses rapports sexuels, même dans les relations sans compromis.
@ Daniel : D’abord, un bon temps des fêtes à tout le monde :- )
Ensuite…
Certains commentateurs ont ressenti un jugement de valeur en lisant ce texte en s’en sont offusqués. Pourtant, les jugements de valeur qui visent le mode de vie des gens qui ont choisi autre chose que la monogamie sont beaucoup plus fréquents… Ils me touchent encore, mais beaucoup moins. Généralement, à bout d’arguments, on invoque les MTS. Toujours bon de rappeler que si on a plusieurs partenaires, il faut se protéger… mais là n’est pas la question.
Je suis en couple, mariée (depuis 20 ans), avec enfants, vie tout à fait ordinaire (suis restée à la maison pendant quelques années, puis retour au travail, etc.) Mon mari et moi sommes toujours amoureux et complices. Jusqu’ici, rien à signaler. Même que je me considère privilégiée quand je regarde autour de moi (séparations, divorces, sans compter les gens qui vivent ensemble mais qui ne s’aiment plus, misère sexuelle et j’en passe). Sauf que nous avons choisi, mon mari et moi, de nous laisser la liberté de fréquenter d’autres gens. Certains penseront que c’est parce que nous ne nous aimons pas assez, ou que nous ne savons pas maîtriser nos “pulsions”. Je dis tant pis. Le bonheur est toujours subversif de toute manière.
Et puis Daniel, en relisant le texte, je ne vois nulle part qu’on prône le mensonge… Vous avez raison de dire que vivre dans le mensonge peut avoir des conséquences néfastes. Ce texte semble justement vouloir dire que c’est “lâche” et “rétrograde” de vivre dans le déni et le mensonge. Termes durs, j’en conviens, mais qui avaient probablement pour but de provoquer un peu, dans le but peut-être de faire réfléchir à une autre façon de percevoir les relations amoureuses.
Si votre amie vous avait dit que son mari ne voyait pas d’inconvénients à ce que votre amitié soit plus caline, et que votre partenaire était d’accord avec ça, est-ce que vous auriez donné suite à ce désir? C’est possible de faire autrement. Je crois que c’est ce que ce texte suggère.
En vous lisant, j’éprouve la même sensation qu’à l’époque de 1989, année de l’écroulement du mur de Berlin et presqu’en même temps de la fin de l’Union soviétique… Quelle période passionnante…
Qu’est-ce qui s’écroule ici ? Comme en 1989 peut-être, un long mensonge, une longue hypocrisie: celle du couple et/ou de l’amour fusionnel. On voit bien dans la société, le lobby de l’amour fusionnel se débattre pour éviter l’écroulement de leur modèle, de leur style de vie. Mais ils ne gagneront pas et leur modèle disparaîtra tels les dinosaures !… Et même peut-être certaines dispositions légales, reliées à ces idées…
Qu’arrivera-t-il ensuite ? Et bien à vous tous, vous avez évoqué à peu près toutes les possibilités dans vos réponses.
@illithye en a évoqué 2 fondamentales, bien que jugées hérétiques même en 2012: le respect de l’individualité de chacun. Non pas pour cautionner un party comme dans les années 60, avec l’amour libre, mais dans le respect de ce qui créé un couple à ses debuts, c.-à-d. ce que sont véritablement les 2 personnes, dans ce qu’ils ont de meilleur espérons-le !
J’en rajouterais et je dirais que l’avenir du couple passera inévitablement par le respect total de chaque individu, donc, mais en plus par l’honnêteté, la franchise, l’admiration mutuelle. C’est le seul moyen à mon avis de permettre la longévité d’un couple, voire même l’existence même d’un couple formé de 2 personnes intelligentes. Donc rien à voir avec cette sorte de “vente sous pression” du modèle fusionnel qu’a évoqué @illithye, imposé de façon plus ou moins obscure par un des membres du couple, et probablement la raison de la fuite d’un des 2 membres, incapable de vivre à long terme dans cette prison virtuelle.
Alors tout comme Reagan en 1989, s’adressant à Gorbatchev le pressant de mettre fin à l’Union soviétique, je dirais au lobby de l’amour fusionnel: …MR GORBATCHEV, TEAR DOWN THIS WALL !!!…
Joyeux Noël à tous et bonne réflexion !
@ REDD 17
@ ILLITHYIE
J’aime beaucoup vous lire sur ce blogue. Vous possédez toutes les deux de forts belles valeurs (valeurs que je partage d’ailleurs à 100%, peu importe si cela fait de moi une puritaine rétrograde et cie lol).
Joyeux Noël à tout le monde!
@ Pierre Lessard : Votre commentaire est très intéressant, merci !
Vous savez, je ne suis pas un militant anti-couple exclusif et fusionnel. Je n’ai rien contre les couples exclusifs et fusionnels. Des gens ont choisi ce mode de vie et en sont heureux ? Tant mieux pour eux.
Mais le couple exclusif et fusionnel n’est pas le seul modèle conjugal possible. Il existe beaucoup d’autres manières de vivre l’amour et le couple. Et ce qui m’agace profondément, c’est qu’on parle rarement de tous ces gens qui vivent en couple de manière “non traditionnelle”, disons, et qui en sont heureux.
La prédominance du couple exclusif et fusionnel, dans notre culture, influence aussi la rencontre. Quand on ne connaît pas d’autre modèle conjugal, comment peut-on savoir ce qu’on aime vraiment ?
Chers lecteurs, chères lectrices, j’ai un conseil à vous donner. Lorsque vous essayez de rencontrer quelqu’un en vous disant constamment : “Je-dois-vivre-un-couple-exclusif-et-fusionnel-ou-rien”, vous tuez dans l’oeuf une foule d’occasions de rencontre.
Voici quatre exemples d’occasions de rencontres ratées.
1. Quelqu’un s’intéresse à vous uniquement pour une aventure sexuelle. Et cette personne vous plaît… Si vous vous dites : “Non ! Non ! Non ! Je dois refouler mes fantasmes ! Le sexe sans amour, c’est dégueulasse ! Le-couple-exclusif-et-fusionnel-ou-rien !”, vous passez à côté d’une occasion de rencontre amoureuse. Parce qu’une relation d’abord fondée sur la sexualité peut évoluer, un sentiment amoureux pourrait voir le jour.
2. Quelqu’un s’intéresse à vous, mais refuse de s’engager dans une relation de couple. Cette personne a tendance à cumuler les fréquentations, d’ailleurs. Si vous vous dites : “Non ! Non ! Non ! Je veux quelqu’un qui s’engage sur-le-champ ! Le-couple-exclusif-et-fusionnel-ou-rien !”, vous passez à côté d’une occasion de rencontre. Parce qu’une relation sans engagement peut évoluer, vous pourriez devenir le ou la partenaire privilégié(e) de quelqu’un qui, de prime abord, ne semblait pas vouloir s’engager.
3. Une personne déjà engagée dans une relation de couple s’intéresse à vous. Et elle vous plaît… Si vous vous dites : “Non ! Non ! Non ! Je dois refouler mon désir ! L’infidélité, c’est le Mal ! Je-veux-vivre-en-couple-exclusif-et-fusionnel-ou-rien !”, vous passez à côté d’une occasion de rencontre. Parce que cette personne qui est déjà en couple, et qui s’intéresse à vous, a ses raisons d’aller “voir ailleurs”. Vous n’avez pas envie de savoir pourquoi on s’intéresse à vous ? Vous pourriez apprendre des choses sur vous-même, sur l’amour, sur le couple, etc. Qui sait, peut-être que cette personne déjà engagée quittera son partenaire pour vivre en couple avec vous, et votre nouvelle relation sera heureuse. (Vous avez beau vous dire que la fidélité, c’est bien, et que l’infidélité, c’est mal, ça n’empêchera pas des gens en couple d’aller “voir ailleurs” s’ils en ont envie.)
4. Pour revenir au billet qui a déclenché toute cette discussion (http://www.reseaucontact.com/blogue/psychologie/amitie-desir-pas-incompatibles/), un ami ou une amie éprouve du désir pour vous. Et ça vous trouble, vous constatez que vous éprouvez aussi des sentiments… Si vous vous dites : “Non ! Non ! Non ! L’amitié et l’amour ne sont pas compatibles ! L’amour-pur-dans-le-couple-ou-rien !”, vous passez à côté d’une occasion de rencontre. Votre ami(e), qui vous connaît bien, a eu le temps de s’attacher à vous, de tomber en amour avec vous. Vous pourriez vivre avec cette personne une relation de couple beaucoup plus complice et satisfaisante qu’avec des individus sortis de nulle part, rencontrés par hasard sur Internet ou dans un bar.
De rencontre en rencontre, d’expérience en expérience, on finit par mieux se connaître. Et on peut adopter, en toute connaissance de cause, le modèle conjugal qui nous plaît le mieux.
En somme, si vous essayez de rencontrer des gens en vous disant constamment : “Je veux le ou la partenaire parfait(e) célibataire, disponible, pour une rencontre romantique de rêve ou rien”, et si vous croyez que le couple exclusif-fusionnel est le seul possible, vous passez à côté d’une foule d’occasions de croiser l’amour. (Vous pourriez rencontrer quelqu’un, certes, mais les probabilités sont faibles. Vos critères de sélection sont tellement… sélectifs que vous risquez constamment la désillusion, le sentiment d’échec.)
Nous sommes au XXIe siècle, dans une société qui accorde beaucoup de liberté aux individus. Il n’y a plus une seule façon de vivre l’amour et le couple, il y en a plusieurs. Il n’y a pas de “bons” ou de “mauvais” amours, il n’y a pas d’amour “pur” ou “impur”, il n’y a que l’amour. Il n’y a plus de modèle unique, il n’y a que des individus qui essaient de vivre heureux ensemble, à leur manière. Et comme le dit Pierre Lessard dans son commentaire, l’avenir du couple passe par le respect total de chaque individu.
Ce n’est pas facile, j’en conviens. Pour y parvenir, il faut cesser de juger l’amour et le couple avec des critères moraux (tel comportement est bien, tel autre est mal) et s’ouvrir à toutes les possibilités de rencontre. Qu’en pensez-vous ?
@ REDD 17
@ ILLITHYIE
@ LARISSA
Oui, je suis tout à fait d’accord, vous avez toutes de belles valeurs. Quelqu’une d’entre vous est toujours célibataire?
@ DANIEL
lol
En réponse à votre question, je suis une célibataire fière, bien dans ma peau et, surtout, HEUREUSE!
@Jean-Sébastien : À mon avis, tous les cas que vous avez mentionnés sont possibles. C’est la suite de chaque situation que c’est souvent décevant pour les gens. Je dois vous rappeler que je viens d’un autre pays et je vois chaque situation selon c’est qui est plus courant dans ma culture (et aussi selon mes expériences personnelles). Pour chacune des situations que vous décrivez, je peux vous dire la suite que la plupart des gens attendent.
1) L’aventure sexuelle : c’est surtout l’homme qui cherche le sexe sans compromis. Habituellement, il va baiser avec la femme et ensuite il va disparaitre par peur du compromis. C’est quelque chose qui, dans la plupart des cas, ne finit pas par une relation plus concrète.
2) La relation sans compromis : c’est une relation où ça ne vaut pas la peine de s’investir. Vous ne savez jamais quand l’autre personne va sacrer son camp. Alors, cette relation peut être transitoire pendant que l’on trouve quelqu’un de vraiment sérieux.
3) Une personne déjà engagée : comment ferait-on confiance à quelqu’un que, l’on sait dès le début, trompe son partenaire? Si la personne l’a déjà fait, on peut attendre qu’il fasse à plusieurs reprises. C’est dans son caractère.
4) La relation avec un ami : à mon avis, ce serait l’idéal que l’on commence une relation avec qui l’on s’entend déjà bien. Mais, si une des deux personnes n’éprouve pas le même sentiment, cela peut ruiner l’amitié. Chez moi, j’entends souvent les femmes dire que l’amitié c’est une chose et l’amour une autre, et que l’on ne peut pas avoir des relations amoureuses avec nos amis (d’ailleurs, comme vous l’avez mentionné dans le billet). Nous avons même une « théorie » que dit qu’une femme « classifie » mentalement un homme inconnu, dans les premières minutes d’une conversation, comme ami ou quelqu’un avec qui elle pourrait sortir.
@LARISSA: Voulez-vous dire une « éternelle célibataire »?
@MINA : Le gros problème que j’avais dans la relation d’amitié que j’avais avec cette femme mariée, c’est que je suis célibataire. Nous étions de la même origine et, chez nous une personne célibataire soit un homme, soit une femme, c’est une menace imminente pour le couple. Ils ont beaucoup d’amis, tous, des couples. Je crois que j’étais leur seul ami qui était célibataire. Et je peux vous dire que cette situation est monnaie courante chez moi. Je connais plusieurs femmes dont le mari ne laisse pas avoir des amis du sexe opposé. Et je ne viens pas des « pays des ayatollahs », je viens de l’Amérique Latine.
@Daniel
Ce que vous dites est peut-être vrai dans la plupart des cas… c’est ce qu’on appelle les mœurs. Mais est-ce une raison pour en rester ainsi et ne pas remettre en question nos façons de faire et de voir la vie? Je crois que tout ce que vous dites est bien réel, mais que ce ne sont pas des choses immuables. Il suffit de penser aux relations hommes-femmes d’il y a 50 ans… Vous savez, j’entendais à la radio que, lorsque l’Ordre des avocats a finalement accepté la première femme avocate, la majorité s’y opposait, car on disait qu’une femme se servirait de son pouvoir de séduction pour amadouer les juges… Heureusement que certaines personnes se sont élevées contre ce préjugé qui était bien présent dans la société. Selon moi, il y a des femmes qui apprécient les aventures sexuelles sans plus. Trouvez-vous juste qu’un mari empêche sa femme d’avoir des amis masculins? Trouvez-vous normal qu’un couple s’empêche mutuellement de développer des liens et des relations? Est-ce ça la confiance dont on parle? Est-ce uniquement à ça que tient l’amour? Si on croyait vraiment à la fidélité (entendu dans le sens d’exclusivité), on n’aurait pas besoin de se la promettre, ça viendrait de soi, naturellement. Ce n’est pas en mettant une clôture qu’on retient les gens. C’est peut-être à cause de ça qu’il y a tant de divorces, pourquoi pas?
Je trouve qu’en limitant nos amitiés, on se prive d’une panoplie de rencontres, d’expériences, de partage de connaissances qui peuvent contribuer à faire de nous des personnes épanouies (y compris la rencontre sexuelle). Je dis bien peuvent contribuer. Je sais qu’il y a des gens qui n’aiment pas particulièrement faire des rencontres, qui en ont peur même. Mais pour les autres, c’est peut-être ce qui contribue à l’ennui et la routine, ou la crise de la quarantaine, ou le manque de ‘”oumf” dans nos vies. À la longue, ça contribue à éloigner les partenaires l’un de l’autre je crois, car on a l’impression que c’est l’autre qui nous empêche d’être heureux. Alors on se quitte, et on recommence le même pattern avec un autre.
Bonjour, je suis un célibataire par conviction. J’ai 39 ans et je n’ai jamais été en couple avec qui que ce soit (homme ou femme). Et pourtant je suis loin d’être fait en bois, je dévore de la porno à tous les jours et d’une façon ou d’une autre je satisfais tous mes besoins.
Le fait est qu’en 39 ans, j’en ai croisé tous les jours à l’école, au travail, dans la rue, des jolies filles. Comme tout le monde j’ai eu des amis et j’ai encore quelques amis. Et à chaque fois que j’ai affaire à une femme, quelle qu’elle soit, il y a toujours cette arrière-pensée tournée sur le sexe qui tourne dans ma tête. À plusieurs occasions, jaurais pu profiter de quelques situations et obtenir la seule chose que je voulais, du sexe. Mais par respect pour les couples et respect pour les femmes avec qui je sais très bien que je ne voudrais pas sortir avec eux, une fois la relation sexuelle consommée, je me refuse à embarquer dans le jeu de la séduction.
Je considère que je n’ai pas le droit de me placer entre un couple et de tenter de me faire aimer d’une femme, de risquer d’être la cause de la rupture d’un couple et d’être responsable d’un calvaire de la séparation que des enfants auraient à subir plus tard. Pour moi, c’est Off-Limit, je ne veux pas être responsable de ça.
Alors, les gens en couple, j’évite. Et ils me le rendent bien, les couples fréquentent rarement les gens célibataires, que plusieurs considèrent comme une menace (avec raison).
Maintenant, le copinage avec des filles célibataires, je connais. J’en ai eu des amies de fille et à chaque fois je ne pouvais m’empêcher de penser à avoir du sexe avec eux. En fait, c’était tellement devenu une idée fixe que pour mon propre bien-être mental, prendre mes distances et les voir moins souvent était la seule solution. La vérité est que je ne veux pas être en couple, je ne veux pas cohabiter, ni avoir d’enfants, etc.
Alors j’évite de plus en plus les femmes célibataires (qui à mon âge ont maintenant de toute façon souvent des enfants d’autres relations et des objectifs de couple bien trop flagrants). Je ne veux pas à avoir à “dealer” avec çà. Ça a pris des années à vraiment m’en rendre compte, mais j’ai compris que j’étais heureux seul, sans attaches et libre.
Je ne peux pas vraiment contrôler mes pulsions sexuelles, mes fantasmes et mes besoins primaires, mais en revanche je peux rester intègre et en paix avec moi-même en évitant les situations “problématiques”, en laissant les couples tranquilles et en évitant de désapointer des femmes célbataires qui ont des attentes beaucoup trop élevées pour moi.
Bref, mon dicton préféré est celui de John Travolta dans Pulp Fiction quand il se regarde dans le miroir: “Allez… Tu rentres chez toi, tu te branle un bon coup et tu oublies cette femme. Tu éviteras des problèmes.”
Je voudrais apporter une distinction en ce qui concerne les couples qu’on dit “collés-collés”, qui n’est pas forcément négative.
Il y a le couple “uni”, qui dénote aussi une vie réussie et intense en présence de l’autre, et il y a le vocabulaire “fusionnel” utilisé par Jean-Seb, qui est selon moi un… symptôme du couple !
Je viens de lire ce billet et je suis heureuse de voir que certains y croient encore!
J’ai des amis du sexe opposé et je crois qu’un certain “désir” pour l’une ou l’autre des personnes qu’on fréquente est juste le signe d’une bonne santé physique et psychologique. Il y a tout un pas à franchir entre le simple fait de désirer une personne (un soir ou à long terme) et faire le choix conscient d’aller plus loin.
Dans une société où les genres se croisent, il est tout à fait normal, à un moment ou à un autre, d’éprouver de l’intérêt ou de l’attirance pour une autre personne que celle avec qui on partage notre vie. La fidélité, c’est un choix!
Je crois qu’à force de fréquenter des gens qu’on trouve attirants, on en vient qu’à bien savoir composer avec les aléas de l’attirance physique. On se connaît mieux, on est plus à l’aise, on a plus de facilité à gérer des situations potentiellement compromettantes!
Encore faut-il apprendre à dire non et surtout à vivre avec ce désir inassouvi, mais n’est-pas en forgeant qu’on devient forgeron?
En lisant les commentaires axés sur la notion de “valeurs” prônées par certaines personnes, je me rends compte que nous n’avons pas tous la même conception de ces “valeurs”. Ce que je vais dire ici n’est que ma propre expérience, donc je comprends que d’aucuns puissent me contredire.
Il semblerait que pour certains (beaucoup ?), la notion de valeur n’est qu’une sorte de vertu que l’on s’inflige et à laquelle on se contraint par conformisme intellectuel ou social, une forme de sectarisme hérité de son environnement familial, religieux ou autres et auquel l’on croit pour se donner bonne conscience.
En ce qui me concerne, ce n’est pas le cas. Par exemple, je suis personnellement contre le fait d’avoir des relations sexuelles avec une personne si je n’ai pas de sentiments amoureux pour elle et si cette personne n’a pas de sentiments réciproques à mon égard. Il m’est cependant arrivé de ressentir du désir pour une personne justement parce que je pensais qu’elle avait des sentiments réciproques pour moi. Lorsque j’ai appris que ce n’était pas le cas, cela a été douloureux, certes, mais cela a également immédiatement annihilé le désir que j’avais pour elle, car mes valeurs sont à ce point ancrées dans mon inconscient, et ce sentiment de désir était à ce point contraire à mes valeurs (que je ne m’impose pas mais plutôt qui s’imposent naturellement à moi-même comme je l’ai souligné plus tôt), qu’il s’est estompé très rapidement.
Je crois donc que les “valeurs” ne sont pas quelque chose que l’on s’impose par bien-pensance et puritanisme, mais bien quelque chose qui est greffé à notre être.
Quand il y a de l’attirance, de l’admiration mutuelle on ne parle plus d’amitié mais d’amour.
Soline
Les termes sont galvaudés ! Amitié et désir ? L’amitié est par définition dénuée de la notion du désir. Si je désire mes amis, alors ce seront des ” partenaires potentiels ” et non des amis à qui je peux tout confier.
Oui, je crois qu’une relation amicale peut s’établir entre un homme et une femme, par exemple. J’ai plusieurs amis masculins. Il est vrai que la notion désir est venue avant l’amitié lorsqu’il y avait une possibilité de former un couple. Couple qui s’est formé et dissout par la suite, l’amitié est demeurée, très intense, mais authentique. Transparente aussi. Point de désirs secrets et cachés, ce qui fausse, bien entendu, la relation amicale. Désirer voir notre ami nu n’est que le manque de partenaires potentiels et, il faut bien le dire, ce n’est plus de l’amitié.
J’ai aussi des amis de longues dates. Eux, ont été classés dès le départ. La case amitié sans une autre évaluation possible.
Reste que le couple ” fusionnel ou uni ” est sans aucun doute un plaisir d’être ensemble et non une obligation. Pourquoi irais-je me ” taper” le discours fumeux de notre ami Jacquot alors que mon envie et mes pensées vont vers mon conjoint.
Bref, amitié et désir sont incompatibles selon moi.
Auteur
Jean-Sébastien Marsan
Auteur et journaliste
Jean-Sébastien Marsan est auteur, journaliste et rédacteur indépendant, à Montréal. Il a cosigné en 2009 l’essai Les Québécois ne veulent plus draguer (Les Éditions de l’Homme) et animé le blogue du même nom.
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Claudia Sofio
Sexologue B.A et Journaliste
Étant titulaire d’un baccalauréat en Sexologie et ayant poursuivi des études universitaires en Communication, j’écris depuis quelques années pour différentes publications, dont le magazine Femmes d’aujourd’hui (Fa), dans lequel je signe la chronique « La Sexo de Fanny ».
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